‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 31 sur 159 · SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS

» morale contre l'oisiveté, le désordre, la débauche » et tous les vices qui absorbent trop souvent son » superflu , et ne lui laissent que des regrets tardifs , » l'indigence et le désespoir. »

Aussi , les caisses d'épargne et le mécanisme si simple de leurs opérations sont-ils promptement entrés dans les mœurs et dans les habitudes des populations.

D'après les documents officiels pubUés en 1854 par le ministre de l'agriculture et du commerce, il existait, à la fin de 1852, 371 caisses d'épargne ayant 161 succursales.

 la même époque, ces 371 caisses avaient en circulation 742,889 livrets, et étaient débitrices envers les déposants de 245,416,663 fr. 85 c; ce qui donne une moyenne de 330 fr. 35 c. par livret.

Ces chiffres ont une éloquence qui dispense de tout commentaire ; ils témoignent mieux qu'aucune appréciation du développement que prend chaque jour une institution si précieuse pour le pays.

Du reste, si par les placements à la caisse d'épargne, l'homme laborieux et prévoyant est en droit de compter sur les ressources que ses efforts personnels lui réservent, d'autres institutions basées sur le système de la mutualité lui assurent encore des moyens non moins certains et plus économiques de parer à toutes les éventualités que les hasards de la vie peuvent lui réserver. Depuis long -temps, des sociétés de secours mutuels existaient dans certaines localités à titre d'associations particulières , formées entre de simples ouvriers sous le patronage de l'autorité locale. L'inscription dans la

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société eDtrainait une première mise de fonds de 20 ou 25 fr., et l'obligation de payer une cotisation de 1 fr. à 1 fr. 50 c. par mois. Au moyen de ces ressources centralisées dans une caisse commune , les sociétaires avaient droit „ en cas de maladie > à être soignés aux frais de la société » à recevoir gratuitement les soins d'un médecin et les médicaments nécessaires ; on leur tenait compte, en outre, du prix de leurs journées. Dans certaines circonstances, les statuts de la société obligeaient les autres associés à vaquer aux différents travaux que la maladie de leur compagnon laissait en chômage. On labourait son champ, on enlevait sa récolte; enfin, en cas de mort, les frais funéraires étaient supportés par l'association. Jamais la mutualité n'avait pu recevoir une application, ni plus heureuse, ni plus charitable dans ses résultats. Elle avait su élever une institution philanthropique à la hauteur d'une vertu chrétienne ; elle avait fait cesser l'isolement des uns , arrêté l'égoïsme des autres , et ménagé l'amour-propre de tous , en permettant aux sociétaires qui réclamaient l'assistance au jour du besoin, de la demander non en tendant la main, mais en réclamant la part qui leur revenait légitimement comme restitution de leursavances.

Frappé des avantages que ces institutions assuraient à la classe ouvrière , le gouvernement a compris la nécessité de les réglementer. Tel a été d'abord le but de la loi du 15-20 juillet 1850, qui détermine les conditions moyennant l'accomplissement desquelles les sociétés de secours mutuels pourraient être déclarées

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d'utdilé publiqïie , ^ jouir, après celte 4édarati(» , des ârantages ^m y scmt a/ttacbés.

Plus tard , un décret 4u 28 mars t832 ^est wexm eonpiéfter œs dispositions ^ facftiter les ffiej<en? de les généraliser. C'est aksi ^e l'art, l** pwte « qtfune «ociélé de secours miïtuels sera créée par les soias du maire et du curé , daus chacone des -commîmes où l'utilité en aura été recminue. Cette utilité -sera •ëédapée par ie préfet, après avoir pris Favis du conseil municipal. Toutefois, une seule société poorra Atre crééQ pour deux ou plusieurs communes voisines entre elles , lorsqfoe la population de chacune -sera inférieure à osiille habitants. »

« IjCS sociétés se composent à' associés participants et de membres honoraires; ceux-ci payent les cotisations fixées , ou font des dons à l'association sans participer aux bénéfices des statuts. » (Art. 2.) L'admission des membres honoraires dans de telles conditions peut avoir des résultats précieux ; cependant , il ne faudrait pas oublier qu'en comptant sur des souscriptions gratuites qui n'engagent pas pour l'avenir, on s'expose à toutes les vicissitudes, à tous les mécomptes attachés à des ressources éventuelles et temporaires. Et d'ailleurs, fonder la prospérité sociale sur le concours des membres honoraires , n'est-ce pas méconnaître le but et la portée de l'association mutuelle , lui donner le caractère d'une œuvre purement charitable , et la rapprocher du bureau de bienfaisance? n'est-ce pas faire de l'indemnité , non plus le firuk des économies de l'ouvrier, le revenu légitime de

son travail et de sa préYopoce» mais ua secours obtora 4e la boA&e volonté d'autrui? La souscriptkm des membses konorakes a «iie bette et Boble place dans la caisse de rassooiatioii ; elle y représente le seooars .au iriëUasd^ à. la yew^e, à riofirme» la guérisoa des eafayas malades, l'adoption des (Hphelms ; die est Téco^ oomie de ceux qui ne gagnent lien, la prévoyance de œux qui ne peuvent plus prévoir; rien ne doit la détracner de cette pieuse destination, et il laut laisser à la cotisation des men^res participants le soin de pourvoir aux engagements pris par la société vis-£Hris des hommes de courage et de travail qui, dans laiorce de l'intelligence et de l'âge , se sont unis entre eux, précisément pour n'avoir pas besoin, dans les jeurs mauvais , de l'assistance étrangère ' »

D'après l'art. 3, le président de chaque société sera nommé par le Président de la République. Cette disposition seule annonce toute l'importance que le cbef de l'état, aiyottrd'hui 6. M. l'Empereur^ attache, dans sa haute scdUcitude, au développement de ces associations. Il a voulu^ en les élevât à la digoité ûlinuituiions pnbliquess leur donner tous les caraot^^ éb inrce qni peuvent assurer leur diu*ée; et en se léseramt la ncnnination de leurs présidents, il s'est proposé d'honorer l'œuvre en la personne de mu nàuL

iLe bon choix de ces présidents pouvant plus que ia jHTdteetion la phis dficace influer sur l'avenir d'unp

1 Rapport de la «ommission sopérieufe à V£Mpereur, 1855, p«duii.

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