‹ De l'asphyxie locale et de la gangrène des extrémitésChapitre 35 sur 38 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

C. Nielsen d'après Schmidt's Jahrbuch, 1878, vol. 177, p. 115. Citée dans la thèse de Defrance.

Gangrène symétrique à la suite de pneumonie.

Une femme de soixante-deux ans, épuisée par la misère et par les nombreux accouchements, entre à l’hôpital pour une pneumonie gauche (20 mars 1877), qui guérit assez vite;

mais, empira encore l'état cacheclique du sujet, Le 20 avril,

HER début absolument brusque de douleurs intolérables dans les deux mains.

- Celles-ci complètement blanches d’abord, prirent une teinte : livide et enflèrent dans la même journée. Le jour suivant les pieds et les mains étaient cyanosés avec taches bleues ,ædémateux. froids et douloureux, les ongles violacés. Le pouls radial et tibial restait bien net et régulier. Rien d’anormal dans les divers organes: ni sucre, ni albumine dans l'urine.

Après quelques jours les douleurs diminuèrent. Mais il apparut des phlyctènes sur les phalanges des doigts. Doigts et | orteils se ratatinèrent, prirent une teinte bleue et devinrent absolument insensibles. Au bout de 15 jours, les extrémités des doigts étaient dures comme du bois, les articulations immobiles. Puis le sillon d'élimination se dessina. Tous les doigts des mains durent être successivement amputés un peu an-dessus du milieu de la première phalange. Les orteils furent désarticulés, tous ceux de droite à la première articulation métatarsophalangienne. Ces amputions furent faites sans effusion de sang. La guérison fut complète ; mais, seulement au bout &e

huit mois.

OBSERVATION VIII (Résumée).

Dardignac (Revue de chirurgie, 1892, p. 729). Gangrène symétrique par congélation dans le cours d’une grippe infectieuse.

Le soldat D.., entre le 26 décembre 1891 à l'hôpital de Beauvais pour des accidents de congélation localisés aux mains. Antéceédents. — C’est un jeune homme vigoureux, doué d’une

santé habituelle parfaite, sans aucune tare héréditaire ou per-

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EE sonnelle apparente, sauf peut-être une prédisposition marquée à des troubles stases de la cireulation périphérique. Appartenant à une famille d'ouvriers pauvres, il a connu dans son village la misère morale et physique; il était quelquefois maltraité chez lui; depuis son arrivée au régiment il se trouve déprimé, et par le fait même de son incorporation et par les atteintes d’une poussée de grippe qui sévissait alors épidémiquement parmi nos hommes. Dans ces conditions, c’est-à-dire en état de grippe depuis une douzaine de jours, ce soldat continue à suivre ses camarades, encore que fatigué, toussant, pyrétique, sans appétit et sans forces, il assiste à tous les exercices. Bientôt on lui fait remarquer que les téguments de ses mains et de son visage sont comme bouffis, violacés et il se trouve, en effet, plus sensible au froid, et quand on insiste sur cette coloration particulièrement appréciable depuis quelques jours, il affirme que chez lui jamais on ne lui avait fait remarquer cette chose parce qu'il avait toujours le teint animé, du reste l’engourdissement, la sensation de refroidissement et les picotements douloureux qui accompagnaient cette coloration anormale se dissipaient au quartier et rapidement après des frictions répétées et des lotions à l’eau froide. Le 24 décembre, ces phénomènes, qui traduisaient pour tous un trouble circulatoire sont plus pénibles pour le malade et plus accusès pour l'entourage. B.., a eu très froid aux exercices bien que le thermomètre ne descendit qu’à 6° avec du soleil et une légère brise du N.-E., il ne parvient pas à rétablir la circulation aux mains et seul, parmi les 1500 hommes qui se trouvaient avec lui au service en campagne, il a été frappé de congélation partielle. A l'entrée, le diagnostic de gangrène des mains n’est pas dou-

teux, en effet : tuméfaction générale des deux mains ; à partir

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d’une ligne transversale peu précise, légèrement floue, qui diviserait la région métacarpienne en deux segments, celui qui supporte les extrémités digitales présente une coloration plus sombre, noirâtre, qui tranche sensiblement sur celle des parties supérieures où la teinte est livide, et tandis que tout se qui se trouve au-dessous de celte ligne indéterminée est déjà dure, sans réaction, les parties supérieures voisines du carpe, sont plus molles et dépressibles. Les doigts ne fléchissent qu’en partie et d'une seule pièce.

Mauvais état général et signes d'infection grippale très accen« tuée.

Le 12 janvier. — Les symptômes grippaux se sont amendés aux mains : la tuméfaction a disparu, mais au-dessus du sillon dont nous avons parlé, les parties gangrénées se divisent en deux zones : l’une, la plus éloignée, est le siège d’une gangrène sèche, l’autre d'une gangrène humide. La sensibilité a disparu au niveau des surfaces nécrosées : la motilité est presque abolie complètement.

Le 29 janvier. — Désarticulation de tous les doigts de la main gauche au niveau du métacarpe.

Le 5 février. — Désarticulation des doigts de la main droite sauf le pouce.

Suites opératoires excellentes.

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