‹ De l'asphyxie locale et de la gangrène des extrémitésChapitre 31 sur 38 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Gaillard (Archives de médecine, 1893).

Choléra foudroyant prolongé par la transfusion intra-veineuse faite à la saphène interne. Du même côté gangrène du pied. Mort le cinquième jour. .

Jean R..., 39 ans, domestique est apporté au Bastion 36, le 16 juillet à midi. Jamais de maladie grave, mais alcoolisme indubitable. C’est le matin même à 4 heures que les accidents ont éclaté. D'abord diarrhée séreuse, incolore, puis vomissements. Langue sèche, cyanose, algidite des extrimilés. Pouls radial nul. Pouls fémoral, 120. Soif ardente. Anurie.

À 4 heures après-midi. Transfusion intra-veineuse dans la saphène interne droite au-dessus de la malléole. Contractions fibrillaires du mollet pendant l'opération. Pas de réaction fébrile.

Le 17 (2° jour). — Huit selles sanguinolentes dans la nuit, vomissements réilérés, état grave. Le pouls radial peut cependant être compté (120) et le malade a émis de l'urine. Cette urine contient de l’albumine en grande quantité. Le malade accuse une douleur vive au mollet droit. Je songe à la possibilité d’une phlébite. La plaie nécessitée par la transfusion est

en bon état. Les orteils ont une teinte violacée, beaucoup plus

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ur SM foncée que celle des autres régions. Pas d’endolorissement au contact, au contraire la sensibilité est diminuée.

Le 18. — Diarrhée moindre. Anesthésie et teinte noirâtre des orteils du côté droit. Etat général mauvais. Desquamation de la langue et rougeur de la gorge.

Le 19. — Tuméfaction modérée du pied droit. La gangrène s'étend à la totalité des orteils et de la région métatarsienne. Douleurs vives. Pas de tendance à l’élimination des tissus mortifiés. La plaie de la jambe se cicatrise.

Le 20. — Malgré les toniques el les stimulants la cyanose fait des progrès, elle est prononcée surtout à la verge, aux bourses, au nez, au front. La gangrène du pied droit n’a pas fait de progrès. Mort à 11 heures du soir.

Aulopsie. — Pas de phlébite de la saphène."Rien dans les veines du mollet et de la cuisse. C’est en vain que je cherche une sion ou une obliléralion des artères du pied et de la cuisse. Rien de spécial à noter dans les viscères. L'auteur émet l'hypothèse d’un spasme réflexe durable des artères du pied et

de la jambe.

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