‹ De l'assistance en provinceChapitre 40 sur 83 · IL Y A TROP D'ENFANTS DANS LES ÉCOLES · texte numérisé non relu

IL Y A TROP D'ENFANTS DANS LES ÉCOLES

Or, nous le demandons, y avait-il donc dans ces résultats si consolants matière quelconque à un refus raisonnable de s'associer à la mesure qui les produit? Aussi, hâtons-nous de le dire, il ne nous a pas été nécessaire d'insister beaucoup pour démontrer ce qu'il y avait de spécieux dans ces calculs.

Il est encore une autre objection à laquelle se sont attachés certains esprits, et qu'il suffit de faire connaître pour en prouver le peu de fondement.

Dans quelques cantons notamment , des fermiers et des cultivateurs se sont plaints que depuis la mise en pratique de l'assistance et de l'interdiction de la mendicité, tous les enfants fréquentant les écoles, il ne leur était plus possible de trouver de pâtres ou de gardiens pour leurs troupeaux. Dè&-lors, ajoutaient-ils, ils ne pouvaient se prêter, par le renouvellement des souscriptions , à une mesure qui n'était pas compatible avec leurs intérêts.

Ces objections , on le comprend , nous ont assez médiocrement touché , et loin d'y voir une cause de reproche , nous n'y avons trouvé qu'un moUf de plus dé nous féliciter des résultats obtenus.

Un chapitre entier de ce livre a été consacré à faire ressortir l'influence spéciale que notre oeuvre avait eue sur le développement des habitudes régulières de la jeunesse , en mettant un terme à cette vie d'oisiveté et de vagabondage, à laquelle les parents ne craignaient pas naguère d'initier leurs enfants dés le bas âge , soit qu'ils les envoyassent mendier pour eux-

on NB TROCVE PLUS DE DOMESTIQUES. 119

mêmes, soit que pour rendre plus intéressante la position d'un membre de la famille voué depuis long-temps à cette honteuse industrie , ils les lui confiassent à titre d escorte. Nous ne pouvons ici que renvoyer aux détails déjà reproduits plus haut , en rappelant précisément que les résultats invoqués contre la mesure à titre d'objection étaient à nos yeux autant d'ai^ments en sa faveur.

Quelques fermiers ou cultivateurs ont pu, il est vrai, manquer de jeunes pâtres ou ont été obligés ( ce qui les intéressait beaucoup plus) de rémunérer davantage les services de ceux qu'ils employaient , et aussitôt ils fulminent contre la mesure qui produit d'aussi tristes résultats. Que leur importe que dix-sept mille enfants aient été enlevés à la fange du ruisseau ou à ces habitudes de libertinage qu'ils contractaient trop souvent dans l'exercice accidentel , et, en commun, tous sexes réunis, des fonctions de pâtre! Que leur importe que ces enfants arrachés à l'ignorance, au vice, à l'abrutissement, apprennent dans des écoles morales à devenir de bons sujets, soumis, respectueux envers leurs parents et envers leurs maîtres, craignant Dieu et l'honorant, plus tard enfin, des citoyens honnêtes et dévoués I Que leur importe. . . . pourvu que pour un morceau de pain ou que pour le plus mince salaire ils puissent ramasser un enfant au hasard et lui confier la garde de leurs animaux les plus immondes 1

Si nous n'avons pas été assez heureux pour les con-

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vaincre, au moins avons-nous eu la satisfaction de flétrir énergiquement des calculs aussi honteux et de faire coropi*endre à ce vrai peuple , dont les nobles instincts ne sont jamais en défaut , que le véritable intérêt matériel et moral de ses enfants est de savoir sacrifier le gain problématique qu'un travail prématuré peut leur procurer , afin de leur assurer la possibilité d'être initiés à ces notions élémentaires qui sont aujourd'hui au nombre des conditions indispensables de succès dans toutes les professions, et qui , développées au besoin par Tétude , permettent à certaines intelligences d'y occuper un rang distingué.

Battus sur ces différents points , les plus récalcitrants cherchèrent encore à expliquer leur refus en prétendant que les pauvres recevaient des secours trop abondants, et que cette circonstance, qui provoquait à la fainéantise, les empêchait de recruter des domestiques aussi facilement qu'autrefois.

Sans doute , l'œuvre de l'assistance vient en aide à de nombreuses misères ; elle soulage des infortunes et apaise des souffrances, mais ses ressources ne sauraient lui permettre de donner à son action l'importance qu'on lui prête. D'ailleurs , en dehors des invalides et

des personnes hors d'état de travailler complètement , pour les antres, nous l'avons déjà dit, le secours n'est que le complément de l'insuffisance du travail. En moyenne , chaque nécessiteux ne reçoit pas plus de 25 à 30 fr. par an. Or, était -il possible d'attribuer raisonnablement à cette cause la rareté des

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