Sociélé médicale des hôpilaux., janvier
Mais, tous ces malades dont nous venons de parler n’étaient-ils pas l’un tuberculeux etalcoolique, l’autre albuminurique avec poussées du côté du cœur et des poumons ; un autre atteint de grippe ? Nous retrouvons, là, encore les infections ou les intoxications.
Or, cette fréquence des infections et des intoxications chez le gangréneux, type Raynaud, n’est-elle pas décidément une indication ? et le problème à résoudre n’est-il pas tout simplement celui-ci :
Etant donné l’action ordinaire des agents pathogènes ef de leurs toxines sur les divers appareils de l’économie, étant donné d’autre part la maladie qui nous occupe, ne peut-on expliquer l’une par l’autre ?
Dans son livre de l’Introduction à la médecine, M. Roger écrivait dernièrement à propos de la gangrène : « Quant aux infections, leur influence est complexe, elles agissent en troublant la circulation, en paralysant le système nerveux, en provoquant l’auto-intoxication, en altérant les divers organes protecteurs, en diminuant la nutrition, La gangrène résulte de l’action synergique de ces divers facteurs. »
Somme toute, la gangrène est surtout la résultante de troubles de nutrition. Or, les moyens essentiels de la nutrition, sont la circulation et l’innervation. Îl nous faut donc surtout examiner dans les maladies infectieuses, la part que peuvent prendre : 1° le sang, véh'cule nutritif, 2° les vaisseaux, canaux chargés de conduire ce liquide, 3° le système nerveux régulateur de la nutrition; dans la production des phénomènes bizarres dont l’ensemble cons-
titue le syndrome de Raynaud.
Rôle du sang.
Hochnegq (1) est un des rares auteurs qui attribuent
la gangrène symétrique uniquement à une composition anormale du sang. Il semble en effet probable qu’en dehors du rôle mécanique qui consiste à véhiculer les toxines et les ptomaïnes jusque dans les départements les plus reculés de l’économie, le sang ne prenne pas une part bien active à la production des troubles vaso-moteurs et des troubles trophiques. Comme le dit Spillmann (2) « les altérations de composition du sang, ne font que pousser à la terminaison gangrèneuse ».
Ce rôle tout secondaire a pourtant sa valeur. La classique expérience de Chauveau le prouve bien. L’opération du bistournage des béliers qui consiste à faire la torsion du cordon testiculaire en masse, réussit très bien sans accidents de gangrène. Or, si avant de faire le bistournage, ôn injecte un peu de sang putride rempli de bactéries, dans les veines du bélier, l'opération est souvent suivie de gangrène.
D'autre part, le sang infecté a forcément une influence néfaste sur les centres nerveux. Il peut, en particulier, causer des troubles fonctionnels des centres vaso-moteurs. Une expérience de Teisier, Roux (3) et Pittion confirme
cette opinion : ces observateurs faisaient des recherches