STATISTIQUE DU DÉPÔT DE NEVERS
bienfaisante. Ces chiffres ressortent du tableau suiyant, qui nous a paru» d'ailleurs» pouToir être consulté avec intérêt :
Etat numérique des mmidiants condamnés et des indigents admis au dépôt de mendicité pendant les années 4856, 4857, 4858, 4859 et 4860.
NOMBKE
NOMBat
MIROIARTS
de mendiants
des indigents
condamnés
ANNéiS.
condamnés
admis
étrangers
admis
à titre de
au
au dép6t.
bienfaisance.
département.
Au l«r janvier 1866 » il existait
SI
Totaux. . . .
Total oiniKkh.
Ainsi, en Cinq années, 503 individus ont été internés au dépôt de mendicité de Nevers ; sur ce nombre, 342 mendiants condamnés appartenaient au département et 80 étaient étrangers. Les autres , nous l'avons vu , ont été admis par mesure de bienfaisance, et* comme seul moyen de donner une satisfaction prompte , et transitoirement au moins suffisante à ces
9h STATICTIQDB BC DÉPAT M WmBÊA
infortunes , dont la situation encore mal caractérisée échappe saccessivement à TbospitaUté spéciale d'nn asile d'aliénés , d'un hôpital ou d'un hospice d'mcorâbles. A ce point de vue déjà le dépôt de mendicité est une ressource précieuse pour l'administration, qui dispose ainsi d'un asile toujours prêt à abriter et à soulager certaines souffirances, jusqu'à ce qu'il soit permis plus tard de régulariser ces positions.
Quant aux 422 mendiants admis au dépôt après condamnation dans l'espace de cinq ans : 342 , on l'a vu y appartiennent au département et 80 soat étrangers. A l'exception des deux premières années, où le chiffre des admissions s'est élevé à
ii9, en 1856,
148, en 1857, la proportion s'abaisse considérablement dans les années suivantes. Elle n'est plus que de
80, en 1858,
68, en 1859,
87, en 1860.
Mais , par suite du roulement naturel des entrées et des sorties , la moyenne des reclus présents varie de 30 à 40. Rarement elle s'élève à 50. C'est le chiffre que le dépôt de Nevers est à même de recevoir. Il le dépasserait même au besoin, les bâtiments et le matériel existant pouvant facilement se prêter à un plus grand nombre d'admissions.
On se r^^pelle dans quelles circonstances cet établissement a été installé à Nevers. Le département
DES DâK^TS ÉTABLIS DANS fJKS TILLKS. 95
venait de décider la construction d'une nouvelle prison . Cette décision laissait sans emploi les bâtiments de Taneienne maison d'arrêt, précédemment instaUée dans les archives de la chambre des comptes des ducs de Nevers, totalanent insuffisants pour une population moyenne de 80 à 400 détenus. Mais, sur notre proposition , le Conseil général a pensé cpie le dépôt de mendicité pourrait y être convenablement établi au moyen de certaines appropriations peu coûteuses, et qui , par le fait, ne se sont pas élevées à plus de 3 ou 4,000 fr. Si Ton eût abordé au contraire Tidée de construire un dépôt spécial , soit à l'intérieur du cheflieu , soit dans les environs , il n'aurait pas fallu y consacrer moins de 60 ou 80,000 fr., et probablement même cette somme eût été de beaucoup dépassée. La combinaison proposée présentait, d'ailleurs, quant aux dépenses d'entretien, des avantages incontestables, sous le rapport de l'économie , en raison des facilités qui se rattachaient à la présence sur les lieux mêmes du médecin, de l'aumônier^ pouvant ainsi se contenter d'un modeste traitement; d'un autre côté, les sœurs de la Charité , chargées dans l'une des dépendances de l'établissement du service de l'assistance de la ville ^ étaient naturellement à même de prêter leur concours gratuit à la direction morale et religieuse des reclus.
Ces détails nous ont paru d'autant plus nécessaires que, dans l'exposé de la situation de l'Empire, présenté au Sénat et au Corps législatif par le Gouver-
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nement , à l'oavertare de la session de i 861 , on lit le passage saivant :
i Lia question de Textinction de la mendicité est » Tobjet d'étndes pratiqaes. Des systèmes diyers ont été » appliqués. Le meilleur^ celui auquel Tadministration » accorde le plus volontiers son appui , est le système » des dépôts agricoles. Les départements de Seine-et- » Oise et du Bas-Rhin viennent de l'adopter. »
Sans doute , il est facile de comprendre les avantages d'un établissement agricole, surtout si cet établissement doit, eu égard à l'importance de la population du département, prendre lui-même des proportions considérables.
Mais pour un dépôt de mendicité qui , comme celui de Nevers, présente un effectif de quatorze on quinze hommes et autant de femmes , parmi lesquels une moitié seulement est dans des conditions de validité suffisantes pour supporter l'épreuve permanente d'un travail actif, il serait à redouter que l'exploitation agricole dépendante du dépôt , fût souvent exposée à manquer du nombre de bras qui lui seraient nécessaires, et qu'on fût obligé d'avoir recours à des mercenaires pour mettre en valeur les terres de l'établissement. D'un autre côté, si l'on examine l'état des individus condamnés ou admis à titre charitable , on verra que ce personnel se recrute moins dans la population des campagnes que dans celle des villes. Beaucoup d'entre eux n'apporteraient donc aux travaux des champs qu'une aptitude assez médiocre , tandis qu'il nous a