‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 108 sur 159 · A AI>^L FAIT A LA CHARITÉ PRIVÉE · texte numérisé non relu

A AI>^L FAIT A LA CHARITÉ PRIVÉE

9^. Mi en donnant aux uns, il ne prend pas aux autres ; » : si , en un mot , il ne manque pas aux règles d'une y bonne et équitable administration \ »

L'appel pur et simple à la charité privée semble donc, devoir obtenir la préférence. Il laisse chacun libre (fagir suivant ses moyens, suivant ses inspirations, et les ressources qui en résultent viennent , en se conceiKtrant dans une caisse commune , favoriser la distribQtioQ de secours répartis suivant des vues générales exclusives de tous abus ou de tous doubles emplois *. .; Seulement, afin de réglementer l'usage de ces ressources et de leur donner le caractère de fixité qui assure leur continuation , il paraît sage de les réunir au moyen de souscriptions consenties pour une durée déterminée. La période quinquennale nous a paru pouvoir être adoptée de préférence. Elle n'est pas assez longue pour que l'engagement qui en résulte soit de nature à effrayer les souscripteurs, ou à subir luimême trop de modifications par suite des éventualités de l'avenir; et cependant, l'intervalle dans lequel elle

{Tbibrs, Rapport sur Tassistance à rassemblée législative, 26 jan^ \>cr ia50.

• Bien que les souscriptions soient facultatives , quelques personnes ont essayé d'en rattacher le montant h. une base fixe. C*est ainsi que certains grands propriétaires I faisant une distinction entre les communes qu'ils habitaient et celles où ils possédaient des intérêts, ont pris pour point de départ de leurs engagements dans les premiët^es , l'étendue des besoins qui se manifestaient sous leurs yeux; et, dans les autres, le chififre même de leurs contributions, en donnant 5 p. »/o du montant de ces dernières. Ce mode de procéder a produit dans la Nièvre d'excellents résultats ; et si tous les propriétaires forains dont Téloignement habituel crée Vabsen-» téisme, agissaient ainsi, nul doute que dans chaque commune les ressources ne fussent promptoment au niveau de tous les besoins.

DES SOUSCHIPTIONS QUlNQUENNAIfS, 345

est appelée à courir, présente assez de durée pour que le mécanisme de ropération qui s'y rattache puisse foDCtionner d'une manière complète.

Sî Ton considère que l'insuffisance des récoltes \ieia% périodiquement augmenter les causes habituelles de malaise et provoquer, de la part du gouvernemeat , des administrations locales et de la charité privée ,. un supplément de sacrifices et de libéraUtés, 11 faut reconnaître que , fort heureusement , une série d'années d'abondance succède le plus souvent à une ou à plu-, sieurs mauvaises récoltes. Or, le montant des souscriptions restant toujours le même pendant les années d'abondance, les bureaux de bienfaisance ou les commissions charitables peuvent , en diminuant leurs secours avec intelligence , réaliser des économies , dont le produit, cumulé, fournit aux jours du besoin des ressources toutes prêtes, qui épargnent ultérieurement de plus grands sacrifices. L'excédant d'une aonée peut ainsi servir à combler le déficit de l'année suivante, et, si les circonstances lui permettent de se cumuler pendant plusieurs exercices, on arrive ainsi à constituer dans chaque commune une masse ou réserve, qui devient un véritable patrimoine pour les pauvres de chaque localité.

Outre que cette combinaison a pour but de faciliter, sinon l'extinction des misères , ce qui n'est pas possible, mais au moins l'interdiction de la mendicité, elle permet aux personnes charitables, désormais soustraites aux importunités des mendiants et des vagabonds, de réserver pour leurs aumônes particulières des

146 ELLES m bOIVfira pas avoir le CARAGt . CANTONAL.

ftommes plus importantes. Les souscriptions sont reçues M argent ou ea nature. Leur emploi a lira dans chaque commune» par l'intermédiaire du bureau de ÊienfaJsance ou d'une commission > dans laquelle le maire et le curé figurent de droit. Ces distributions scmt faites pour ainsi dire sous les yeux des souscripteurs ; car le succès de la mesure n'est assuré qu'autant que le montant des cotisations est centra* Ifsé dans la caisse de la commune. Vainement dira-t'On qu*il y aurait plus d'avantage à réunir les souscriptions de tout un canton , et d'en répartir le produit entre 'lés communes de cette circonscription suifant leurs besoins. Dans telle commune il y a beaucoup de pauvres et peu de ressources , dans telle autre , au contraire ,^ il j a des ressources supérieures aux besoins dès indigents ; pourquoi ne pas faire profiter les uns de l'excédant des autres? Ce raisonnement paraît plausible tout d'abord ; mais on reconnaîtra bientôt , et l'expérience l'a prouvé maintes fois , que du jour où l'on ferait appel à la charité privée pour venir en aide à des misères qui lui sont inconnues ou à des malheureux dont l'état de gêne ne se manifeste pas sous ses yeux , elle ne concourrait qu^avec la plus grande hésitation à une œuvre dont elle n'aurait pas la satisfaction si douce d'apprécier les résultats.

D'ailleurs , la commune représente une individualité qui a tous les caractères de la famille ; c'est à elle qu'il appartient de soulager et de nourrir ceux des membres de la communauté qui sont dans le besoin , de même que les différents membres d'une famille sont tenus ,

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