‹ De l'assistance en provinceChapitre 27 sur 83 · DIBECTION DE L'ENSEIGNEMENT POPULAIRE · texte numérisé non relu

DIBECTION DE L'ENSEIGNEMENT POPULAIRE

l'instruction qai provoque les déclassements en ouvrant la carrière des intelligences méconnues ou celle des ambitions déçues, contient en soi les germes d'un mal social des plus graves ; mais qu'on nous permette de ne pas accepter ce ireproche et de dire qu'il ne saurait venir à l'idée des partisans les plus absolus d'un pareil système , de prétendre que nous avons agi sans discernement, en enlevant depuis cinq années dix-sept mille enfants à la vie de vagabondage , et en substituant pour eux, aux habitudes de la fainéantise, les enseignements de l'école primaire , l'observation de la discipline et les moyens de se pénétrer des préceptes de la religion et de la morale.

.... De la religion et de la morale ! car, ne le perdons pas de vue , la loi elle-même en a fait la base de l'enseignement; et, dans la pratique, les leçons de l'école sont intimement associées à celles du catéchisme, sous la direction du curé ou desservant , membre-né du comité de surveillance de l'école. Ce serait donc à tort également que certains détracteurs voudraient rechercher et critiquer l'esprit qui préside à la diffusion des connaissances primaires. Suivant eux, on ferait des enfants de nos écoles des savants , des demisavants surtout , imbus de préjugés , de préventions , et non des chrétiens pénétrés des devoirs que la religion enseigne. Mais ce reproche est aussi malveillant que calomnieux; car, aujourd'hui, le personnel de nos instituteurs présente les garanties les plus sérieuses. Élevés dans des écoles normales où l'enseignement

5U MORALIflATlON FAK LES ÈCOIMS DE niXES.

moral et religieux est en première ligoe , ils savent que la société leur demande de préparer, à leur tour, les enrauts qu'elle leur confie, à la pratique des devoirs sérieux de la vie de citoyen. L'amour et la crainte de Dieu, la discipline, c'est-à-dire le respect des lois et des institutions , tels sont les principes sur lesquels repose le programme des leçons qu'ils ont à répandre autour d'eux. EnHu, hàtons-nous de le déclarer, l'autorité préposée à leur surveillance et à leur direction, comme gardienne vigilante et fidèle de ces préceptes, s'applique constamment à en assurer l'exécution.

En dehors des classes dirigées par les instituteurs , n'avons-nous pas aussi les écoles de filles dont la direction est confiée à des institutrices non moins méritantes, appartenant souvent à de pieuses congrégations? La sollicitude des autorités locales et celle de l'administration s'attachent à multiplier ces centres d'enseignement spécial, dont les leçons sont appelées à exercer une influence si salutaire sur la génération qui s'élève; car, s'il est vrai, malheureusement, que les liens de la famille se relâchent, n'est-ce pas à la mère, à la femme, qu'est dévolu le soin d'en resserrer les nœuds?

Or, l'éducation des jeunes filles , telle que nous la comprenons dans les écoles spéciales , ne se propose pas d'autre but que de préparer les enfants à remplir dignement un jour le rôle qui leur est dévolu. Une mère chrétienne élèvera ses enfants dans l'observation des principes qui font l'homme rangé , l'homme laborieux et le bon citoyen. Régénérer la famille par la

L'ÉDUCATION ET LA FAHIliLE. $5

femme et par la mère, c'est régénérer la société dans ses éléments les plus essentiels , et toutes les mesures qui ont pour effet de préparer de tels résultats doivent être générdement protégées et encouragées.

L^œuvre de l'assistance est-elle de nature à les produire , à les fortifier? Les chiffres ci-dessus se chargeront de répondre et de prouver que les milliers d'enfants enlevés par elle à la vie de vagabondage ne peuvent que participer désormais dans nos écoles aux bienfaits d'une éducation des plus sûres.

Les efforts de nos maîtres échouent quelquefois , il est vrai , ou ne sont pas aussi fructueux qu'on pourrait le désirer ; ce n'est toutefois ni à leur zèle , ni à leur méthode, ni aux principes qu'ils enseignent qu'on doit s'en prendre, mais bien aux tristes exemples des familles , dont les membres , privés naguère des avantages d'une éducation morale et chrétienne, paralysent par ia grossièreté de leur langage, et souvent par l'iirégularité de leur conduite, l'effet des leçons données avec tant de soin à leurs enfants. Les parents , pour la plupart, défont le soir l'œuvre encore fragile édifiée pendant le jour par les maîtres ; c'est là qu'est le plus grand obstacle à surmonter; mais il ne saurait rebuter notre persévérance, et l'œuvre de moralisation s'accomplira avec le temps, au fur et à mesure que les préjugés, que la grossièreté ou que l'ignorance des générations d'une autre époque disparaîtront avec elles.

L'assistance, combinée avec la mesure de l'extinction de la mendicité , a donc été ^ans la Nièvre

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