CHAPITRE] L
Conditions productrices de l’asphyxie non toxique
en clinique.
Passer en revue toutes les affections qui sont susceptibles de produire l’asphyxie, en modifiant l’im ou l’autre des actes resjiiratoires, ce serait se condamner à une tâche aussi fastidieuse que dénuée d’intérêt pratique. Où serait Futilité de dresser le catalogue de tous les processus morbides, qui, par voie directeou indirecte, à l’état habituel ou dans des condition's exceptionnelles, peuvent entraver l’hématose et par suite donner lieu à des manifestations asphyxiques plus ou moins accusées ?
D’ailleurs toute classification, fondée sur les données physiologiques, offre nécessairement un caractère artificiel ; car, bien souvent, l’asphyxie n’a pas une cause univoque, mais est due à Faction combinée de plusieurs influences pathogéniques. De plus, nous serions ainsi amenés à ranger sous la même rubrique des processus absolument disparates au point de vue clinique. Une lésion bulbaire asphyxie, parce qu’elle suspend les mouvements des muscles respiratoires ; le météorisme abdominal agit de la même manière sur l’hématose. Et cependant, quel est le pathologiste qui consente à mettre côte à côte, dans une classification, Fépilepsie et la péritonite aiguë ?
S’il nous faut renoncer à énumérer toutes les circonstances où la respiration est compromise et où, par suite, l’asphyxie, au sens clinique du mot, devient possible, nous devons cependant indiquer succinctement les principales conditions morbides où ce syndrome se présente à notre observation. Il nous semble qu’on peut, avec M. Bert, les classer en deux catégories distinctes, suivant que l’asphyxie est due à des causes internes, intrinsèques, ou à des causes extérieures à Y extrinsèques.
La première classe comprend les faits cliniques habituels auxquels les considérations de physiologie pathologique que nous avons développées sont particulièrement applicables. Dans la seconde rentrent au contraire, d’une part, les asphyxies violentes, qui sont du ressort de lamédecinelégale, et, d’autre part, certains processus spéciaux, d’un intérêt plus théorique que clinique, et qui soulèvent des questions de pathogénie que nous n’avons pas encore abordées (influence de la pression barométrique, des altitudes, etc.). Il paraît donc tout y avoir avantage à les séparer, tant au point de - vue de l’exposé didactique que des applications pratiques.
C’est en nous inspirant des mêmes considérations, que,
I dans chaque catégorie, nous établirons des subdivisions, ► quelque peu artificielles, il est vrai, résumées dans le tableau J suivant :
A. Asphyxies par causes intrinsèques .
1° Asphyxies par entrave au passage de l’air dans les ( conduits aériens.
2“ Asphyxies par altérations cardio-pulmonaires.
3° Asphyxies par perturbation do l’innervation respi rail toire, ou d’origine cérébro-spinale.
4“ Asphyxies par maladies générales .
B. Asphyxies par causes extrinsèques,
1" Asphyxies par violences extérieures exercées sur les voies respiratoires. :
2° Asphyxies par modifications du milieu extérieur. ■