‹ De l'assistance en provinceChapitre 11 sur 83 · LE NOMBRE DES INDIGENTS INSCRITS DIMINUE · texte numérisé non relu

LE NOMBRE DES INDIGENTS INSCRITS DIMINUE

besoins, et les associations particulières purent désormais d'autant mieux fonctionner et répondre au but de leur institution, qu'elles n'étaient plus elles-mêmes entravées par les sollicitations des pauvres parasites ou apocryphes.

Les chiffres ci- dessus se sont maintenus sans diminution appréciable ; mais, dans une ville importante , ce résultat est inhérent à la nature des choses et à 1^ concentration d'une population ouvrière nombreuse. Qu'une misère disparaisse , une autre surgit presque aussitôt; ce fait, il faut le dire, est indépendant de l'existence de l'œuvre de l'assistance, et ne saurait lui être imputé.

Avant de proclamer icomme principe absolu que l'assistance engendre l'imprévoyance, ne doit-on pas reconnaître que tant qu'il y aura des hommes sur la terre, il y aura des pauvres parmi eux, et que la vraie charité commande de leur ménager des secours , de même que la sollicitude de l'administration ou que la piété de bienfaisants fondateurs ont ouvert des asiles et des hôpitaux pour le traitement des maladies.

Si l'assistance peut, jusqu'à un certain point, encourager la paresse et l'imprévoyance , c'est lorsqu'elle n'est pas réglementée, c'est-à-dire lorsque la mendicité , étant libre , ceux qui en font profession recourent impunément aux moyens plus ou moins honteux inventés par cette triste industrie pour en imposer à la crédulité publique. Ces moyens varient à l'infini, et nos temps modernes ont eu et ont encore leurs œtirs

18 ROUERIFii DES MENDfAxTr».

de$ miracles. Chacun en connaît les détails; eependaiH, si Ton se hasarde à en scniter les mystères, oo est encore étonné d'apprendre les ressources înientées par ces génies en haillons.

Je ne citerai qu'un fait entre mille; il m'a été signalé par un honorable ecclésiastique , corè de Tune des paroisses de Nevers. Rencontrant demièr^nent un

habitant de l'une des communes voisines où il avait

précédemment exercé son ministère, il lui dmanda comment il allait , s'il était plus content de sa santé qu'autrefois. — t Aht pardine, oui, monteur le Curé, > répondit cet individu dont nous tairons le nom bien » connu ; depuis qu'on ne mendie plus , il faut bien » travailler et je n'en suis pas plus mal. > — Or, voici dans quelles circonstances M. le curé de Saint- P*** avait connu le père F*** :

La femme de ce dernier arrive un jour xhez le curé^ lui dit que son mari est au plus mal et le prie de venir l'administrer. — Le curé s'empresse de déférer à cette pieuse demande, trouve le père F*** étendu sur son grabat, la figure livide, les traits contractés, et se félicite d'avoir pu lui administrer à temps les consolations de son ministère et les secours de la religio».

Cependant le père F*** ne mourut pas , et reprenait peu de temps après sa vie de fainéantise et de mendicité.

Deux mois plus tard, même maladie, mêmes démarches auprès du curé qui, une seconde fois, administre encore les sacrements. Cependant, le retour à la santé se manifeste de nouveau.

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