OBSERVATION III
James Sidey. (Dublin médical. 1854. Gazette Hebdom.. 1854). Cas de gangrène spontanée chez un enfant de huit mois, suite de coqueluche.
Chez un enfant de huit mois habituellement très bien portant, la gangrène se montra tout à coup, à la main, à la face et à la tête. L’oreille droite et tout le cuir chevelu étaient de couleur noir foncé, et sur les deux joues se voyaient des plaques noires de toute la grandeur d’une demi-couronne (à peu près la grandeur des anciens écus de trois francs). Même coloration du pouce droit et de la face dorsale des deux mains. Cet enfant avait été agité et fébricitant le 22 mai et dès le 23, on avait aperçu un cercle noir autour du pouce, vers le milieu de la première phalange. Il n’a fallu que peu d'heures pour que le pouce entier et le dos des mains fussent envahis. La gangrène de l’oreille a débuté par un point rouge comme celui que produit
une morsure de puce; mais, s’est élendue rapidement de la
ete
tête, en prenant une forme régulière qui donnait au petit malade l'air de porter un bonnet noir. La bouche n’était pas affectée. Le pouls était très faible. La mort eut lieu douze heures après l'apparition du cercle noir du pouce. L'enfant avait gardé toute sa connaissance, et, il tétait encore très bien quelques minutes avant de succomber.
A l'époque du développement de ces accidents, l’enfant était convalescent de la coqueluche ; il avait été traité par le vin d'i-
pécacuanha et le carbonate de soude, le tout à petite dose.
OBSER VATION IV
(Hôlm, Schmidt’s Jahrbuch, 1873, vol. 159). Citée dans la thèse de Defrance. Gangrène symétrique. suite d'érysipèle.
Un homme de 21 ans fut atteint d’un érysipèle de la face qui guérit, puis récidiva quelques jours après et envahit le dos. Les pulsalions s’élevèrent à plus de 140 et le malade eut du délire. On observa le phénomène des contractions idio-musculaires sous la pression du sthéthoscope et sous l’action du doigt, ce qui indiquait un degré d'infection assez profonde. Dès le début de la récidive (12 décembre 1891) le deuxième et le troisième doigts des deux mains, le quatrième et le cinquième orteils aux deux pieds prirent une teinte bleue. La sensibilité était diminuée.
La teinte passa au noir. Le 20 décembre, la gangrène était nettement indiquée ; au cinquième orteil droit, elle alla jusqu’à l'os de la phalangelte qui fut mis à nu. La réparation demanda plusieurs semaines. Aux orteils du pied gauche et aux doigts des mains la gangrène fut limitée à l'épiderme qui prit une
teinte noire et se détacha. Enfin la plante des deux pieds pré-
+ Dole senta des escharres superficielles bruues et sèches. Tout était à peu près terminé au bout de trois mois. La pulpe des doigts était demeurée mince, avec la peau ridée et plissée à la sur-
face.
OBSERVATION V (résumée).
Gangrène symétrique consécutive à un érysipèle ambulant. (Angelesco. Thèse de Defrance).
G... Marie-Anne, âgée de 46 ans, blanchisseuse entre dans le service de M. Faisans le {°r avril 1895.
Antéceédents personnels. — Variole il y a 3 ans. Au COUrS, accidents du côlé des extrémilés. Erysipèle généralisé au commencement de février 1895. Le 20 février douleurs intolérables dans les mains qui sont enflées et bleuâtres.
1e avril. — Les douleurs qui avaient disparu reparaissent dans la nuit si fortes qu’une piqûre de morphine ne les calme pas. Les douleurs se limitent à la dernière phalange des doigts de la main droite. Irradiation. Les doigts étaient atteints successivement.
La main droile est enflée, les doigts ont pris la forme de boudin, ils étaient bleus et sont devenus peu à peu noirs et effilés, tels qu'on le voit maintenant.
La main gauche se prend après l’autre les douleurs y sont moins fortes. |
13 avril. — Douleurs dans les pieds plus fortesà droite comme aux mains. Ces douleurs ont duré trois jours et ont disparu. A ces douleurs se joignent : 4° des démangeaisons revenant par
crises et remontant jusqu'aux poignets et jusqu'aux genoux ;
CO 2 une éruption cutanée, consistant en de grands placards saillants d’un rouge vineux.
20 uvril, — Aspect des parties gangrénées. — La main droite a les quatre derniers doigts complètement momifiés dans leur dernière phalange et la moitié inférieure de la seconde. Les parlies gangrénées sont ratatinées, franchement noires, el d'une dureté ligneuse. Elles forment au bout de chaque doigt une sorte de morceau de charbon de forme effilée, avec une surface plissée. Au milieu de la phalangine larégion nécrosée est bordée par une bande large de 5 à 10 millim. C’est entre cette bande rouge et l’eschare noire que se creuse le sillon d’élimination. Le pouce est relativement épargné : seulement plaque d’épiderme épaissi à la pulpe de la dernière phalange.
A la main gauche, l’auriculaire est seul gangréné.
Les mains sont amaïigries, les régions thénar et hypothénar font à peine saillies.
Aux pieds, aux trois orteils médians, cyanose sous-unguéale à la face dorsale. Cyanose à la face plantaire.
Plaque bleuâtre sur la partie convexe de l'oreille droite. Ankylose des phalanges. Sensibiiité àla pression exagérée dans les parties rouges limitant l’escharre diminuée sur les parties atteintes.
28 avril. — Les douleurs reparaissent mais moindres. L’élimination des escharres commence. Le sillon se creuse. La malade ne décril aucun paroxysme de syncope locale prémonitoire cependant depuis sa variole plusieurs de ses doigts lui ont paru souvent pâles etengourdis,
La malade quitte l'hôpital le 12 mai.