‹ De l'assistance des classes rurales au 19e siècleChapitre 9 sur 34 · DANS LES CLASSES RURALES · texte numérisé non relu

DANS LES CLASSES RURALES

La meilleure manière de combattre la inisrre est de la prévenir et les réformes économiques, ou l"a ilit bien souvent, sont à l'assistance ce que l'hygièue est à la médecine. Les Gouvernements ont, de ce clu'f, une acliou considérable ; la misère provient en eflel do sources multiples, en dehors des cas ])articuliors oii oUc dérive de cii'constancos indépendantes de la volonté luiinainc. Les vices individuels, le manque d'énergie, le milieu social dans letpiel vivent les individus, jouent un nMe i»r(''|)ondérant sous le rapport de l'extension de l'indigence. Tout (îouvei-nement doit, en conséquence, élevei' et l'oiiiiier les âmes par une saine éducation ; entraver la propagation de l'inimoralité ; veiller à ce que l'excès des iinp(Ms et des charges [)ulili<pies ne vienne pas ari-i'lcr rdlnrl des citoyens; agrandir le chanq) de l'activité nationale en lui assurant de nombreux débouchés. Il tant se p(''iu''ti'er de relie pensée que les classes qui soiillVenI demandenl le travail avaid l'aumône.

Nous allons donc étudier siu'cessivenient : I" L'éducation ; 2° la ré[)ression de l'iminoi-alité; 'A" la (luestion des impi'its, (pi'il s'agisse de taxes ou de. service militaire ; V la protection de ragrieulture ; .""»" enfin la colonisation. Nous aurons

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toujours naturellemeut en vue les classes rurales puisque c'est leur histoire qu'il s'agit de retracer ici.

Les circonstances actuelles imposent d'ailleurs aux gouvernements des devoirs tout particuliers. « L'époque oîi « nous sommes, s'écriait en mars 1887 lord Salisbury, est « grave, des conflits importants nous menacent ; des « problèmes qui ébranlent les bases mêmes de la société « sont posés ; et ce n'est pas par un optimisme décevant que « l'on peut arriver à écarter les dangers entrevus dans le (( lointain. Les hommes qui gouvernent actuellement , if ceux qui gouverneront demain , sont appelés à remplir (( des devoirs auxquels ils ne pourront manquer sans trahir (( la plus sacrée des obligations qui pèsent sur eux . » De plus comme l'a indiqué M. Thonissen, le savant Ministre de la libre Belgique : « Au milieu de changements inces- (( sants, un seul fait se produit avec un caractère d'évidence u et de permanence impossible à méconnaître ; c'est linu fluence sans cesse croissante des classes laborieuses. (( Qu'on le désire ou qu'on le craigne, qu'on y découvre « un élément de progrès ou une cause de misère immi- « nente; le phénomène n'en est pas moins incontestable. « Les prolétaires pèsent de plus en plus dans la balance (( des intérêts sociaux. Parmi les catastrophes des trois « derniers siècles, il n'en est pas une qui n'aie plus ou (( moins sensiblement accru la puissance des masses ; et si « les hommes d'État ne veulent pas bâtir sur le sable mou- (( vant des révolutions, ce fait incontestable doit désor- « mais servir de point de départ à leur politique. » « Le (( devoir des sages aujourd'hui , écrivait à son tour (( Mgr Guilbert, Archevêque de Bordeaux, n'est pas de vou- (( loir entraver le progrès démocratique ; toute force hu- (( maine y serait impuissante, mais de le bien conduire, « de le dégager des éléments impurs et dangereux qui lui « sont étrangers; c'est surtout de le diriger dans la justice « et dans la vérité comme on dirige le courant d'un fleuve, (( pour en féconder et non pour en dévaster les rives. »

Ces pensées si vraies nous guideront dans l'exposé de

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nos vues sur l'action gouverncinciitalc vis-à-vis de la société contemporaine.

I \". — D1-: l'»':[>lcati(in

Nous disons de l'éducation et mm de rinslruclion ; il y a en elïet une difTérence pi-olondc cnlrc ces deux expressions et ce qui importe au bien de l'État, c'est que les enfants reçoivent, avec une éducation morale et religieuse, les principes d'ordre social que l'instruction par ellemême est impuissante à donner. On |MMit rire un excellent citoyen, un vaillant patriote, un iiomnie au co'ur généreux, sans insti'uction ; on ne peut acquérir ces précieuses qualités avec l'instruction séparée de l'éducation.

A un autre point de vue, autant l'instruction sagement entendue est nécessaire dans toutes les conditions de la vie, autant elle devient un danger lorsque, dépassant les limites légitimes, elle crée des désirs et des aspii-ations que la société est impuissante à satisfaire. Ce danger éclate d'une manière toute particuliéi'c au milieu des classes agricoles (ju'un enseignement imprévoyant tend à faire sortir hrnsquenu'nt de leur position honorable entre toutes, pour b.'s entraîner dans les villes à la i-echercbc de places bien éloignées souvent de leur assurer un heureux avenir. Il faut, dans les c;nn|iagnes un enseignement simjile, sullisamment <'<Mn[»let. mais tendant à j'aiic aimer la vie agi'icole et sachant «<e plier aux exigenees des li;ivaux di" la culliire, au\(|in'ls il est essentiel dlialiil lier les enranis dés leur jeune âge. .Nous voudrions (jue cet i-nseignenu'iit se ti'ouvàt conlié non à des jeunes gens <ni à des Jeunes li Iles avant passi' de longues années dans des écoles normales et toujours dis|)osés à nn'priser la \ie -iniple rt li'aïKpiille lies cidiivateui's ; mais ii des liommes et a des femmes, m oins oi-ih-s peiil-èl rctli' conmiissances siiperllues, loiil en saciiMiit mieux repinidre ;iiitonr deux le puissant attrait de labeiir's (|ii'ils ne dediiigneraieiil pas de p.irtager à certains jours.

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Sous ce rapport, des ordres religieux, voués, comme les sœurs de Galicie, aux travaux manuels pourraient rendre d'utiles services (1;. Les programmes seraient alors moins chargés ; en été la durée des classes aurait en droit les limites qu'elle a le plus souvent en fait ; les enfants consacrant plusieurs années à un cercle de connaissances moins étendues les posséderaient mieux. On ne risquerait pas de voir disparaître rapidement , faute d'occasions suffisamment nombreuses de l'appliquer, un bagage superficiel, inutde, donnant à l'écolier, avec un dégoût trop fréquent pour la profession de ses pères, des espérances ambitieuses que rien ne justifie.

Nous avons dit que l'éducation devait èti'e morale et religieuse; on ne peut enlever ce fait que la civilisation dont nous jouissons et dont nous sommes si fiers est l'oeuvre de dix-huit siècles de christianisme. Elle résulte de l'eflbrt persévérant de nombreuses générations qui ont eu une croyance surnaturelle, puisant dans cette croyance les vertus qu'elles nous ont infusées avec la vie. Quelquefois ces vérités surnaturelles ont pu s'obscurcir, des passions ixditiques ont pu se cacher sous le manteau de l'esprit religieux ; des erreurs, des fautes, des crimes ont pu être commis au nom de ces principes supérieurs, méconnus alors par ceux-là mêmes qui les invoquaient ; le fait primordial subsiste. A des civilisations matérialistes, fondées sur l'égoïsme individuel et le droit de la force, succède une civilisation chrétienne basée sur les

(1) Il existe en Galicie une crin;.Ti''^'-;iti(in fort intéressante appelée « congrégation des petites servantes de Marie »; formée dans le grand duché de Posenil y a environ quarante ans, elle se compose de paysannes, et a pour but spécial la sanctilication du travail des chamjis, travail que les sœurs exécutent avec les habitants des villages. « Dos l'aube, nous écrit un honoraljle Galicien, on les voit avec leurs faucilles se rendre à, l'ouvrage, alors que la nuit s'est passée souvent au lit des malades ; les plus jeunes et les moins robustes instruisent les enfants de l'asile. » La Galicie renferme la maison-nu'-re située à Starawies et trente petites communautés composées de trois à six sœurs, accomplissant un Ijien considérable dans les municipaliti-s rurales, par leur assistance et la douce infiuencc de leur vie de labeur, d'ahnéu^ation et de sacrilices.

cil AIMTIII-: Il :t'.t

sacrifices réciproques et la liberté dans l'égalité; civilisation dont nous sommes les (ils et les héritiers.

Comment admetti'e (jue l'on puisse reniercetto ti'adiliim séculaire et conserver les avantages (iii'cllc a procurés? Comment admetti-c (|iu' l'on puisse eHaciT jus(pi"au nom de Dieu du progi'ammeuiiiversitaii'eetse tlattei'de ti'ouver, dans les générations (pii gi-andissent, les fortes vertus, apanage de nos ancêtres croyant en cette divinité (pu' l'on essaye de bannir sous le vain prétexte de liberté de conscience.

Cet enseignement normal fondé sur la morale et la Religion, que nous voudi'ions voir établir à la (■am|)agne afin d'y mainteiiii" une po|)ulatioii laboi'ieuse. économe, attachée à sa profession, insiniile de tout ce ipii lui est nécessaire de savoir : est-ce celui ((ue TÉtat a institué? Que constatons-nous? Des pi-ogrammes si étendus qu'au bout de peu d'années les Ministres viennent avouer à la tribune cpi'ils (uit réuni des commissions poui* les ivduii'e. Des classes obligatoires si longues (pu' les enfants, à moins de tolérances contraires à l'esprit de la loi, ne peuvent rendre aucun service au sein de la lamille. causant ainsi un préjudice réel à leurs parents, tandis (pi'eux-mèmes ne sont pas rompus à des travaux fortiliants qu'ils aimei'(mt (l'antant moins plus t;ir(l (pie leiii- jeunesse ne les aura point siillisaininent couniis. l'iie griitiiili- illusoire et nu'Uteuse, laissant à la chai'ge des p;iii\ les des dépenses cpu' les riches seraient heiii'enx de solder. Des maîtres IVé- (piemmciil inraliH's (riiiic scieiici' inutile, dedaiguriix de la vie rurale, aspii-anl au moinenl où ils poiirionl touler le l)avé des villes, seul llit-àlre digne de leur nieiile ; ne sachant se livi-er à aucune occupation el i-eclainanl eu conséqueiH-e des salaii-es plus ele\es; écartés des louclions modestes <pii louclienl au •<ei\ice i'eligieu\; ne pcnivan! enseigner aux eiiraiilsles ('leuicnls de la croyance de la niajoriti' des français, el irelaiil ipn- les sei'\ ileiirs craiulifs des puissants t\\\ jiuiripii. au gn- des Ihiclualions |)olili(pies. jouent avec leur a\euii- sans scrupules et sans i-emttrds.

Que constatons-nous encore? la volonté des pères de famille méconnue si elle n'est pas conforme aux décrets des gouvernants; un Ministre déclarant devant l'Assemblée des élus du pays, qu'il faut maintenir les aumôniers dans les lycées parce que les parents, qui payent, i)Ourraient confier leur fils à d'autres mains, et ce même Ministre dédaignant les réclamations des habitants des petites communes parce que les paysans ne sauraient le plus habituellement soustraire leurs enfants à l'école de l'État et que, comme ils sont pauvres, on peut faire bon marché des légitimes revendications qu'ils adressent aux autorités départementales.

Tel est le spectacle auquel nous assistons. A l'Académie des Sciences Morales, lors de la discussion sur le socialisme, M. Levasseur avait dit : « Quand l'Etat répand « l'instruction, il fait bien; quand il s'attribue le monopole c( exclusif, ou gêne la liberté de l'enseignement, sans « prouver que de solides considérations de moralité lui u en imposent le devoir, il fait mal. » N'est-ce pas ce mal qui menace de grandir. Comment s'étonner alors que les provinces se dépeuplent, que les jeunes générations habituées à mépriser le noble travail de la terre, gonflées d'un vain savoir ne voient, elles aussi, que les cités avec leurs plaisirs et se précipitent vers les occupations bureaucratiques, la domesticité, les métiers industriels, au risque d'être victimes de décevantes illusions.

De l'instruction, encore de l'instruction, telle est notre devise, mais en sachant ne pas la séparer de l'éducation, en sachant la renfermer dans de justes limites, en sachant utiliser les bonnes volontés individuelles, en sachant obéir aux injonctions sacrées des pères et des mères de familles. Au lieu de cela, on s'est emparé de l'enseignement pour en faire disparaître l'esprit religieux qui doit en former la base ainsi que l'ont si bien com])ris les nations voisines notamment ce peuple Allemand que l'on prétend vouloir imiter en tout.

Le Gouvernement manque donc à sa mission, il occa-

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sionne des ruines morales, prélude de ruines matérielles d'autant plus grandes que l'initiative privée ne peut, au milieu de nos communes, de nos hameaux lutter comme dans les villes, et, à force de sacrifices, élever en face des chaires de l'Ëtat athée, des cliaires donnant un enseif,niemeut ti'aditionnel qui comprenne, avec raccpiisilion des connaissances indispensables à tout citoyen, réducalion morale et religieuse, seule capable de former les cœurs et d'y faire pénéter l'esprit de dévouement sans lequel aucune société libre n'est possible.

Cet élan, ces sacrifices forment cependant le côté consolant de la situation. Ainsi que l'a parfaitement dit M. Cuclieval-Clarigny, en rendant compte d'un ouvrage de M. Eugène Rendu (Académie des Sciences Morales, mai 1887) : « Sous l'action incessante d'une centralisation oppressive, on a vu s'éteindre graduellement l'esprit d'initiative qui était autrefois un des traits de notre caractère national, qui avait couvert la France d'œuvres florissantes et lui avait valu de grandes et belles colonies. Nous nous sommes habitués à tout attendre du (Jouvernement, à ne n'en tenter en dehoi's de sa direction et de son appui. Si la révolte du sentiment religieux contre la guerr(> faite aux vieilles croyances avait pour conséquence dernière de montrer qu'on |)eut, pour des ouivres considérables, se passer de l'intervention de l'État, et même de sa sympathie; si un exemple heureux rendait aux citoyens un peu de cette confiance en eux-mêmes dont notre race a donné tant (le preuves aiiti'efois, ce n'est pas la |ti'eniit're lois <jue le bien serait sorti du mal ».

5^ 2. — iu';i'iu:ssio.N m: i/iMMon.M.rrK

Le pr'oMèinc du panpérisnie est un problènu' moral autant (|iie (recononiie |ioliti(pM>; or en deiiors niènu'debi question (pie notis venons de traiter, ri'lt.'it.lont en se renfermant dans les limites de ses ;il triliulions, a une grande infiuence sur Uî dévcloppetin-nl on rabaiss(Mnent des

mœurs. Il lui appartient d'entraver par des lois la séduction en relevant Tàge dérisoire après lequel la jeune fille se trouve livrée sans défense à toutes les excitations du vice; de diminuer le nombre des naissances illégitimes en établissant une responsabilité pour l'auteur de la grossesse, alors qu'à l'heure actuelle la femme seule supporte tout le poids d'une faute partagée avec son complice. C'est le droit étroit et supérieur du Gouvernement de réprimer, en dehors des outrages directs à la pudeur, la vente et le colportage de ces écrits, de ces romans immoraux, de ces gravures, de ces dessins éhontés qui vont semer partout le germe d'une corruption précoce. 11 ne s'agit pas ici, en effet, de la liberté de la presse, pas plus que lors de la répression des outrages à la pudeur la liberté individuelle est enjeu; en 1H87 le Ministre de l'instruction publique u'a-t-il i)as établi à la tribune la nécessité de la censure préalable en matière de pièces de théâtre et de chansons destinées aux cafés-concerts?

Pourquoi ne pas agir de même en présence du débordement de ces écrits véritablement obscènes, qui devraient révolter toutes les consciences?

M. 1^. Passy disait à ce sujet [Questions relatives à Valcoolisme p. 199) : « Ne peut-on rien faire contre ces bals " pu})lics. spectacles de bas étage, cafés-concerts dans u lesquels on débite, avec des drogues en bouteille, des u drogues intellectuelles et morales, qui au lieu de faire u les délices de quelques centaines d'auditeurs au goût dé- « pravé, devraient bien souvent être déférées à la police « correctionnelle? Est-ce qu'il n'y a rien à dire de ces des- (( sins investis du privilège de s'étaler partout, jusque dans <' les gares de chemins de fer, dont l'ensemble constitue (( un véritable cours quotidien de dépravation i>ublique et (( privée? Vous voulez une population saine de corps et (( d'esprit, c'est-à-dire une i^opulation qui vive sainement, u se loge sainement, se nourrisse sainement et ne se laisse u entraîner ni aux excès de l'alcoolisme, ni aux autres « excès; ne placez pas à chaque instant sous ses pieds des

KiiAi'nnK II 4:i

« pièges, des abîmes, dans les(|U('Is, [tour iini (|ii'cll(' soil (1 inatlentive et faible, elle ne saurait maiH|iii'r de limihcr (I un jour ou l'autre. »

Et ces faits sont <l"aiitaiil |)liis graves (|iii' les classes laborieuses ne peuvent, en i-aison de leurs occupations. e.Kercer qu'une surveillance très insuflisante sur leurs enfants qu'ils doivent en mille circonstances, conlier à la bonne foi publique. Le Gouvernement qui tolèic de pareilles publications contribue à corrompre ri'ux là même qu'il devrait protéger.

A un autre point de vue, est-ce (pie les sei-vices th'parlenuMitaux en accoi'dant pai" esprit d'économie des secours aux tilles-mères. n'atVaihIissent pas. à la campagne surtout, le sentiment de la pudeui-. et n "aecroisseiil |)as ces naissances hors mariage si funestes à la société? Les statistiques prouvent eu effet (pie pr()])ortioniu'llenient le nombre des individus condamnés est plus elexi- parmi les entants naturels conservés par leur l'ainille. que parmi lesenlants confiés dès leur jeune âge aux services d'assistance.

Si nous laissons ces ccmsidérations générales il est nu vice, véritable créateur de la misère, « magna |tari'ns |)auperum », (pii grandit de jour en jour, enlevant au ti'avail national des forces prt'cieuses; encombrant nos asiles d'um; foule d'idiots, d'alii-nes; (iétournant le salaire du foyer doinestii|m'. où il appiu-terail la santé et le lionlieur. Nous j)arlons de rivroguerie et plus pa ri iciil ièicuient de l'alcoolisme. Channing a ilit a\ec son eln(pieiice pém'-traiile: n Ijilre les iiiaiix (pie cause l'i iileiiipera iice. (Ui (I accorde une grande importance à la pauvreté (pii eu est (I la suite. Mais ce mal tout gi-and qu'il est n'est rien en « conq»araison du mal essenliel de linleiiipcreuce... (' (primporte (pion soit pan\re. si I fUi porti- dans >a paii- (( \i-el(' l'esprit, l'i'nergie, la raison et les \ei-|us <run 0 liornme... celui (pii de\ienl lueiidianl. pai'ce qu'il s'est v l'ail liiiile. es| \raiiiiciil iiii^eralde. . . on nous dit qu'il (1 l'a ni préserver tel ou tel lioinme de l'ivrognrrie poiir li \\'m\wr\[i'v de s'adresser à la ville, de de\enir une charge

(I pour la cité. Ce motif n'est pas à dédaigner, mais je ne <( puis attacher un seul moment ma pensée aux quelques (( centaines ou aux quelques milliers de dollars que coûte « l'intempérance. Lorsque je vais au dépôt de mendicité et u que je vois la dégradation, la faiblesse intellectuelle, « l'abjection, Timbécilité écrite sur le visage de l'ivrogne, « j'aperçois une ruine en comparaison de laquelle des frais « d'entretien ne sont qu'un grain de sable; je voudrais, « continue Channing, que ces charges fussent si lourdes « que nous fussions obligés de nous réveiller et de nous « demander comment on peut sauver l'ivrogne de la « ruine. » C'est ce problème que nous allons essayer de résoudre.

Tout le monde est d'accord sur les funestes effets des boissons provenant de la distillation, prises habituellement à hautes doses. Elles détruisent lentement l'organisme, causent de nombreuses maladies : l'aliénation, la tuberculose; diminuent la force de résistance du corps vis-à-vis des affections épidémiques et autres, enfin elles amènent une dégénérescence fréquente chez les enfants de ceux qui se livrent à ce penchant, rendu par l'usage de plus en plus impérieux. M. Bergeron a pu dire : « Je n'ai «jamais eu la pensée d'affirmer que l'alcool soit un poison <( dans le sens absolu du mot, mais je dis et je maintiens « comme médecin, comme physiologiste, comme membre ((jde la Société de tempérance, que l'alcool si pur qu'il « soit, alors qu'il est très fréquemment employé, devient « un véritable poison... »

(c Faut-il donc, écrit M. Dieudonné [Compte rendu des « travaux du conseil de salubrité publ. en 1839), qu'une « substance, pour être regardée comme dangereuse, pour « être qualifiée de poison, occasionnât instantanément « des douleurs atroces et jetât immédiatement notre orgau nisme dans d'horribles convulsions suivies bientôt de la « mort? Ah ! gardons-nous de sanctionner et de propager « une semblable erreur dont découleraient pour la société « les plus funestes conséquences; ne nous bornons pas à

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« signaler les dangers i)résents, mais sachons aussi prévoir « ceux qui sont possibles. »

Après les savantes dissertations qui ont eu lieu à ce sujet au sein de rAcadéniie de médecine et l'expérience de tous ceux placés à même de constater la slliialioii des. classes laborieuses, il faut conclure avec M. Boiichardat « que, de l'avis, des philosophes, des médecins, des obser- « vateurs, l'ivrognerie est devenue dans notre Europe la « plus grande cause de la misère ». Or cette ivrognerie présente des caractères particuliers lorsqu'elle provient de la consommation de l'alcool fabriqué avec des substances autres que le grain de raisin, ou mélangé à des ingrédients destinés à dévelopi)er ai'lihciellement la saveur, la couleur, le bouquet, ingrédients (juehiuefois toxiques par eux-mêmes comme l'absinthe.

Quel est maintenant le degré d'acuité de ce funeste penchant, plus désastreux que les guerres ou les défaites? Est-il en voie de diminution? La réponse est facile. Tous les peuples du Nord sont envahis, ceux du Midi, de la haute-Italie, par exemple, commencent à être atteints. Les Gouvernements efl'i-ayés cherchent des palliatifs dans l'impôt sur l'alcool, la réglementation des débits, etc. Remèdes à peu près inellicaces.

En France, les populations url)aines se trouvent plus largement contaminées que les populations rurales, quoique jusqu'à un certain point la contagion ait gagné la campagne. On peut diviser du reste le territoire en plusieurs régions.

Régions oi'i I'dm possède du vin naturel et ;ï bon marché. Exemj)tion de l';ii)iis di's boissons (bslillées.

Régions où l'on consoiniiie de hi i)ière de bonne qualité ; situation à peu près ideiili(|iie. l-e cidre, im-me i)ieii f;ii)ri- ({ué, n'(!st pas une cjuise égah> d'imuninite. (Jiuml aux mauvaises bières et aux mauvais cidres, loin de contribuera dimiuuei- la consomnuition alcooli(iue, ils ont pour cfTet de l'augnuMiter.

D'un autre côté l'eau-de-vie agissant avec d'autant plus

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(ractivité que Testomac est vide, les sujets pauvres et en conséquence mal nourris qui l'absorbent ressentent rapidement ses pernicieux effets. Cette influence salutaire du vin est d'autant moins contestable que si l'on compare des statistiques embrassant plusieurs années on voit que, par suite de l'envahissement du phylloxéra, les contrées duCentre, sevrées en partie des vins du Midi, qu'elles recevaient facilement autrefois, sont attaquées d'une façon continue par l'alcoolisme.

En ce qui concerne le nombre des cabarets, depuis la loi du 17 juillet 1880 abroo-eant le décret de 1851 qui exigeait l'autorisation préfectorale préalable, il est passé de 356,833 en 1879 à 442,301 au 31 décembre 1885 (1). En France on compte un débit pour 94 habitants; chiffres fort alarmants, car si l'on examine les documents publiés au Ministère de la justice, i)ar M. Yvernès, on trouve que, sauf quelques perturbations dues aux grandes agglomérations de Marseille, Toulon, Bordeaux, la quantité moyenne par litre d'alcool absorbé, correspond exactement aux poursuites pour ivresse.

« Une déduction indiscutable des renseignements statis- (( tiques, ajoute l'éminent statisticien, c'est que les poui"- « suites sont bien plus fréquentes dans les départements (( qui consomment de l'alcool d'industrie que dans ceux « qui récoltent et consomment des alcools de vin. C'est « donc sur la fabrication et la vente des boissons spiri- « tueuses que doit se porter l'attention des autorités. »

L'alcoolisme grandit; le rapport récent de M. Claude l'a mis parfaitement en lumière. Que doit-on faire en présence d'une telle marée montante? La plupart des États, nous venons de le dire, élèvent les impôts sur ces boissons, espérant entraver le mal tout en se procurant des ressources pour leurs budgets. La Russie possédait même le monopole de la fabrication, monopole qu'elle cédait à des traitants ; elle a renoncé depuis plusieurs années à ce

(1) Le Bulletin de statistique du ministère des finances [BuUetiu d'avril 1887) donne, pour 1886, le chiffre de .i08,622.

cil AIMTUI-; Il */

système (iiie le cliaiicelifi- (rAllciiia^iie voulait faire ciitit'i" dans son plan de réformes économi(|ues. D'autres gouvernements, l'Angleterre, l'Ecosse ferment les cabarets à des jours et heures <léterminés; les résultats obtenus sont peu considérables; on tounu' la i(ti : an lii'u de l)()ire dans la boutique, on livre aux consommateui'S une chambre l'elii'ée de l'établissement. Le dimanche soir, il est dillicile de pai'courir les rues des villes écossaises : elles appartiennent aux ivrognes.

Les Pays-Bas, qui faisaient partie des nations où la liberté absolue de fonder des débits existait, viennent, en en 1881, de promulguer une réglementation de ce genre d'industrie ;on comptait alors 45,154 débits ponr 4 millions d'habitants. La Suède a adopté une législation ti'és sévère; gn'ice à la forte constitution de sa vie cominmiale, elle a obtenu une amélioi-alion i-éelle. Lutin les grandes sociétés de tempérance ont jiroduit d'heureux etfels en Amérique, en Angleterre, en Irlande; elles paraissent cependant susceptibles d'une application i-estreinli; chez nous, où la loi du !."{ févriei' I87l{ a été salutaire et le sei-ail encore davantage si la poiiticpie n'intervenait pas, là comme ]>ailnnl, |M)iir leiidre innocent chez les uns ce qui serait coupable chez les autres. Les agents, mal soutenus contre les attacpies de la presse, aiment mieux fermer les yeux (pie d'iiseï' (rime légitime sévérité.

Il ne faut pas songer à revenir à l'autorisation préalable de 1851, en livrant ainsi rcniverlni'e des débits aux cai)rices des Pi'éfels toujours disposés à la transformer en œuvre de parli. Les lailliles (pii se niiil I ipliciil (le|iiiis quehpie temps saui'oiil amener une sélection nécessaire plus sùi'emenl (pie l'iiitervenlion partiale i\n jxuivoir. Mais on (loi!, cniiiine le (leinaiidail M. 1". l'assy. « en rendant (( au droit commun l'exercice de la profession de (bdiilant, « livrer' du même coup au diitil commun, sérieusement « appli(pie, la ré[)ression des abus et des délits. Il faut « exiger (pie les propriétaires de c(!s élablissemenls ne «soient pas ornes d'un casier judiciaire ; faire observer

« les dispositions tutélaires de la loi de 18J3 ; opérer à u l'improviste des pi'élèvements sur les marchandises « mises en vente, et punir sévèrement ces falsificateurs « éhontés, véritables empoisonneurs publics ». Le droit commun, rien que le droit commun, la justice ordinaire pour sanction, en veillant toutefois à ce que des marchands ne s'opposent pas à ces prélèvements, sous prétexte qu'ils sont députés, ainsi que cela a eu lieu dans le département de la Seine (1).

Il serait désirable de voir en outre relever les droits de patentes et de licences, établissant une distinction entre les négociants qui s'astreignent à ne débiter que des boissons fermentées et hygiéniques (vin, bière, café, thé, etc.), et ceux tenant à la disposition des consommateurs des produits de la distillation. Autant les premiers payeraient des patentes et licences aussi réduites que possible, autant celles des seconds seraient portées à un chiffre élevé. « 11 ne s'agit plus, en effet, ici, disait M. Paul Coq, au congrès de 1878, d'un droit qu'on accorde ou qu'on refuse à son gré ; il s'agit d'une taxe différentielle attachée aux diverses exploitations. » Il faudrait en outre faire revivre certaines dispositions réglementaires votées par la Chambre en 1884 et comprises dans un projet de loi dont l'ensemble fût finalement repoussé. Ces dispositions obligeaient les négo-

(1) Conseil municipal de Paris, séance du 21 décembre 1887 :

M. Roussellc. — A Paris, on frappe les petits débitants et on ménage les gros négociants.

M. Alphonse Humbert. — Surtout quand ils sont députes.

M. Emile Richard. — Il est certain qu'à Paris on a une tendance à atteindre les petits débitants et à épargner les négociants en gros.

C'est qu'on part de cette idée que le fait de la livraison des vins à un cntrepositaire et de l'cntrcpositaire au négociant n'est pas acte de consommation, et que la consommation ne commence qu'au moment où le vin est livre au consommateur.

Il y a là une fiction juridique qu'il est impossible de tolérer.

Nous demandons que l'action du Laboratoire s'étende à tout le département et nous demandons également que le Parquet n'oppose plus, à l'avenir, de fins de non recevoir aux constatations du Laboratoire quand il s'agit de gros négociants ou lorsque des raisons politiques sont en jeu.

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ciants en vin, débitants, à indiqnei', sur leurs fûts et récipients et sur leurs factures de livraison, la nature des produits qu'ils mettent en vente, sous l'une des désignations suivantes ; « vins naturels; jus de raisin sec », toute infraction tombant sous l'application de l'article 473 du Code pénal. Cette prescri{)tion ])rop()sée par M. Benjamin Raspail, acceptée par le gouvenicmont et la commission, aurait certainement amené (riicurcusos conséquences (1). Elle se lie au iJi-ohlème du vinaf:;e des vins que nous n'avons point l'intention de traiter ici, nous bornant à faire remarquer, avec le D"^ Lunier, qu'en ajoutant, comme cela a lieu si souvent, des alcools d'industrie, jilus ou moins rectifiés, une pareille opération ne peut être considérée ■comme du vinage, mais bien comme l'alcoolisation de produits malsains destinés au public.

Enfin il est juste d'augnientei- l'impût sur les boissons <listillées, ofTrant un fort rendement budgétaire uni à i'avantage de frapper une matière qui est loin d'être de première nécessité. L'Angleterre entre plus largement que nous dans cette voie; il serait bon de suivre son exemple, sans avoir l'illusion de croire que les taxes seules peuvent tuer ral('()()lisine ; l'expérience du passé démontre le contraire; les impiHs somptuaires n'uiit jamais eu raison du luxe. C'est cette jteiisée (pi'exprimail le gouvernement dans un projet de loi déposé à la Chambre le 16 mars 1886 : <( L'alcool est une matière essentiellement imposable et <{ l'intérêt fiscal est de lui faire supporter une nouvelle « charge, d'autant plus (pi'il est moins imposé en France u (pi'cn An^lcIciTc, en i{iissie, en Norvège, en llollanch', iy aux Klats-l'nis... .Nous ne croyons |)as (pie la C(»nsom- « matiun aclindle diniiniu', mais l'aiius tendra moins à se « développer. »

(1) Dans la sc'-anro du 23 uclohrc 1888, le Sénat vota en deuxième lecture la proposition do MM. Grille, Lishounc et Combescurc, ayant ))Our objet d'indiquer au nuisoinni.itfMir la natiiiN^ du ju'oduit livré ù la consommation sous le. ui>ni de vins, cl, di; iin^vciiir les l'raudos en matière de vcule de ce iiniduit.

Il faudrait aussi encourager les sociétés cle tempérance ; placer partout des avis dans le genre de celui rédigé par lAcadémie de médecine en 1871, qui fait toucher du doigt les inconvénients des boissons distillées; mais le seul antidote efficace est le vin et en général les boissons fermentées de bonne qualité ; c'est là que se trouve le remède. Le patrimoine viticole de la France a été amoindri par de terribles fléaux ; le devoir des gouvernants est de seconder les efforts énergiques accomplis en vue de reconstituer ce domaine national. Que Ton exonère donc de redevances les terres où la vi.gne se replante ; que l'on favorise ce mouvement sur le continent et en Algérie (1). Pour empêcher l'alcoolisme d'abrutir des générations entières, que le vin coule librement d'une extrémité à l'autre du territoire. Qu'on abaisse les droits d'octroi, de circulation, etc. Tout droit sur les objets indispensables à la vie du peuple est homicide. M. Hipp. Passy, dans son article de l'impôt inséré au Dictionnaire de l'Economiepolitique, a démontré que « les impôts de consommation sont des impôts progressifs à rebours, pires pour le pauvre qu'une capitation proprement dite, et pesant de la façon la plus funeste sur le bien-être et le développement de la partie de la population qui a le plus besoin de réparer ses forces ».

Voulez-vous, et ce sera notre conclusion, empêcher qu'on aille à l'alcool ; mettez le vin, le vin naturel et sain, sur le chemin des travailleurs, dont cet alcool détruit la vigueur, abrège la vie, compromettant ainsi l'avenir du pays.

§ 3. — DE LA PROTECTION DE l'aGRICULTURE

Les peuples européens habitant un sol épuisé, ayant à soutenir le poids de dettes contractées par une longue

(1) La loi du l**"" décembre 1887' tendant à exonérer de l'impôt foncier pendant quatre ans les terrains nouvellement plantés en vignes dans les départements ravagés jiar lo phylloxéra répond à une véritable nécessité sociale.

CIlAl'ITllK II oi

sérif (le guiivcnieinciits se ti-niivciil a[)[>('lés à cnti'cr eu lutte pour tous les geures de produclious avec l'Amérique, l'Australie, et au siècle prochain avec l'Afrique, terres neuves et par conséquent sans charges accumulées, sans histoire. Afin (le soutenii' cette lutte, il l'aiidr.-iit réduire, dans les plus extrêmes limites, le moiitanl des impositions (pii pèsent sur les ])ro(lucteurs ; et encore la situation économique du monde imposerait-elle des sacrifices aux vieilles races de nos contrées. Loin de suivre cette méthode si sage, les gouvernements européens s'abandonnent depuis vingt-cinq ans à une orgie de dépenses ; le pied de paix coùt(; plus chei' (ju'une guerre d'autrefois ; la centralisation administi'ative gagimnl de ])roche eu proclu» ci'cuse encore le goullVe; les travaux publics, lamariiu' militaire, tous les services en un mot coiilrihueut rapiilement à aggrave!" la situation.

Les charges publiques deviennent excessives en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre; chez nous les budgets équilibrés après la gueri'e de 1870-1871 présentent des déficits constants ; on dépense des milliards pour uii plan gigantesque de travaux en partie im|)roductil's, le Budget de l'armée est le i)lus élevé de rKuntpe . les fonds des caisses d'épargiui servent à mascpu-r des empi-unts qu'il faut ensuite consolidei*. Noti-e intention n'est pas ici dt^ reproduire des faits connus de tous et rendus si évidents par MM. P. Leroy-Beaulieii. I.e Trésor de la l{o(iue et Ic': discussions approfondies (pii ont pi'éci'dé le V(de des Budgets de 1887 et 1888, discussions au cours desquelles a eu lien le vote de cette résolution ('ainense:^ ni em[)runls. ni iinp("its, des économies. »

I']m prés('nc(? de c(!tte crise, tpie decide-t-ou? Les classes rurales se soiil portées avec ai'deiir vers une solution ipii paraissait leui' offrir iiin' plaiiclie de saliil : hi proterfion. On a successivement établi des droits protecteurs sur les blés étrangers, les céréales, les bestiaux, l/agî-icultiire retirera-l-elle dr^ a\antages st-rieiix el tliirahles de ces taxes? .Nous ne le crovons pas. Le libre-ecliange a li'ouvé

a-i UE L ASSISTANCE DES CLASSES RURALES

dans les deux chambres des avocats nous dispensant de reprendre un sujet épuisé. M. F. Passy a combattu sur la brèche avec une ardeur toute juvénile qu'aucune défaite ne pouvait décourag-er.

Il est évident qu'à l'action lente et progressive des forces économiques, ces taxes substituent Faction brusque et arbitraire de l'État, cause puissante d'instabilité industrielle. De plus les exigences protectionnistes présentent un autre danger non moins redoutable; à une époque où le socialisme d'Etat prend un développement inquiétant, elles donnent aux classes ouvrières l'exemple du recours au gouvernement comme moyen facile de vaincre les difficultés. On demande des bénéfices, on lui réclamera bientôt des salaires et, comme ces moyens empiriques ne peuvent avoir aucun effet durable, les masses rendnmt les gouvernants responsables des insuccès au-devant desquels elles se seront précipitées.

Il ne faut jamais perdre de vue que deux grands facteurs ont apparu dans le monde moderne : la vapeur et l'électricité, brisant les barrières, rapprochant les peuples. Alors qu'au siècle dernier il s'agissait d'établir lalibre circulation des produits alimentaires de province à province, c'est de nation à nation que le même phénomène doit s'accomplir. L'idée de lutter par des tarifs contre ce courant qui s'impose, constitue une erreur économique et politique, une illusion semblable à celle de l'enfant amassant de fragiles dunes de sable en présence des flots suivant irrésistiblement leur marche ascensionnelle jusqu'à un point déterminé. Ainsi que l'a si bien dit M. Passy (séance du 9 février 1885 : « Quand il s'agit de pain, quand il s'agit de « viande, on ne discute pas, on ne met pas d'entraves à la « consommation, on ne met pas d'obstacles à l'arrivée de M l'aliment, on n'élève pas de barrières entre l'aliment qui « cherche la bouche et la bouche qui appelle l'aliment — » w Je suis libre-échangiste, s'écriait au Parlement italien H M. le sénateur Jacini {'il avril 1885), et je crois que « l'avenir des peuples civilisés se trouve dans le libre-

r.IlAlMTMK 11 î)3

« échange ; je crois que la leutalive de résurrection pro- « tcctionuiste que nous voyons se manifester en Europe « aura une courte durée, car elle constitue un anachro- « nisme qui contraste avec le développement continu dee « moyens de communication, moyen tendant à faire du « globe un vaste champ de production. » ' I quaii mezzl tendono a far di tiitfo il ijloho vu solo vaslo Inbaralorio.)

En présence des soutlrances réelles de l'agriculture, il fallait établir quelque chose de plus durable que de protéger le producteur aux dépens du consommateur comme si leurs intérêts n'étaient pas étroitement liés. Il fallait dire aux populations rurales; vous souffrez et vous croyez alléger votre situation en demandant des droits prohibitifs, vous vous trompez, cette réfoi'uie est illusoire, c'est toute la charpente de l'Etat qu'il est nécessaire de transformer, afin d'alléger les charges ((ui pèsent sur vous et de les répartir plus équitablement. Si cette majoi'ité de '.WW députés contre 231, qui s'est rencontrée, le 14 mars 1887., pour porter |le droit sur le blé îi 5 francs, avait eu plus le sens véritable des intérêts du pays, elle aurait élaboré des réformes et refusé ces droits (|iii riidormciil les populations dans une fausse sécui'ité poiii- n'iidrc Iimii- réveil plus terrible.

I \. — LKS HKI'OHMKS

Nous ap|t('lons d(! tous nos vo-ux des n'Ioniics; rlIcK s'imposent, si l'on veut sauver la (•rancc; la plupai-t de (U'S réformes d'or-dre inlt''iieiii' di-priideid des poiivoji-s |)Ublics; d'aidr-es. loiit m t'tanl iiileriial ioiiales. mefileiil au moins (|Uiî des t-lloils soienl Icnles en vue de 1rs laire aboutii". Elles s(! divisent en (rois groupes prineipaux : Administration — imj)ôls service militaire.

I" Adnii/iisIrnli'iH.

Lorsque le premier (lonsid, crpreiianl les li-adilious du pouvoir absolu, jeta les londenients de l'oidrc Imreauera-

tique ([ui nous gouverne aujourd'hui, il n'y avait ni électricité, ni chemins de fer, tout au plus des routes en médiocre état; les délégués du pouvoir central devaient donc être placés partout à la portée des administrés. Le futur emjtereur voulait d'ailleurs un peuple soumis à ses volontés, et il englobait dans une même l'éprobation les idées jacobines et les principes de la décentralisation. Les régimes divers qui se sontsuccédés depuis quatre-vingts ans, quelle (ju'ait été leur forme : royauté de la charte, royauté constitutionnelle, empire, république, ont tous continué les mêmes errements, et c'est à peine si les conseils élus ont pu récemment recouvrer la nomination des maires. Le self government tend à augmenter, ou du moins à maintenir, la richesse dans les communes, à y retenir les populations; en France nous ne connaissons que les Bureaux. Sous leur despotisme permanent, les caractères se sont affaissés la vie n'existe })our ainsi dire plus dans nos provinces ; on y attend en toutes choses le mot d'ordre de Paris, et les gouvernements peuvent paraître ou dis[)araître au milieu d'une indifférence presque générale.

Le pouvoir central essayant de mettre à profit cette apathie universelle a une tendance constante à accroître le nombre de ses fonctionnaires, agents dévoués de ceux (pii les payent et qui à la moindre velléité d'indépendance savent les révoquer. Les cadres s'encombrent d'une foule de nullités, parents ou amis des puissants du jour; d'après un tableau joint au rapport de M. le sénateur Millaud sur le projet de loi portant fixation du budget général des recettes et dépenses de l'exercice 1H<S(;. le montant des pensions civiles qui était en 1854 de 12,51)3,000. s'est élevé en 1885 à 34,077,000 c'est-à-dire qu'il a presque triplé.

v.\\ effet non seulement on a multiplié les places, mais comme cette manne gouvernementale ne pouvait satisfaire tous les affamés, et qu'il fallait de^mniveaux appâts électoraux, on a abaissé l'âge ordinaire des retraites, mis de côté les tièdes, et, lors de la discussion du budget de 1887, M. Léon Say a pu citer le bureau d'un ministère

iiiAriTiii: Il .1.»

qui comptait à lui seul (iiialrc chefs, trois à la icliaitc, tous vivants, et le (|iiatririii(' en activité; en iioilaiit.ee qui n'a rien d'exagéré, les reli'aites au tiers des a|»|>oiiitenients, on payait ainsi au niininiuiu deux ti'ailenients eiilii'is pour une seule [ilace.

De plus, cette bureaucratie pousse aux dépenses sans limites et sans mesures. Le but final d'une bureauciatie toute-puissante, irresponsable, est de jj;aspiller beaucoiip pour accroître son inlluence. Le i-ève de tout chef consiste à augmenter assez son service pour ])asser à un grade supérieur ; en vue de satisfaire cett(>aml)iti(ui, ou invente des travaux iiudiles, faisant païailre nécessaires des employés supei'lhis, et on loiiclie un siippiénient minime de traitement après avoir ])rélevé dans la bourse des contribuables, 50,000; 100,000 francs consacrés à des entreprises sans intérêt poui- le pays.

Lorsqu'on rétlédiil ipie ce mouvement se produit d('|uns près d'un siècle, (piil lunlimie sa marche, on ne doit vivo étonné que d'une seule chose. c"esl ipie la l'iaiice ne soit pas encore compléteuu'id i-uinée.

Diminuims ces parasites; (loiiiioiis-leiiravec plus de res- [(onsabilité personnelle une iiieilleiire coniprelieiisioii d(^ leurs devoirs envers la socii'le , reronnoiis un \ l'Ieineiil vieilli, qui nous élouife, sachaiil nous soii\enii' (|ue la France de IHHH ne resseudde en rien à la l'raiice de l'an VIII ; les cenlaines de iiiilliuiis, (pic l'on ('cononiisei'a ainsi, fei-ont |ilus pour le rclevenieiil iialinn;il (pic des droits sur les objets de (diisoinnialion.

"1" //AS- flllfùfx.

Les inqx'ds proveiianl des emprunts accumules I , des guerres, des révolulions inleiieiires, delia\aii\ prématurés, accomplis sans cconoinie allcigiienl un cliilli'e ecra-

(I). V<ii(i (•(iiiiiiii'lll .s'rxiniiiic M. Ciiiiilli' l'rlii'l.ili iliscii-isii.n ilii hiid-rct (l(; 1«88, s.'-.iiicc <lii C fc'-vi-icr ISKKj :

K (^iiaiid iiKiis rcciimiin'iicons les fiiutcs di- ims |ir<''(li''ccss('iics, imii-; avons mi iii.ilhriii- : c'csl celui d'iiri-ivi-f li--; dci-iiii'i's. Kii mal'u'-i'i' de

saut. Dans son rapport récent sur l'industrie de la soie;. M. de Lanessan. que l'on ne suspectera pas d'hostilité envers le régime actuel, écrivait : « N'oublions pas que la

dettes, chaque année porte, avec le poids de ses fautes, le poids desfautes antérieures. Il en est des Etats comme des particuliers : ce n'est qu'à la longue qu'on se ruine par l'endettement perpétuel ; mais il! arrive une heure où la coupe déborde. Tout le monde sent que nous approchons de ce moment, en face de cette dette prodigieuse, sansexemple dans l'histoire, sans exemple dans le monde, qui pèse sur nosfinances et qui dépasse actuellement 20 milliards.

(( M. Gaillard i Vaucluse). Elle est de .'32 milliards.

« M. Camille Pclletan. Non ; mais elle a fortement dépassé 20 miiliards.

« Eh bien, en face d'une dette aussi énorme, quand tous les ans, avant de donner un centime aux besoins actuels de la France, nous sommes obligés de prélever sur les contribuables une somme formidable de plus d'un milliard pour la jeter dans le trou l)éant du passé, sans aucun profit pour la génération actuelle, quand ce budget mort envahit, ronge graduellement le budget vivant, arrive à l'étoulfer, à y étrangler la part disponible pour les besoins actuels; quand, vivant dans un milieu où la concurrence économique est la loi dominante, on doit songer que l'énorme contribution prélevée pour ce Ijudget mort pèse sur la production nationale et le met en infériorité vis-à-vis de ses rivaux; quand, à une époque où l'on ne sait pas ce qui peut sortir des menaces du lendemain, on se rappelle que le crédit financier d'un pays est peut-être l'arme la plus nécessaire de la défense nationale, on n'a pas le droit de s'oublier, on n'a pas le droit de s'endormir. (Très bien ! très bien! sur divers bancs.) Il faut en finir... c'est le premier devoir de la Chambre et du Gouvernement, c'est la première des urgences nationales. (Nouvelles marques d'approbation)

« Quoi qu'il en soit, dégrèvements sans réformes, dépenses sans mesure, dégrèvements excessifs et dissimulés, déficits considérables, Yoilà quelles furent, pour la fortune de la France, les conséquences de ce déplorable esprit politique, qui semble ériger en système que l'art de gouverner consiste à se retourner, à se débrouiller au jour le jour, à remplacer les solutions par des ajournements et les principes par des expédients, et qui, mettant une sorte de jxiint d'honneur à se faire un horizon de la minute qui passe, nous a conduits à dévorer la prospérité présente et à engager la disette future. (Très bien ! très bien !) » De son côté M. Hugot disait au Sénat (séance du 25 mars 1888, discussion générale du budget.) {Officiel, p. 394.)

« Une dette nationale, départementale et communale de 37 milliards en capital qui se dresse, au milieu des engagements des autres États du monde, comme une sorte de tour Eiflel et en face, comme pour mieux en faire ressortir la gigantesque hauteur, un amortissement minuscule qui, à vrai dire, quand on l'examine de près, n'est qu'un simulacre d'.xmortissement, une ombre d'amortissement. •

ClIAl'lTKE II >)T

« France est de toutes les nations de l'univers celle qui « paye les inip«jts les plus lourds ; elle est de toutes celle « où le service militaire a le i)lus d'exigences réelles; « autant de causes qui forcément élèvent le prix de revient « de tous les produits. Diminuer les charges du pays ce « serait abaisser la main-d'œuvre de l'agriculture et de « l'industrie; diminuer les charges militaires ce serait au^- (( menter le nombre des bras qui manquent à la produc- « tion. »

Ces impôts se divisent en contributions directes et taxes assimilées — imp<H sur le revenu des valeurs mobilières — impôts et revenus indirects. Examinons ces sources diverses du budget.

Parmi ces impôts directs, est-ce que celui sur les portes et fenêtres ne contribue pas à entraver, dans les campagnes, les progrès de l'hygiène engendrant par suite des maladies, puisqu'il empêche les paysans d'avoir des habitations suffisamment aérées? Est-ce que la loi ne devrait ])as établir qu'au-dessous d'un minimum d'ouvertures, reconnu nécessaire pour assurei' la santé, il n'y aurait pas perception de droits? Ces imp(Hs directs, qui ont augmenté faiblement en eux-mêmes depuis une dizaine d'années, pèsent d'un poids énorme, si l'on y joint les centimes additionnels départementaux. Comme l'a établi M. Clément (séance du 1" mars lH8(î : «Ces centimes dé- « passaient en 1HH:2 U\ principal de ri millions, ils s'élèvent « aujourd'liui ;ï plus de ii. Eu elVct, dit riionoi-able Séna- {( teui", prenez le budget de 1HH(!. vi vous y trouverez « les chiffres suivants : centimes additionnels commu- « naux et départementaux sur la contribution foncière « 193,003,937 francs; le principal est de 178,r)07.()()Ofraiu-s « l'excédent des centimes additionnels est (h; 1 4,i.'{S,937 fr, « Vous n'aurez pas cependaid niu' juste idée de ces charges u comniinudcs si vous ne prenez ipie l;i moyenne. Dans i( un canton voisin du mien, (pii est composé de neufcomi( munes, toutes les (•(unmum's, sauf une seule, payent « des centimes additionnels supérifuirs à 100; l'une paye

;i8 DE l'assistance DES CLASSES HURALEs

« 127, une autre IHO, une autre 171 ; si vous ajoutez à ces « centimes communaux 62 centimes départementaux, u vous arriverez à dépasser le chilTre de 200 et môme « 230 centimes. De telle sorte que dans ces communes, w lorsque Ton paye 100 francs à l'État, on paye jtlus de (( 330 francs de contributions en totalité. »

M. Paul Leroy-Beaulieu avait déjà signalé cette situation {Économiste français, 8 avril 1882) : u On se trouve en « présence de deux faits graves, d'un côté la profonde u indigence d'une foule de communes ; de l'autre côté la u tendance au développement rapide de leurs dépenses. u Les budgets communaux continueront-ils à doubler tous u les vingt ou vingt-cinq ans, alors que le revenu de la <( propriété foncière rurale, source presque unique des re- (( cettes des petites communes, n'augmente plus ou aug- « mente peu? »

La resjjonsabilité de cette situation financière, véritable entrave i)0ur les progrès agricoles, remonte au Gouvernement; il a supprimé ce contrôle modérateur des i)lus imposés; il a fait miroiter aux yeux de Conseils peu éclairés les subventions de l'État, les entraînant dans des constructions scolaires fastueuses qu'il laisse maintenant à leur charge ; c'est ce même Gouvernement qui en haine de l'esprit religieux, a fait voler cet article inique de la dernière loi sur l'enseignement primaire en vertu duquel toutes les municipalités sont forcées de créer et entretenir une école publique alors que rinslruction est donnée gratuitement à tous les enfants dans une ou plusieurs écoles privées.

Cet entraînement funeste n'a pas du reste été toujours le résultat d'une erreur, nous ne voulons pas médire des administrateurs, toutefois les difficultés financières de certaines communes ont dû leur apparaître comme un gage assuré de dépendance, et peut-on en vouloir beaucoup à ces fonctionnaires dont la position dépend non de rapacité, non d'une bonne gestion, mais du résultat des élections. Lorsque l'on sème la corruption, comment

CHAIMTHE 11 ."iO

s'étonner des fruits que l'on i'éci)lte. Alin de faire saisir aux électeurs les danpjei's de ces exagérations de dépenses les feuilles (le i-ccoun renient des conlril)ulioiis devraient I»ort(M' dans trois colonnes distinctes: liiinxM principal, le montant des centimes déi)artenieiitaii\ et commuiiaux.

Mettre frein à ces folies coûteuses, ne pas laisser les communes libres, alors seulement qu'il s'agit de s'endetter; faire en un mi^t de sages économies, ne serait-ce pas cent fois préférable, au point de vue du relèvement de la culture, à une sui-taxe sur les blés ou les bestiaux étrangers.

Passons-nous au\iin|)(Ms sur les valeurs iiiobilièi-es et aux contributions indirectes. (|iie de rél'orines à iiilroduii'e ! depuis un siècle la l'ortiine pulili(|iie a changé de nature; d'innnobilière, elle est devenue en partie mobilière; existe-t-il une proportionnalité équitable entre les cbai-ges grevant les propriétés mobilières et les propriétés immobilières? On a, il est vrai, frappé les valeurs m(d)ilières ;en deliorsde la rente d'un droit de .'i %,on a égalisé les frais de niiitati<Hi par décès; cepi'iidaiil les liaiisactiniis entre vifs restent soumises à une inégalité révoltante. Il y a certainement une dinèrence entre Tacliat d'une terre de 1()(),(KK) francs et 100,000 IVaiics eu valeurs au poileiir. La transmission de la terre doit être eiiloiiiM'e de luniialiles destinées à (Ml assurer la p(issessi(ui; m'Niiiiiioins eiil re un total d'environ S à î),()n() lianes à ])ayer dans le preiniei-cas et iiiMins de 100 l'raiics soldés ponr le second, il existe une dill'érence (piil est facile d'alleiiiiereii dégrevant les ventes iininobilières.surloutcpiaiid il s'agit de parcelles cou ligues. .M. Méliiie a dil à la Irilmiie (|iie le-~ iinposilions |touvaient être évaluée^ de la inaniere suisaiile :

l'ropricle rurale ^.'i %

— urbaine I' %

— indiislriellr I !{ %

— lii(d)iliere V ^

l.a rente rrviani evcinple. <'.et le di\ergence profonde

appellerait des réformes. Il faut aussi, en vue de favoriser la constitution de la petite et delà moyenne propriété, voir disparaître l'obligation du partage en nature dans les successions et modifier en conséquence les articles 82G à 832 du Code civil.

Les premières économies réalisées sur l'énorme budget de la France doivent aussi être employées à diminuer les frais de transport des matières indispensables à l'agriculture, en même temps qu'un enseignement sagement organisé mettrait les paysans à même de comprendre les avantages que présente l'amendement raisonné des terres; des efforts ont été tentés; que sert la théorie si par suite du coût des transports la plupart des améliorations réalisables dépassent les ressources dont on peut disposer au village.

Des économies, encore des économies, c'est le remède véritable. « Les ouvriers portent au parlement leurs (( doléances, écrivait M. Leroy-Beaulieu [Econom. français, « 19janv. 1884), les députés risquent de se tromper sur la (( conduite à tenir. Il n'y a qu'un moyen de rendre avec le u temps à la France une situation économique satisfaisante, « c'est de modérer résolument les dépenses publiques, de « faire des économies sérieuses, d'arriver à l'équilibre « budgétaire sans impôts nouveaux, d'avoir une politique « conciliatrice qui rende à toutes les catégories de citoyens « un élément de vie, lequel s'est depuis quelque temps un « peu affaibli : la confiance. »

Voilà ce que les Députés et les Sénateurs auraient le devoir de mettre en pratique au lieu de leurrer les populations par des mesures ne pouvant procurer aucun soulagement durable.

3° — Service militaire.

Les Etats-Unis d'Amérique, avec lesquels.il faut lutter sur le terrain économique, entretiennent environ 40,000 soldats, L'Europe en temps de paix compte 3 millions d'hommes

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