‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 21 sur 159 · DES SALLES D' ASILE · texte numérisé non relu

DES SALLES D' ASILE

tandis que la nature encore abrupte de cdxà dont les premières années se sont écoulées loin de toute direction est pendant long4emps encore rebelle à tous les enseignements du maître, en supposant même que céux'-ci, donnés avec soin et patience, parviennwt à efEacer jamais l'effet des premières impressions.

Dans quelques communes , la femme de l'instituteur peut être autorisée à ouvrir un asile, surtout si T intérêt n'est pas le but exclusif de sa demande , et si le désir d'augmenter le produit de la rétribution de l'école dont soa mari est le titulaire est remplacé chez elle par le sentiment de cette vocation , qui se retrouve communément chez certaines femmes.

Si nous insistons autant sur ce point, et en abordant des détails qui paraissent sans doute devoir s'éloigner de notre sujet principal, c'est que , sans vouloir aspirer à une perfection complètement incompatible d'ailleurs avec les tendances générales de la nature humaine, nous avons la conviction que, le plus souvent, l'indigence et la misère ont leur cause dans l'inconduite, et qu'il est possible de prévenir ces résultats en dirigeaxU l'esprit et le cœur de l'enfant, dès ses plus jeunes années, vers ces habitudes d'ordre et de travail, qui seules peuvent être pour lui une source de moralisation et de bien-être ^

Au-dessus des salles d'asile que l'on a appelées , et avec raison , le berœau de Védttcation populaire , sont placées les écoles dont la création est imposée par la

1 V. Manuel des salles d'asile, par M. Coghin , publié par M*"* Emilie Màllit.

DES ÉCOLES PRUIÂIRES. &7

kû aux communes. Aussi leur nombre s'estril considérablement augmenté depuis quelques années, et d'après la dernière statistique, dressée par le ministère de Tinstruction publique en 1852, il ne s'élevait pas à moins de 60,579, dont 43,843 écoles communales» et 16,736 écoles privées. Aujourd'hui il dépasse 62,000 pour 36,786 communes; mais alors que certaines localités possèdent plusieurs écoles , il en est {dius de 2,000 , comprenant environ 2,000,000 d'habitants , qui en sont complètement dépourvues. Cette lacune tient moms à l'insuffisance des efforts de l'administration qu'à des circonstances locales provenant , ou de la pénurie des ressources, ou de certaines difficultés matérielles qu'il n'est pas toujours en son pouvoir de conjurer.

Du reste , si nous devons nous applaudir du dévek^pement que le service de l'instructicm primaire a {Mris d^uis quelques années, nous ajouterons qu'il y a lieu de se préoccuper beaucoup moins de la multiplicité des créations d'écoles par laquelle ce progrès se manifeste , que de l'esprit qui préside à la direction de ces établissements après leur ouverture. Pour que l'instruction donnée aux enfants qui les fréquentent produise tous les résultats désirables , il faut qu'elle ait pour but essentiel d'enseigner des connaissances et de répandre des principes appropriés aux besoins de cette jeune population^

Tout enseignement qui s'étendrait à des matières dont la portée dépasserait ces besoins doit être sévèrement interdit; car, en pareil cas, il n'amène que des

S$ DIBECTKHf MS L^SnOBHBaMT DAMS LES ÉGOUS.

ftailtate ngrettabln, eo profoqnant ees éMngmmnU et eçf ambitkmt qui ont été, de noe jouis mrUmif

la eonree de tous l6$ emboms de fat société K

V^obnt de dm écoles apparûmi géiiéraleneiil k b iuoditkm inodeste des oonîeis et des edtivateois. GTeet dooe à leur apprœdre les diflërentes eonnaissances ^^iales à \s^ posHioii dans laqodle la throvidence les a placés qoe doi?0Dt s'appliqa^ les hommes infestis de rmqmrtante mis«on de ren^eigo^nent prim2Ére« Vouloir élargir le cercle de ces connaissances, c'est ponrroivre on bot chimâriqne, car elles ne tmdent à rîffli moins qu'à jeter Tinquiétode dans les esprits , en leur fusant entrevoir les hieors vagues d'nn horizon dont il n'e^t parois qu'à nn petit nombre de franchir les bornes. D'ailleurs, le directeur d'une modeste école de village peut-il mseigner lui-même ce qu'il ignore ; et ne s'est^on pas rendu ccmipte, à une époque ^core peu éloignée de nous , des conséquences funestes de ces prèt^tions exagérées qui avaient entraîné la plupart des instituteurs dans une voie si différente de celle qu'ils avaient à suivre? Or, ccHnbien ne pour* rait-il pas résulter de dangers plus grands mcore, de l'application d'un pareil système au programme de l'enseignement donné dans nos écoles? Au lieu

t Âioalyd^OB cerUipes écoles, les instituteurs confondant leis Dotioas qui se rattachent à rinstruction' professionnelle , au lien du dessin linéaire, dirigent leurs élèYes yen l'art du dessin en général; tu lieu de se contenter de leur apprendra les éléments de l«i musique chorale , qui adoucit les mœurs et élève les âmes , ils s'efforcent de leur apprendre à souiller dans un cornet à piston. Us cherchent à en faire dee artistes , et les lancent ainsi dans une carrière qui n'est qu'une source de déceptions pour tous les talents médiocres ou secondaires.

IL NE DOIT PAS AMUnOI Ul mtGLAS«SliBNT. M

i'adaivta wwm^ rapeobiâQi, fiaiméi ài déiir àb mif» avM bonQeor ût probité la profeMOQ dâ tours parents, 09 B'arri?e qu'à fttusser l^eaprit de» «db, à ^YeiUep rwBobitioB des autres, et ou prépara aipû à la soaîété dis jeunes gens inquiets, mécontents dilçur sort, demi-religiem , deuniosarants , et souvent |dus 4ispo^, en définitive, à Pattaquer qu'à )a senif.

c. $î vws élevez le peuple pour lui donner d'autres ^ momn que ses mœurs, d'autres vertus que ses ^ vertus , vous change^ la nature du peuple , c'esb^^R ik dir^, vous faites, non une œuvre d'éducation, mais 9 une cmivre de révdution.* t

Loin de moraliser une génération, l'instruction fdnsi Gonqpnsâ produit des effets complètement opposés. Au désordre des idées elle Hait succéder le désordre de la eonduîte, et à celuirci la misère ou k gène, consé-» qu^ces inévitables d'une direction inintelligente. Aussi peutH)n dire avec Platon ; i L'IgnorancQ absolue n'est I pas te plus grand des maui ni le plus à redouteri » beaucoup de connaissance^ mal dirigées sont qudque rcdmse de bien pis.* •

Supposez au ccmtraire des écoles fonctionnant partout suivant l'esprit de leur institution ; supposez des maîtres pénétrés de l'impco^tanoe de la missiqn qu^ leur a été confiée , s'attachant à ne donner à leurs élèves qu'un enseignement approprié, soit à la position, soit à la carrià^e et à la profession qu'ils sont destinés à occuper ou à parcourir, non-seulement la cause des

I M. Lkmwim,

» PiàTow , loi», liV. Vn , t. 8, fî. 75.

00 BNSBIGNEMENT

dangers que nous signalions n'existera pas alors / mais encore les enfants ainsi préparés n'auront d'autre ambition que de mettre à profit les leçcms qu'ils auront reçues^ en restant d'abord fils soumis et respectueux, et plus tard en derenant des ouvriers honnêtes, intriligents, et partant des citoyens utiles;

Nous ne pouvons , à cette occasion , résister au désir de citer le passage suivant, extrait de l'ouvrage de M'' Dupanloup, évêque d'Orléans, sur l'éducation. Après avoir signalé les effets regrettables produits par l'importance inintdligente que la loi de 1833, sur l'instruction primaire, avait accordée aux instituteurs, chaînés de répandre autour d'eux, soit une instruction dont ils possédaient à peine les éléments , soit les principes de cette éducation morale et religieuse qu'ils ignoraient eux-mêmes, le savant prélat s'exprime ainsi :

< Ce que je redoute par-dessus tout dans l'instruction pq)ulaire , c'est la médiocrité savante : ce demi-savoir insolent est mille fois pire que l'igno-* rance , parce qu'il y ajoute l'orgueil et la présomption. Quand L'irréligion, quand un philosophisme impie et grossier vient s'y joindre, et cela arrive presque toujours, je ne sache rien alors de plus hideux et de plus redoutable à Fétat social ; qui ne le comprend enfin?

» C'est pour prévenir de pareils maux , c'est dans^ le sentiment de son profond et immortel amour pour le peuple, et aussi dans sa haute et prévoyante sollicitude pour la société tout entière , que l'église s'est

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