CHAPITRE IV
Innervation.
L étude des perturbations fonctionnelles des centres respiratoires et vasculaires nous indique le mode d’action du sang* noir sur le mjélencépbale. Les troubles que présentent 1 appareil musculaire et la sensibilité périphérique indiquent que 1 axe cérébro-spinal entier réagit de la même manière sous l’influence de l’anhématosie : nous devons donc être bref sur ces points, sous peiné de redites constantes.
\° A jjpareil musculaire. — Ici encore nous trouvons au début de l’asphyxie une période d’excitation, caractérisée par des convulsions plus ou moins violentes, s’étendant des membres au thorax et à la face, puis une période dedépression où la contractilité va progressivement s’affaiblissant, pour disparaître complètement.
Ces convulsions ne se limitent pas aux muscles de la vie de relation, car les mouvements de l’intestin, la défécation, la miction témoignent dhin état spasmodique des muscles lisses.
Mais, d’aj)rès un travail tout récent de Morat(l),le sang asphyxique exercerait sur la musculature de l’estomac une action inverse de celle qu'il produit sur l’intestin ; il ferait disparaître les mouvements rythmiques du ventricule.
C’est également à la contraction des fibres musculaires de l’iris qu’il faut attribuer les caractères que présente la pupille : alternatives de rétrécissement et de dilatation au début, puis dilatation énorme aux approches de la mort.
(1) Lyon niédic., 1882, 27.
Il est inutile d’insister sur la patliogénie de ces divers phénomènes. Après Marshall -Hall et Brown- Séquard, Luchsinger a montré que les convulsions sont dues à l’excitation de la moëlle. L^’asiDhyxie influence la moelle comme le bulbe : seulement cette action est moins constante, plus tardive.
D’un autre côté, la perte de contractilité des éléments musculaires, striés ou lisses, dans la seconde période (résolution des membres, paralysie des sphincters, etc.), porte à admettre que le sang noir impressionne également les extrémités nerveuses intra musculaires et le muscle lui-même qu’il exciterait au début pour les paralyser ensuite (Brown- Séquard) .
2° Sensibilité. — Un des premiers signes de l’asphyxie, c’est la diminution graduelle, et bientôt la disparition complète de toute sensibilité. Cette anesthésie, un des faits les plus importants de l’asphyxie, monte des extrémités vers le thorax et atteint en dernier lieu la cornée suivant la remarque de Faure, de Bernard, de Perrin.
Ici aussi existe une période préalable d’exaltation caractérisée par l’exagération des phénomènes réflexes, par l’agitation de l’animal ; ainsi s’expliquent aussi l’excitation intellectuelle, le délire, les hallucinations qu’on observe si souvent chez les malades, au début de l’asphyxie.
Mais bientôt les centres sensitifs perdent leurs propriétés : l’intelligence, l’instinct sont d’abord abolis j puis les régions sensitives de la moelle meurent, avant les faisceaux antérieurs. L’animal est complètement inerte, insensible à toute excitation, alors que le bulbe continue à vivre : témoins les mouvements respiratoires qui persistent après même que l’excitabilité réflexe est entièrement abolie.