‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 101 sur 159 · SPÉCULATIONS DE BOURSE · texte numérisé non relu

SPÉCULATIONS DE BOURSE

leè enrichir à la loterie. L'exemple de telle ou telle fortune rapide obtenue par le même moyen les séduit et les entraine. Mais ils écartent les yeux du spectacle des catastrophes plus nombreuses que ces fatales ten* dances ont produites, jusqu'à ce que, déçus eux-mêmes dans leurs rêves et leurs espérances, ils se trouyent en présence d'une affreuse réalité et de la misère.

La multiplicité des valeurs industrielles existantes aujourd'hui , et qui , dans les mains habiles des capitalistes sérieux a tant contribué à la consolidation du crédit public , a produit , par contré , cet effet r^rettable. Elle a favorisé des spéculations hasardeuses et développé des instincts avides. Pour satisfaire tette ardente passion du gain , combien n'a-t-on pas vu de pères de famille aliéner leurs terres patrimoniales, d'un revenu modeste mais certain , et en livrer ensuite le capital à tous les hasards de ces opérations aléatoires? Le premier succès qu'ils obtiennent les encourage. Ils ont agi au comptant tout d'abord ; mais pourquoi ne pas étendre le cercle de ces opérations, et doubler, quadrupler, décupler ainsi les chances de gain, en ne hasardant que des différences en cas de perte? La fièvre du jeu commence ; à partir de ce moment elle redouble, et ne se termine que par la ruine que provoque une série d!" exécutions. Il y a dans ces résultats, trop fréquents de nos jours, le secret de bien des misères, ayant pour cause l'ambition d'acquérir; qu'elle s'appelle, d'ailleurs, spéculation ou désir d'augmenter sa fortune, elle produit constamment, à quelques exceptions près, les mêmes effets, tant il est vrai qu'on ne

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peut impunément braver les vues de la Providence , et que les chances les plus certaines de bonheur et de succès consistent toujours à suivre honorablement les voies qu'elle nous a tracées.

« Quant aux habitudes processives qui , dans certains pays, exercent une influence funeste sur les populations rurales, elles tendent à se modifier également sous Tempire d'une éducation plus éclairée. L'intervention conciliatrice des juges de paix , une meilleure déUmi* tation des propriétés et la régularité que présente la rédaction des contrats, sont autant de circonstances qui, depuis quelques années , ont singulièrement restreint le nombre des procès. D'un autre côté, les bureaux d'assistance judiciaire, qui fonctionnent au profit des classes pauvres dans chaque arrondissement, contri* buent par leurs conseils à produire les mêmes résultats, et si, à d'autres époques, on pouvait ranger les habitudes processives au nombre des causes de ruine et de misère, aujourd'hui , leur effet est moins appréciable ; car, par suite des circonstances rappelées ci-dessus, le nombre des plaideurs a considérablement diminué. Enfin, le mécanisme des institutions de crédit qui existent est mieux compris , et la facilité que la rente et les autres valeurs mobilières présentent aux petits capitalistes est elle-même appréciée de telle sorte que , dans beaucoup de campagnes , il n'est pas rare de voir abandonner les placements sur obligations , qui devenaient souvent la source de procès aussi incertains qu'onéreux pour les parties.

Les préoccupations politiques peuvent , avec plus de

dSO PRÉÔGGOPATIONS JPOUTIQITES.

raison, figurer parmi les causes de la misère, et il est peu de pays où Ton ne soit dans le cas de citer qud* (jnes victimes de ces funestes égarements. Que dé malheureux ouvriers, cédant à de perfides conseils, ont consacré dans les clubs ou dans le sein des sociétés secrètes un temps précieux ainsi ravi à leurs travaux I An lieu de gagner honnêtement leur vie et d'assurer par la continuité de leurs efforts leur propre bien-être et celui de leurs familles, combien n'en est-il pas qui , séduits parles vaines théories dont on les abusait, ont persisté à suivre cette voie trompeuse et à se bercer de chimériques illusions I Une fois entraînés Sbr cette pente, ils obéissent ensuite fatalement à l'impulsion qu'ils ont reçue, et les sociétés secrètes deviennent bientôt l'école où se complète pour eux l'apprentissage de la révolte et de l'insurrection. Non contents de pervertir l'esprit de ces malheureux, les chefs qui les poussent , sans jamais se compromettre eux-mêmes , trouvent encore le moyen de prélever sur eux des cotisations destinées au soutien de la cause comlAune et dont ils sont les' premiers à s'adjuger la plus forte part. Il est vrai que , liés par un serment dont la formule haineuse et machiavélique les enchsdne, les membres de ces associations obéissent en aveugles à tous les ordres qui leur sont transmis. On excite en eux les plus mauvaises passions et les instincts les plus pervers, en creusant de plus en plus sous leurs pas l'abîme de misères que de premiers désordres ont ouvert. C'est au nom de leur bonheur et de celui de leurs familles qu'on leur parle , mais en les détournant

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de fidre la seule chose qui pourrait y contribuer efBca« cément > c'est-à*dire de se livrer paisiblement & leorft tnTam. Aussi cette famille» dont on leur représente les drdts comme si sacrés et les intérêts comme Si Intimes» subit) en attendant Theure où devront ee rteljser tant de promesses pompeuses, les consé^ cpiences du chômage qu'entraînent les réunions , les conciliabules, les conférences où s'élaborent ces projets de bien-être et de régénération. Plus tard , lorsque la poUce correctionnelle, la cour d'assises ou les commissions mixtes vengent enfin la société menacée, et que ces malheureux ne sont plus là pour mesurer l'étendue des maux qu'ils ont causés, la ruine de leur famille serait consommée, si cette même société, la prenant en pitié, ne la soulageait et ne la soutenait au milieu de son abandon.

En dehors des préoccupations politiques qui , venant à se traduire par des faits , amènent inévitablement dé s^onblables résultats, il en est d'autres qui, plus spéculatives tout d'abord , produisent encore les mêmes effets. La vie de café ou de cabaret, l'oisiveté, la paresse leur servent d'aliments occasionnels , et c'est en consommant dans l'orgie les ressources de leurs familles, que ces insensés rêvent aux moyens d'élever l'édifice de leur fortune sur les ruines d'une société dont la marche régulière et les habitudes d'ordre leur portent ombrage. Un jour arrive, sans doute, où, revenus de leurs erreurs, ils deviennent accessibles à de meilleures inspirations; mais dans Tintervalle le mal a grossi i la misère s'est accumulée , et Ton peut dire que , par suite

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