‹ De l'assistance en provinceChapitre 64 sur 83 · AU PROFIT DE L' AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AU PROFIT DE L' AGRICULTURE

11 ne suffit pas à rautorité de rechercher les causes des misères. — Elle doit se préoccuper de Taccroisseinent de l'aisance. — Opinion de l'Empereur Napoléon III. — Toutes les industries doivent être protégées ; mais l'agriculture doit être en première ligne l'objet de ces encouragements. — Elle est le nerf du travail national. — Institutions crées en faveur de l'agriculture. —Crédit foncier. — Loi du 98 juillet 1880 sur la mise en culture des terrains communaux. — Crédit agricole. ^ Concours régionaux. ~ Comices. -^ Sociétés d'agriculture. — Forces parallèles des villes et des campagnes. — Attractions des plus puissantes. — L'agriculture et la défense nationale. — Émigrations dans les villes. —De la nécessité d'une décentralisation au profit des campagnes. — Avantages et bénéfices qui en résulteraient. — La liberté des échanges, sous l'empire du nouveau régime douanier, doit profiter à l'agriculture. — La multiplicité des chemins de fer établira un niveau entre les forces qui produisent et celles qui consomment. — De l'industrie du fer. — De ses rapports avec l'agriculture. — Comment elle a subi le choc de la concurrence. — Il faut rappeler dans les campagnes ceux qui sont de trop dans les villes. — Opinion de l'Empereur Napoléon III. —Les grandes familles commencent à donner l'exemple. — Leur influence y gagne. — Le patronage pourra se reconstituer. — Cet exemple sera déterminant pour la classe ouvrière. — Avantage pour elle de la vie des champs. — Elle devient propriétaire. — Elle a un avenir. — L'agriculture et les armées permanentes. — Les dépôts d'instruction. — L'ouvrier des campagnes peut avoir l'aisance ; mais il lui faut également , suivant la pensée de l'Empereur, l'éducation et la discipline.— Conclusion.

Nous avons essayé de prouver dans le chapitre précédent que la misère est l'effet ordinaire de causes accidentelles ou individuelles , et» quelles que soient les circonstances au milieu desquelles celles-ci se pro-

U FAUT ACCKOtTRE L'AISANCE. 217

dQisent , il est impossible de récuser l'influence fatale qu'elles exercent. Cependant, s'il est du devoir de l'autorité , qui a pour mission de ménager des secours aux souffrances , d'atténuer autant que possible , par les moyens dont elle dispose, les causes d'où elles dérivent , un de ses plus heureux privilèges est également de développer le bien-être et d'augmenter les éléments de l'aisance publique ; car souvent l'abrutissement de certains individus, et les habitudes de désordre dans lesquelles ils se plongent , ne sont que des expédients auxquels ils ont eu recours tout d'abord pour s'étourdir et pour échapper aux premières étreintes du besoin. Il est rare, a la vérité, qu'ils saisissent ce prétexte sans qu'une prédisposition ne les entraine sur cette pente fatale, et, quoi qu'on dise, il faut reconnaître que l'homme rangé , laborieux , sobre et habitué à placer sa confiance dans la Providence, finira toujours par triompher des chances contraires. Cependant, il peut arriver que la diminution des causes occasionnelles qui les provoquent ait pour effet de modifier peu à peu ces tendances. Aussi , toutes les mesures qui peuvent favoriser le développement du bien-être général, doivent-elles être l'objet des préoccupations de l'autorité. Telle est l'opinion émise par S. M. l'empereur Napoléon III, qui, dans ses Éttuies sur le paupérisme , s'exprimait ainsi :

t Le travail qui crée l'aisance, et l'aisance qui cou- > somme, voilà les véritables bases de la prospéiité 1 d'un pays. Le premier devoir d'un administrateur

318 opiNio» m l'eiipersdb napoKoiv m.

» sage et habile est donc de s'efibrcer, par Taméliora- • lion de ragricolture et du sort du plus graod iXHabre,

> d'augmenter la consommation intérieure, qui est loin

> d'être arrivée à son apogée.... »

Ces lignes» tracées en 1844, au milieu du silence et de la méditation , par une main dont quelques années plus tard la puissance devait se révéler à la France et au monde , expliquent la haute sollicitude dont PEmpereur n'a cessé de donner les témoignages à l'agriculture, depuis le moment où le vœu national lui a confié le soin de diriger les destinées du pays.

L'industrie , les arts , les sciences ont sans doute été l'objet de ses encouragements ; mais l'agriculture également a toujours trouvé une large part dans ces témoignages de sa protection . C'est qu'elle est la base et le point de départ de tous les progrès , c'est que , sans die , l'industrie , les arts et les sciences manqueraient le plus souvent des éléments nécessaires à la création de leurs œuvres ; c'est que les bras qui sont associés à la production de ces merveilles , consonunent sans travailler à l'accroissement de ces objets de consonmiation. L'agriculture qui les produit est donc le grand levier du travail national. Sans elle, l'activité nianquerait de ressort, les forces s'épuiseraient et les plus belles conceptions du génie seraient vouées à la stérilité. Dans le vaste concours du progrès, auquel toutes les intelligences sont conviées , une large part , nous le répétons, doit être faite à l'agriculture, et Jamais aucun gouvernement ne s'est effoireé aut^t que c^lui

L'AGRICDLTDU EST LB NSRF DU THAyAIL VAJIOKAL. 210

de Tempereur Napoléon III, de proclamer toute l'inh portance qu'il y attache.

Si l'agriculture est le nerf du travail national » le capital , à son tour , est le nerf de l'agriculture. Jusqu'à ce jour il lui avait fait défaut , et telle était l'explication de l'impuissance et de la routine dans laquelle elle se débattait. Mais l'institution du Crédit foncier et plus tard celle du Crédit agricole sont venues , sous le haut patronage du Gouvernement , ouvrir des sources de richesses jusque-là inconnues , permettre aux cultivateurs, moyennant des conditions peu onéreuses, dont la garantie se rattache à la consistance même du sol , d'y puiser les moyens d'en augmenter la valeur par de sages améliorations.

Ces améliorations^ résultant notamment du drainage , du chaulage et de ces autres transformations d'un effet aujourd'hui assuré, doublent les produits de la terre , permettent au propriétaire ou au fermier de réaliser des bénéfices importants , prélèvement fait de la légère annuité destinée à l'amortissement du capital ^nprunté. En augmentant l'aisance du producteur, elles contribuent au bien-être du consommateur, car les produits obtenus en abondance et à bon marché peuvent être livrés aux mêmes conditions à celui qui les utilise.

En dehors des facilités offertes à la production , il fallait stimuler ses efforts par l'encouragement et l'émulation. Depuis long-temps déjà les sociétés d'agriculture et les comices s'étaient proposé cette

220 L'AGRICULTURE EST LE !IERF DU TRâTAIL NATIONAL.

mission. Mais leur action trop circonscrite ne pouvait produire que des effets restreints et relatifs. L'institution des concours régionaux est yenue donner un nouvel essor à cette grande pensée. En élai^issant rhorizon, il ont excité la concurrence, favorisé le perfectionnement des méthodes par l'exemple, vulgarisé le secret de l'amélioration des races , répandu les avantages qui s'attachent à l'emploi des machines pour soulager les bras et suppléer à leur insufiBsance.

Au contact de l'exemple , les intelligences se sont développées. Elles ont compris que désormais l'agriculture pouvait et devait être élevée à la hauteur d'une grande industrie, que cette transformation devenait le secret de sa prospérité et celui de l'aisance et du bien-être publics.

En dernier lieu cependant, quelques craintes ont été émises, quelques découragements se sont manifestés.

Deux forces parallèles existent dans notre organisation sociale : celles des villes et des campagnes. Au fur et à mesure que la production s'est accrue, le bien-être qui en a été la conséquence a profité principalement aux premières, et son effet, nous l'avons déjà dit, a été une attraction naturelle des campagnes vers les grands centres. Les bras jusque-là voués aux travaux de la culture subissent cette attraction , motivée par le développement des travaux des villes , par l'appât des salaires plus élevés , par l'attrait des dis-

FOKCES PÂRALLÈr^S DES VILLES ET DES CAMPAGNES. 221

tractions qui se conceDtrent dans les villes, et des éléments d'aisance plus apparente que réelle dont les centres importants offrent la réunion.

Il est évident que , pour un grand nombre , les résultats ne répondent pas toujours à leurs espérances , et que, tôt ou tard, ils auront à regretter la tentation à laquelle ils ont imprudemment cédé. Mais le moment n'est peut-être pas éloigné où ces habitudes de l'émigration des campagnes vers les villes subiront une heureuse réaction. Elle sera l'effet nécessaire d'une décentralisation que les progrés de la vie agricole devront produire , lorsqu'au lieu d'être réduite à une profession pénible, la culture, ainsi que nous l'avons dit, sera devenue généralement une industrie. L'ouvrier des champs, obligé jusqu'ici de lutter corps à corps avec les travaux les plus lents et les plus pénibles , a dû souvent éprouver un véritable découragement. Ses salaires, calculés sur une production incertaine et restreinte, n'étaient qu'une compensation insuffisante du labeur qu'elle lui imposait. Sa nourriture était grossière et peu substantielle ; la viande et le vin lui étaient inconnus.

L'ouvrier des villes au contraire avait toutes ces jouissances. Celui de la campagne devait-il être condamné à ne jamais les connaître? Tels sont les raisonnements et les calculs qui expliquent pour un certain nombre l'abandon de la vie agricole, et pour ceux qui ont continué à la pratiquer, les comparaisons, les regrets, l'envie, source du découragement et du malaise.

Wi L'AGllCin.Troi BT LA MPERSB WATKIIIALl.

Mais , aiosi qae nous TavoDS dit plas haut , dodseulement la force même des choses entraînera ia réaction , mais encore il est impossible de ne pas reconnaître qae les progrès et que la prospérité de l'inculture devront nécessairement attacher plus intimement à ses nouvelles chances les bras qu'elle «iploie.

Plus ses produits seront abondants , plus la godsommation, aujourd'hui restreinte à des pn^rtions économiques, se répandra dans les campagnes et viendra contribuer au bien-être qui avait été jusque alors inconnu de ses habitants. Ce bien-être attachera davantage au sol qui le produit. Enfin, l'amoar de la propriété se développera d'autant plus que celleci , sous l'influence du perfectionnement et de l'aboodance de la production , acquerra elle-même plus de valeur.

Comment , à cette occasion , ne pas rappeler que toutes les mesures qui ont pour but le développement et la prospérité de l'agriculture sont appelées à réagir d'une manière appréciable sur l'accroissement des conditions essentielles de la défense nationale. N'estce pas , en effet, dans les rangs des travailleurs de la campagne que se recrutent en majeure partie ces hommes vigoureux et rompus aux fatigues de tout genre (]ui constituent les forces vives de notre armée? Que la loi du recrutement les appelle sous les drapeaux, leurs bras robustes, habitués à conduire la charrue , à manier ia pioche ou la cognée , sauront plus tard manier le sabre du cavalier ou le mousquet

L'AGRiCULTURS Et LA DÉPENSE NATIONALE. 223

du fantassin, avec la même vigueur et la même énergie. Quelques mois suffisent pour transformer celui qui était, hier encore, un paysan à la démarche lente, aux allures empruntées , en un soldat accompli ; et le jour où il faudra s'élancer par de là les frontières , le jour où ses chefs le guideront vers les phalanges ennemies , il sera le héros courageux et patient de Sébastopol et le vainqueur intrépide de Solferino! Sa bravoure, sa discipline sont au-dessus de tout éloge.

Avec une armée composée de tels hommes , et qui est la première du monde, la France occupe aujourd'hui lé rang qui lui appartient à la tête des nations, et quand elle est appelée à figurer dans les congrès de la diplomatie , son opinion est d'autant plus respectée , que ses alliés ou ses ennemis savent tout ce qu'il est possible d'attendre de sa loyauté ou de redouter de sa puissance.

Mais si l'armée est le point d'appui moral et matériel de la nation , l'agriculture est la pépinière naturelle de l'armée. Développer la production de l'une , c'est développer les forces de l'autre. Rattacher les bras à la culture des champs, c'est ménager à l'armée les éléments les plus puissants de son action. Le sol, fertilisé par le travail, produit le blé et la viande, et le blé et la viande font le soldat. La laine de ses troupeaux le vêtit ; les cuirs , fournis par les bestiaux qu'il élève , fournissent les équipements et les harnachements divers. Les chevaux que nourrissent ses pâturages recrutent ces escadrons à Fimpétuosité

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desquels aucune force ne résiste» et ces vigoureux animaux de trait , qui savent au besoin franchir , avec la rapidité de T éclair, les pentes abruptes du haut desquelles l'artillerie lance la foudre et porte la mort dans les rangs ennemis.

On voit dès-lors quels liens intimes existent entre la production du sol et la réunion de tous les éléments qui constituent les moyens d'action de nos armées.

Une nation agricole sera donc, dans un moment donné , puissante et respectée dans la guerre. Elle ne sera tributaire que d'elle-même et de ses propres forces.

Aussi toutes les mesures de protection et d'encouragement tendant à augmenter la production nationale reposent sur l'application d'une grande pensée de prévoyance et de sage politique.

Le Gouvernement l'a compris depuis long-temps , et lorsque l'Empereur lui-même, dans sa noble initiative , a entrepris de fournir l'exemple du parti qu'on pourrait tirer des landes incultes de la Gascogne ou des marais tourbeux de la Sologne , il a voulu donner une impulsion spéciale à l'agriculture, fournir aux capitaux intelligents l'emploi le plus sérieusement utile , et prouver qu'avec le travail et la persévérance il était permis de féconder les terres les plus ingrates , les sols jusque-là improductifs, et d'associer désormais leurs produits autant au développement de l'industrie des sciences et des arts, qu'à la constitution des éléments les plus vitaux et les plus actifs de la défense nationale.

MISE EN CULTURE DES LÂIfDES ET MARAIS. 225

Jusqu'à présent, en effet, on avait spécialement recherché la culture des terres d'une fertilité reconnue. Les landes , les marais , de vastes espaces laissés en friches, avaient été négligés. Mais ne contiennent-ils pas aussi les germes d'une production avantageuse , et lorsque le capital nécessaire à leur mise en valeur aura pris l'habitude de sortir des caisses du Crédit foncier et du Crédit agricole pour se répandre comme une rosée bienfaisante sur ces terrains, sous la forme du travail , des engrais et des amendements, ne verra-t-on pas promptement se produire dans nos campagnes les métamorphoses les plus heureuses?

C'est ici le cas de rappeler les dispositions de la loi du 28 juillet 1860, sur 4a mise en valeur des marais et terres incultes appartenant aux communes. Par cette loi, l'Etat a mis les communes en demeure d'exécuter les travaux de routes, de fossés, de clôture, de direction des eaux et de drainage qui doivent préparer et permettre la culture de ces propriétés aujourd'hui improductives et stériles ; en cas d'inertie des communes, l'Etat est armé du droit d'exécuter d'office les travaux et de se rembourser de ses frais, au moyen de la vente d'une partie des terrains améliorés. Il est dans le vœu de la loi, comme dans l'intérêt des communes, qu'une telle sanction ait rarement lieu de s'appliquer et que les travaux soient exécutés par les administrations municipales. Le défaut de capitaux pourrait seul déterminer de la part des conseils municipaux une abstention ou un refus profonds

335 MME m CULTCRE DES LÀNDBS ET KARAIS.

démeni regrettables ; en présaice de la faculté donnée aujourd'hui aux communes de mettre à profit les combinaisons sur lesquelles reposent les prêts du Crédit foncier, cette objection ne saurait subsister. Les emprunts à long terme fourniront, sans faire peser un lourd fardeau sur la génération présente , les capitaux nécessaires à l'exécution de ces travaux d'une utilité durable et perpétuelle.

Il est d'autres améliorations qui oot aussi un caractère permanent et que les propriétaires intéressés, réunis en syndicat par l'administration, peuvent exécuter avec avantage, telles que des endiguements destinés à prévenir les inondations, des canaux d'irrigation qui transforment en prairies des terrains desséches. Le Crédit foncier prête son concours à ces louables efforts, eî les capitaux abondants qu'il tient en réserve devront, d.ins un temps donné , seconder l'accomplissement de C('S travaux si importants pour l'avenir agricole du pays (1).

Qu'on en soit bien persuadé , ces perspectives et ces espérances ne sont pas de vaines chimères. Elles doivent se réalisa sous l'influence de l'application du vaste programme contenu dans cette lettre à jamais célèbre adressée le 5 janvier 1860 par l'Empereur a M. le Ministre d'Etat. La levée des prohibitions qui , sous l'influence des avantages restreints d'un régime protecteur, entravaient la marche de l'industrie , sera

fl) Cire, du gouverneur du Crédit foncier , 4 svril 1861.

DÉGENTRàUSATIOlf AU PKOnT DB8 CAHTAGNES. 327

pour l'agriculture le signal d'une ère nouvelle de prospérité. En augOAentant la somme générale du bien-être» en mettant les nasses à la portée de tous les objets de première nécessité , elle provoquera , elle doublera la prodaction , soit que celles d^ienne la base des échanges , soit même qu'éle se prête à l'accroissement de la consommation locale.

C'est ainsi que devront se réalisier ces pandes |Hrophétiques de l'Empereur : • Le travail qui crée l'ai- » sance, et l'aisance qui consomme, voilà les véritables » bases de la prospérité d'un pays. »

En eflBt, si le travail crée l'aisance, dans un autre ordre d'idées , il n'est pas d'influence qui «oit plus profitable à la moralisation. Conséquemment , il n'est pas d'influence qui puisse être opposée avec plus de succès aux chances de désordre et d'inconduite.

Les causes individuelles de la misère subsisteront toujours et inévitablement ; mais elles tendent à s'atténuer chez le plus grand nombre.

Du reste, cette décentralisation que nous rédamons pour les campagnes devra se produire dans un avenir peu ékttgné , sous l'influence des ^ndes transformations qui se préparent. Jusqu'ici, les cités importantes avaient été le point convergent de toutes les activités. Les grandes artères de la circulation semblaient avoir été créées pour y porter les éléments de la vie qu'elles empruntaient à des centres éloignés en les appauvrissant de leur substance la plus essentielle. Aujourd'hui,

238 uirLOERce des chemins de fer.

ces inégalités doivent disparaître. Le vaste réseau de voies rapides qui se complète et se coDStruit sur toute la surface de l'Empire, est destiné à faire désormais de son vaste territoire un corps homogène. Du centre aux extrémités et des extrémités au centre, une circulation constante va s'établir, destinée , comme dans l'économie du corps humain , à porter sur toutes ses parties le principe de la vie et de l'activité. Une soUdarité intime s'établira entre les forces qui produisent et les forces qui consomment. L'aisance de l'un entraînera le bien-être de l'autre, et la prospérité publique y trouvera ses éléments les plus sûrs. Éclairés, inspirés par & noble but offert en perspective à leurs efforts, les dé|iartements, les communes, les particuliers même, rivalisent de zèle et de sacrifices. L'élan est général. Depuis quelques années, la plus grande activité a été donnée aux travaux de la vicinalité, et, en présence des six mille kilomètres de voies de communication existai) tes dans la Nièvre, nous pouvions, dans l'un de nos derniers rapports au conseil général, déclarer qu'aujourd'hui il n'y avait pas une ville, un bourg, un chef-lieu de commune et même un simple hameau qui ne fussent traversés par une route, un chemin de grande ou de moyenne communication, ou tout au moins reliés à ces voies principales par des voies secondaires, solidement construites et bien entretenues. Aussi , la valeur territoriale s'est accrue dans des proportions importantes. Elle a doublé et quadruplé sur certains points sous l'influence de. ces améliorations.

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