LA CONSTITUTION ACTUELLE DE LA SOCIÉTÉ
s'est trouvé long-temps , nous l'avons vu , le véritable indigent chassé de son logis par le besoin et obligé de demander également à la mendicité les ressources que la charité n'avait pas encore su lui ménager par la concentration de ses œuvres.
L'interdiction de la mendicité prononcée dans de telles conditions aurait placé sous le coup des mêmes rigueurs celui qui n'est digne d'aucun intérêt et le pauvre véritable qui se recommande au contraire à la commisération publique. Pour faire disparaître l'abus, on eût été cruel et inhumain. Certes , la perspective de conséquences aussi graves suffisait pour empêcher l'adoption de toute mesure capable de les provoquer, et cette, considération explique l'incertitude qui , pendant si long- temps , a régné sur le choix des moyens dont la pratique pouvait sans inconvénient concilier tous les intérêts en présence. D'ailleurs, l'exemple des tentatives infructueuses faites sous les divers gouvernements qui se sont succédé était de nature à justifier ces hésitations.
Aujourd'hui la situation n'est plus la même, et l'exposé que nous avons fait des nombreuses institutions par lesquelles la prévoyance de l'autorité et celle des particuliers pourvoient à tous les besoins , aura déjà permis d'envisager la question à son point de vue véritable. Quelque rapidement que nous ayons retracé l'examen historique de l'ancienne législation , il est encore facile d'y trouver les causes de la différence qui existe entre la constitution actuelle de notre société et son ancienne organisation sous le rapport de^tnesures