‹ De l'assistance en provinceChapitre 41 sur 83 · LES PAUYRES SONT TROP BIEN TRAITÉS · texte numérisé non relu

LES PAUYRES SONT TROP BIEN TRAITÉS

bras, dont le véritable motif provient de l'abandon de la vie agricole et de la multiplicité des émigrations des campagnes dans les villes ?

Loin de favoriser la paresse , les secours de l'assistance , telle qu'elle a été comprise et appliquée , relèvent la dignité de celui qui les reçoit. Il les accepte avec reconnaissance comme un témoignage de la pieuse sollicitude de ses concitoyens ; car il sait qu'étrangers au produit de l'impôt , ces secours sont une émanation de la charité.

Ainsi, la meilleure réponse qui pouvait être faite aux observations tirées de cet ordre d'idées , nous l'avons trouvée dans la statistique même des pauvres , dont le nombre ( de l'aveu de tous ) , a généralement diminué dans chaque commune. (Voir ci-dessus p. 15, le résumé de cette statistique.) En effet , et d'après les données de l'expérience, l'abondance excessive des secours ou leur mauvaise distribution n'auraient pas manqué de produire un résultat contraire. Le fait ne s'étant pas révélé , il a été facile de démontrer que devant la fausseté de la critique l'objection devait tomber d'elle-même.

Mais, disait-on encore, si les secours ne sont pas trop abondants, au moins faut-il reconnaître que le pain distribué aux pauvres est d'une qualité supérieure, et, en excitant leur sensualité, leur donne des habitudes excessives de bien-être. Dans les campagnes, et notamment dans certaines communes du Morvand , où Ton n'emploie pour la panification que la farine de

Page 1