RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES SOUSCRIPTIONS
utile à l'œuvre générale de l'assistance , on verra que les sommes dont celle-ci dispose , et qui représentent le budget connu et ofQciel des seœurs délivrés à domicile, ne s'élèvent pas à moins de. . 290,366' 46
En 1860, le même ensemble- de revenus ne montait qu'à 284,541 69
C'est donc, par le fait, une augmentation de 5,824 77
augmentation sans doute peu importante , mais contenant la preuve irrécusable des bonnes conditions dans lesquelles l'œuvre de l'assistance aborde la nouvelle période qui s'ouvre devant elle , surtout si l'on réfléchit que , loin de s'accroître , le nombre des pauvres secourus tend plutôt à diminuer.
Si, pour préparer ces résultats, nous avons dû d'abord asseoir le système qui en est le point de départ sur des théories et des calculs , au moins avons-nous éprouvé la satisfaction de voir les unes et les autres confirmés par des faits, et surtout par des faits aujourd'hui convertis en chiffres.
L'épreuve est décisive. Les plus incrédules le reconnaissent et s'inclinent devant l'autorité de la chose jugée.
La publication par commune des résultats obtenus, et qui n'avait eu lieu que dans un but de constatation officielle, a seule suffi déjà pour exciter l'amour-propre des uns ou des autres. Pour quelques-uns même , l'heure des regrets a sonné, et beaucoup de récalcitrants sont venus spontanément exprimer le désir de
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ne pas rester plus long-temps en dehors d'une œuvre que tout le monde, ils en convenaient, devait avoir à cœur de soutenir.
Aussi , bien que n'ayant d'autre base que la volonté des particuliers, l'oeuvre de l'assistance, qui s'est élevée dans la iSièvre, nous le disons avec un certain orgueil, à la hauteur d'un grand service public, a désormais tous les éléments de vie et de durée. Ces éléments ne lui feront jamais défaut ; k cet égard , le passé et le présent garantissent l'avenir. Cette œuvre, qui répond, en définitive, à des habitudes de bienfaisance et de charité traditionnelles en France, est aujourd'hui passée dans les mœurs de la Nièvre , et les générations futures considéreront comme un honneur de la maintenir et de la perpétuer.
N'avons-nous pas cité plus haut des communes qui, jalouses d'entrer dans la voie que nos instructions leur ont ouvertes, se proposent d'assurer le soulagement de leurs pauvres par des secours directs et indépendants des ressources des souscriptions, afin de les maintenir intactes et de grossir d'année en année, par des placements en rentes, les revenus fixes de l'œuvre? Encore une période de cinq ans, avec celle qui vient de s'ouvrir, et nous n'aurons plus besoip de souscrire , disait-on , dans une conmiune importante , dirigée par un maire inteUigent et dévoué. Éclairés par ses conseils r i^s habitants ont compris que les sacrifices temporaires qu'ils s'imposaient , afin d'écoaonii^r d'année en année le montant de lours sous-
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triptions, étaient, non-seulement une oeurre méritoire, au point de vue de la constitution définitive du patrimoine des pauvres, mais encore que pour eux et pow leurs successeurs ces sacrifices étaient une véritable exonération à la décharge de l'avenir .
En entendant ces raisonnements et ces calculs, en autorisant, comme nous le faisons journeîlement, la conversion en rentes sur l'État ou en obligations du Crédit foncier de France des économies réalisées dans un but si pieux sur les revenus de l'assistance , nous avons été souvent amené à regretter que l'orçanisation qui permet de semblables opérations n'ait pas déjà une existence plus longue. Supposons, en effet, que sa durée remonte à vingt-cinq ou trente ans , c'està-dire à cinq ou six périodes quinquennales , et nul doute qu'avec un esprit de suite et de persévérance on ne fût parvenu à constituer partout des revenus fixes et perpétuels.
En définitive, le système d'appel à la charité privée et de sage administration dans l'emploi de ses ressources, n'est autre que celui qui a été la cause déterminante de l'existence actuelle des hospices , des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance.
La perspective de ces résultats si consolants suffirait seule pour faire comprendre les avantages inappréciables de la concentration des ressources de la charité, tandis que les efforts isolés, quelque méritants, quelque répétés qu'ils fussent, n'aboutiraient jamais à un résultat aussi sérieux.
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Aussi , quand certains adrersaires de notre systkoe avançaient que les souscriptions ne pourraient pas se maintenir , et que forcément on serait obligé de lear substituer le mode plus pratique de l'impôt» nous aurions pu leur faire remarquer qu'en aucun cas cette substitution ne pourrait se réaliser efficacement.
En effet, le chiffre de 200,447 fr. 78 c, montant des souscriptions ou autres ressources volontaires , ne représente pas moins de 10 centimes additionnels départementaux. Quel' est donc le département, quelle est la commune qui serait en mesure , sans nuire à la marche de ses finances , de demander à l'impôt an aussi grand sacrifice? Seule, nous le répétons, la charité pouvait se l'imposer, et seule encore, elle pourra, dans l'avenir, soit à l'aide de l'offrande spontanée du riche, soit au moyen de celle du petit propriétaire et même de l'obole du modeste journalier , continuer à réaliser cette grande œuvre de soulagement et de moralisation .
Nous l'avons déjà dit maintes fois^ et nous le répétons ici en toute sincérité , l'expérience des cinq années qui viennent de s'écouler, et le succès du renouvellement des souscriptions pour une seconde période quinquennale, ont été aussi concluants que possible.
Désormais , l'œuvre de l'assistance est acquise à la Nièvre , elle est aujourd'hui profondément entrée dans les mœurs , car elle satisfait à un besoin de premier ordre, celui du soulagement des misères. A ce titre,
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d'ailleurs , elle répond aux intérêts charitables de la population. Les résistances qu'elle a pu rencontrer céderont peu à peu , car elles ne s'appuient sur aucun raisonnement sérieux, et l'évidence achèvera de porter la conviction dans les esprits déjà ébranlés par la logique des faits.
Les personnes qui ont trouvé un motif de reproches ou de critiques dans l'intervention de l'administration comprendront les avantages qui en résultent au point de vue de la régularité. Telle qu'elle a été organisée, l'œuvre de l'assistance de la Nièvre, nous le disions plus haut, atteint aujourd'hui les proportions d'un grand service public , mais avec cette différence que la création des ressources est libre, que leur emploi est dirigé par des commissions dont les membres sont choisis tous parmi les souscripteurs , et que l'action oflBcielle ne se fait sentir que pour imprimer à leurs décisions une marche conforme aux règlements de la comptabilité. Pourrait-il t. i être autrement, quand il s'agit d'un maniement de plus de 200,000 fr. ? Aussi tious n'aurions pas pris nous-même cette initiative , que les commissaires l'eussent provoquée pour mettre leur responsabilité à l'abri, car, en définitive, ces écritures et cette prétendue bureaucratie, contre laquelle certains détracteurs s'élèvent, est la garantie d'une bonne gestion. Sans influence sur l'emploi et sur la direction des ressources, l'action administrative les réunit, les concentre, constate les faits accomplis et assure le placement des économies.
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Or , quand on réfléchit inx résultats obtenus dans ce sens depuis cinq ans» lorsque, malgré lesdiffiealtés inhérentes à deux années de disette et d'insuffisamcs, on voit quel a pu être l'effet d'une gestion qui se solde par une écommiie de plus de 300,000 fr. placés en rentes sur l'État an nom des pauvres de chaque (xm- 0uine , n'est-il pas permis de regretter que ce système n'ait pas été mis en pratique depuis longues années? car, avec cette persévérance, il est évident que la plupart des communes se seraient constitué des ressources suffisantes, il est évident qu'aujourd'hui elles seraient dotées de bureaux de bienfaisance pouvjmt très-largement pourvoir aux besoins de leurs pauvres. Ces considérations et cette perspective n'ont pas échappé aux administrations locales. Un grand nombre d'entre *elles , encouragées par de premiers résultats, se promettent dès à présent d'en poursuivre énet^iqnement le complément.
C'est à ce point de vue, il faut le reconnaître, que l'intervention officielle est des plus précieuses, car elle a pour elle la volonté, la direction et la régularité. Trouverait-on ces conditions essentielles dans une œuvre privée abandonnée à elle-même , les trouveraiton surtout réunies au même degré sur tous les points où elle est appelée à fonctionner? Il serait au moins permis d'en douter , et l'action tutélaire du patronage administratif devient, en pareil cas, un puissant auxiliaire pour la charité. C'est cette action qui provoque les libéralités, c'est elle qui leur assigne un but,
RIEN n'est impossible â LA GHABITt. 1^5
c'est elle qui les rend fécondes en les empêchant de s'affaiblir par la division.
Du reste, le système n'est pas nouveau. Ce que nous avons fait dans la Nièvre , dans des conditions permanentes, s'est fait de tout temps, lorsque de grands fléaux, tels que des incendies, des inondations, des épidémies^ sont venus désoler une contrée et y répandre la ruine et la désolation. Sans doute, la vue de ces malheurs inspire tout d'abord les élans les plus généreux mais si l'autorité ne se mettait pas ellemême à la tète de ce mouvement , si elle ne faisait pas un appel direct et général à la libéralité des habitants, si elle ne désignait pas des commissaires pour recueilhr les souscriptions, et assurer leur répartition entre les perdants les plus éprouvés, la charité privée abandonnée à elle-même obtiendrait-elle jamais des résultats aussi importants et aussi complets? Evidemment non.
Il est des circonstances où l'action individuelle ne saurait suppléer l'action collective, obéissant elle-même à une pensée dirigeante. Les résultats obtenus dans la Nièvre sont la meilleure preuve qui puisse être fournie à l'appui de l'exactitude de ce principe. Vainement, dira-t-on que les œuvres qui reposent sur le bon vouloir des populations ont peu de chances de renouvellement et de durée? Un tel raisonnement ne serait juste qu'autant que ce bon vouloir serait abandonné à luimême; mais s'il est entretenu, excité et régularisé par une volonté ferme et constante, il ne saurait faire défaut et se laisser dominer par l'indifférence.
i/l5 STABILITÉ DE I/A86I8TAIICB DANS Là BUÈYRE.
Le succès du passé garantit celui de Taveoir, et nous n'hésitons pas à déclarer que ceux qui , dans cinq ans, dans dix ans et plus tard encore» seront, par leur position , à même de prendre l'initiative des mesures nécessaires pour faire un nouvel appel à la charité, entretenir et fortifier ses convictions, n'oseraient assumer la responsabilité de laisser périr entre leurs mains une œuvre qui a pour elle la sanction de Texpérience et du succès.
C'est donc avec confiance que nous croyons à la stabilité de cette institution, c'est avec le sentiment d'une foi profonde dans l'excellence de ses résultats, que nous la considérons comme désormais acquise à la Nièvre, car elle repose sur la charité, et les f!.imérations futures regarderont comme un honneur de li'cueillir cette pieuse tradition, et comme un devoir s icré de la prendre pour règle dé leur conduite.