ÉLAN GÉNÉRAL DES PETITS SOUSCRIPTEURS
de leur cœur , apprécié les bons et les heureux effets ; aussi étaient-ils jaloux à leur tour de s'associer à son maintien par le seul moyen qui leur était offert de l'assurer. Ils avaient compris que si l'interdiction de la mendicité entraînait des rigueurs contre les mauvais pauvres , il fallait que vis-à-vis des pauvres honnêtes et dignes d'intérêt , ces rigueurs fussent tempérées par des moyens de soulagement puisés dans la charité , et c'est ainsi qu'après cette épreuve solennelle du renouvellement, l'œuvre de l'assistance qui comptait, en 1855, 19,522 souscripteurs, n'en compte pas moins de 22,883 aujourd'hui.
Ces résultats sont des plus remarquables, si l'on réfléchit aux vides que le mauvais vouloir des uns, que l'hostilité systématique et jalouse des autres , que les calculs de l'égoïsme, peut-être même de l'avarice, avaient faits dans les rangs des anciens souscripteurs les plus aisés. Mais beaucoup d'entre eux n'ont pas encore dit leur dernier mot. Le moment n'est sans doute pas éloigné où ils céderont eux-mêmes à l'influence de l'exemple donné à tous par une majorité aussi imposante , car ils se rendent compte aujourd'hui que les résultats ont donné raison à nos prévisions, que le succès a couronné nos efforts , et que nous avions pu proclamer naguère, dans les conférences qui réunissaient autour de nous l'élite des magistrats et des hommes honorables de chaque canton, que l'œuvre de l'assistance était d'autant plus acquise à la Nièvre et surtout d'autant plus consolidée , qu'elle
Ll SUPPRÀM UmyEtSBL DE LA {^AIUT^ 129
aTait aujourd'hui pour base et pour appui le suffrage universel de la charité.
Oui , c'ast cette siajorité d'adhésions spontanémeot offertes, souvent même dans les rangs les plus infimes, ^uî {ait la force de notre mesure ; c'est ce concoure d^oué qui associe désormais le propriétaire aisé , l^ négociant , l'ouvrier et le simple journalier vivant dy fruit de son travail, à l'exécution des prescriptions de DOS règlements; c'est la convergence de tous ces ^M^iments qui doit empêcher dans l'avenir que le renouvellement des souscriptions ait à luttar contre des obstacles plus sérieux. Aujourd'hui, l'épreuve est faite et concluante; elle a pour sanction des faits d'une abnégation vraiment digne d'éloges.
Nous avons recueilli à cet égard, de la bouche de MM. les Maires, le récit le plus touchant de scènes attendrissantes. L'un avait souscrit par reconnaissance des services que la commission de charité lui avait rendus aux jours du besoin et de la souffrance. L'autre, bien que gagnant péniblement sa vie à la sueur de son front , avait voulu apporter le tribut de sa modeste offrande comme un témoignage de sympathie pour une œuvre dont il avait été plus qu'un autre à même de voir utilement fonctionner la marche.
Dans quelques communes , l'élan charitable fut tel , que MM. les Maires durent s'interposer auprès des souscripteurs et les inviter à proportionner leurs engagements aux ressources réelles dont ils pouvaient raisonnablement disposer.
ISO EXEMPLES TOUCHANIS DE GiNfiROSITt.
Qu'il nous soit encore permis, à cette occasion, de citer le passage du rapport que nous adressait Thonorable maire de B***, le 14 juin 1860. Il contient une preuve des plus intéressantes de ce qu'il est permis d'attendre de l'influence d'un maire qui prend sa mission au sérieux et sait inspirer à ses administrés une confiance aussi justement méritée :
€ Aujourd'hui, la liste, bien qu'inachevée,
comprend soixante-quinze souscripteurs, quinze de plus que l'ancienne , formant une somme à peu près égale à l'anciei^ne , c'est-à-dire suffisante et au-delà pour le service de l'assistance. » J'aurais pu, si je l'eusse voulu, obtenir une somme de beaucoup supérieure. Je ne l'ai pas voulu. Pourquoi ?
» J'aime à penser. Monsieur le Préfet, que vous approuverez ma détermination , et , pour cela , je suis obligé de vousfaire un aveu que voici :
> Depuis quatre ans , bien à regret , mais cela était juste , j'ai tiré d'assez fortes traites sur la bourse de mes administrés.
» 1** Par deux procès-verbaux, j'ai fait constater des anticipations antérieures à trente ans et des anticipations postérieures, environ cent parcelles. Les ventes ont eu lieu. La première est payée. La deuxième doit être réalisée ces jours-ci par-devant notaire. Aucune difficulté n'a surgi ; » 2* Un impôt extraordinaire de 19 centimes, pendant six ans, a été voté pour l'acquisition et