CHAPITRE I
Historique.
En 1862, quand Maurice Raynaud décrivit le complexus symptomatique qui porte son nom, il ne pouvait quère en cherchant à interpréter les faits qu'il avait étudiés que faire des hypothèses incertaines. Dans sa thèse, dans ses articles, il arrive bien à démontrer «que la contracture plus ou moins durable et intense des vaisseaux capillaires doit être attribuée à un trouble de l’innervation vaso-motrice, reconnaissant pour cause une excitation dont le point de départ peut se centraliser dans la moelle épinière, excitation pouvant être d’ailleurs ou réflexe ou directe ». Mais, forcément le « pourquoi » de cette excitation lui échappait. On savait alors bien peu de choses sur la pathogénie et l’étiologie des maladies de la moelle ; on ignorait l’action des micro-organismes et de leurs toxines.
Raynaud signale bien dans les antécédents de plusieurs de ses malades, la syphilis, la puerpuéralité, l’impaludisme ; mais, il n’y attache pas autrement d'importance : ce n’est guère là qu’une coïncidence et rien de plus.
Le professeur Grasset, un des premiers, a montré que