‹ De l'assistance des classes rurales au 19e siècleChapitre 14 sur 34 · C.HAPITKK III · texte numérisé non relu

C.HAPITKK III

«liminution d'aulant plus gi-aiidc qu'ayant largciiu'iU prolité des plus-values des trente dernières années il se trouve ramené à la situation antérieure. 11 faut aussi que la valeur <lonnée à la terre à force d'eftbrts ne profite pas uniquement au propriétaire et que des baux assez lon^'s j)ermettent au fermier de tirer avantage de toute amélioration sérieuse; il y aui'ait justice à modifier les articles du Code civil qui mettent souvent obstacle aux conventions à long terme.

Du reste en supportant ces diminutions, en permettant au fermier de s'assurer une légitime rémunération de ses labeurs, le propiiétaire sauvegaide l'avenir de ses champs, avenir compromis si des prétentions exagérées écartaient toute culture. Beaucoup de possesseurs du sol en maintenant, comme c'était leur droit strict, des fermages consentis avant l'époque actuelle, ont incité le ])aysan a épuiser la terre durant la période finale de son bail, et les frais nécessités par la nouvelle mise en état du fonds <leviennent excessifs ; aussi ces fermes restent-elles en friches.

C'est, nous le répétons, par une union plus éli'oite de ceux qui cultivent et de ceux (jui jtossèdcnt (jue cette crise, encore à ses drhiils, poiiri;! éln' siirnHiiitcc.

L'abaissement <h'S|)rix aura du reste cei'tains avantages; l'acharnement des classes rurales ]»our l'acciuisition de la terre multipliait les parcelles inlinitésimales nv pouvant <lonner aucun produit séi'ieiix; la cuncurrence des classes riches empêchait la foi-mation des nioyennes cultures; or <•(; sont ces paysans propriétaires, c(tns(»inmant eux-mènu's la plus gr"ili(le pai'tie de leurs récoltes, euiployaut le restiî ù solder les impôts et àac(|uérir les(d)jets iudispensaliles, qui souffrent le m»»iiis, eu même leuips (pTils foiiuenl <;ette pépinière (riimiiuies vigmireux, ecniiduies, attachés à la patrie aii\(|iiels s ap|»li(|iieiit ces |tar(des de Caton. «( C'est parmi les ciilti\aleuis que naissent les meilleurs citoyens et les meilleui-s soldats. »>

§ 2. — UNION DU TRAVAIL AGRICOLE ET DE l'iNDUSTRIE

L'extension des moyens mécaniques pour la culture, l'accroissement de la moyenne propriété qui nous paraît devoir sortir de la crise actuelle, appellent une modification dans le genre d'occupation des paysans. Lors de la discussion sur les céréales, M. Develle, ministre de l'agriculture, établissait qu'un hectare de blé suffît pour nourrir une famille ; mais avec les assolements un hectare de blé suppose en général trois hectares, et trois hectares ne suffisent pas à occuper une famille, à moins de recourir aux procédés primitifs. Une famille renfermant trois travailleurs peut cultiver de 25 à 30 hectares et oO hectares en prenant un aide. Or d'après les données produites devant le Parlement on compte 1,800,000 propriétaires possédant moins de cinq hectares, 1,200,000 de 5 à 20 hectares et iOO,000 de 20 à 40 hectares. Les premiers ne peuvent être considérés que comme des ouvriers agricoles, employés une partie de l'année chez les autres ; il y aurait avantage à organiser dans toutes les parties du territoire une association intime entre le travail industriel et les travaux des cliamps ; de manière à ce que tous les moments du paysan fussent occupés et qu'en confectionnant des objets destinés à l'échange il s'assure des ressources indépendantes de celles tirées du sol.

L'excellence de l'agriculture consiste, en effet, en ce que l'ouvrier, son labeur terminé, a besoin d'un acquéreur pour solder le montant de la matière et de la maind'œuvre, tandis que le cultivateur peut vivre directement sur ses récoltes. Le Wurtemberg doit une partie de sa prospérité à cette union des deux modes d'activité de l'homme; la crise si terrible des Flandres n'a éclaté, en 1845, qu'à la suite de la rupture de cette association. En Suède, le principe est si bien compris que des sociétés se consacrent à l'instruction professionnelle des paysans, de manière à leur faciliter les moyens de ne pas rester inactifs

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