Rendu. Soc. med. hôp
tn la grande cause des gangrènes massives des membres : peut-elle aussi causer la gangrène, type Raynaud ?
Les deux périodes prémonitoires de la gangrène symétrique son! la syncope et l’asphyxie locales. Le spasme artériel est le premier signe de la maladie de Raynaud, La première question qui se pose est donc de savoir si lartérite peut produire ce réflexe.
Le spasme des artères périphériques dans le choléra est un fait reconnu (Variot) ainsi que nous l'avons vu précédemment. Chez le malade de Martin-Durr, le spasme localisé de l’artère humérale qui devait aboutir à l’oblitération du vaisseau fut des plus manifestes.
Dans son article, Martin-Durr fait ressortir que le spasme artériel se rencontre dans d’autres maladies infectieuses que le choléra. M. le professeur Potain a souvent observé chez les typhiques des cas de spasmes des artères des membres, de la pédieuse, par exemple et même de la fémorale, où l’on pouvait observer durant parfois plusieurs jours, une absence totale des battements artériels. Si la mort survenait, à l’autopsie les artères étaient parfaitement perméables.
Deux éventualités peuvent se produire dans ces cas : ou bien, au bout d’un certain temps, le spasme se résout et les battements artériels réapparaissent; ou bien les battements artériels cessent définitivement et le spasme n’a été que le premier temps de loblitération artérielle.
Le spasme des artères est si peu incompatible avec une lésion des tuniques, qu’il existe probablement chez les athéromateux. Vulpian pensait déjà que dans la maladie de Raynaud, il est probable que les artères sont par-
fois altérées et jouent un certain rôle chez les individus porteurs de vaisseaux athéromateux avec endartérite hypertrophique. Il avait d'ailleurs observé deux malades qui, dans ces conditions, avaient présenté des symptômes d’anémie locale avec tendance au sphacèle. Ces deux faits ont été rapportés par M. Hallopeau à la Société de biologie (1869).
. D’aprèsle professeur Potain « le rétrécissement spas- « modique aurait même une influence réelle dans la patho- « génie des troubles périphériques que l’on observe chez « les athéromateux ». |
«Le spasme, dit-il dans une de ses leçons clini- « ques (1), se produit par une action réflexe ayant pour « point dé départ l'artère malade elle-même et retent:s- « sant sur:ses branches extrêmes.
« Comme preuve de la possibilité de ce spasme, je « vous dirai ce qui est arrivé à un homme que nous « avons eu à la salle Bouillaud. Il s’était endormi assis, « de côté sur une chaise, son bras droit posé sur la pre- « mière barre du dos de la chaise, l’avant-bras pendant « librement en arrière. De ce sommeil, il se réveilla «avec une douleur très vive et quand nous l'avons vu, «il avait une artérité humérale. L’artère n’était pas obli- € térée ; mais autour d’elle, sur une assez grande lon- « gueur, existait une tuméfaction et son trajet était dou- « loureux. De cette artérité résulta, et,c’est ce point que « Je vous signale particulièrement, une asphyxie de l’ex-
« trémité du bras. Sur cette extrémité nous avons vu se