ABUS DE L^AUMÔNE FAITE AUX PORTES
obUgatoirement à certains degrés , et tout au moins moralement dans les autres cas, de s'entr'aîder les uns les autres. îl faut en outre remarquer que IMnsuffisance des ressources dans quelques localités provient moins de la pénurie que de la mauvaise volonté on de rîrréflexion des personnes qui peuvent les créer. Lorsque la mendicité est libre , et que les indigents viennent recevoir aux portes l'aumône , que certains habitants n'osent refuser , le sacrifice quotidien qui en lésolte pour eux est de beaucoup supérieur à celui qu'cntraîneî^it une souscription raisonnable , et le but qu'ils se proposent d^atteindre n'est pas rempli. Le plus souvei^ , en effet , l'aumône ainsi faite est dénaturée ou détournée de son but. L'argent, nous l'avons déjà dit, à part quelques rares exceptions , sert à satisfaire des habitudes honteuses de déhanche , et quant au pain , qui est la forme sous laquelle se manifeste le plus habituellement cette aumône , surtout dans nos campagnes , on sait qu'il devient, entre les mains de quelques pauvres, l'objeî d'un commerce scandaleux , pour la nourriture des animaux les plus immondes. Tel mendiant, qui recueille ainsi dix ou quinze livres de pain dans sa journée, et qui, par le fait, a prélevé sur chacune des personnes dont il a reçu cette libéralité une valeur de 15, 20 ou 25 centimes par demi-kilogramme, les cède à moitié prix à ses marchands attitrés , afin de les convertir en argent. S'il y a bénéfice pour lui, il en résulte un avantage aussi sérieux , aussi réel pour l'industriel, le cultivateur ou le fermier, qui se procure ainsi dans des conditions avantageuses une denrée