‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 37 sur 159 · MONTS-DE-PIÉTÉ · texte numérisé non relu

MONTS-DE-PIÉTÉ

circonstances de ce genre , ont aussi leur part dans les causes de Tindigence , mais elles ne sont ni les plus nom* breuses » ni les plus difficiles à atténuer, tandis que celles qui naissent de l'inconduite compliquent d'une manière fatale la solution du grand problème de l'assists^ice.

Il faut reconnaître, toutefois, que la création des diverses institutions de prévoyance , dont le but était d'opposer une digue puissante à toutes les habitudes ée^ désordre, a produit jusqu'à ce jour les effets les plus salutaires ; et si la génération actuelle en a déjà compris les avantages, que ne devons-nous pas attendre de celle qui s'élève en ce moment ? que ne devons-now pas espérer de cette jeunesse qui -reçoit dans tontes nos écoles les enseignements précieux de la morale et de la religion destinés à développer en elle les principes d'ordre, d'économie et de régularité ?

Avant de terminer cet exposé des établissements qui permettent aux membres prévoyants de la classe ouvrière de parer à tous leurs besoins au moyen des ressources qu'ils ont su se ménager, nous devons mentionner ici une autre institution , qui , bien que ne présentant pas le même caractère de prévoyance, facilite encore cependant aux individus nécessiteux la possibilité de pourvoir par eux-mêmes aux nécessités les plus urgentes d'une position embarrassée. Nous voulons parler des Monts-de-Piété , établissements où l'on prête de l'argent au public sur nantissement et à un intérêt déterminé , dans le but de procurer aux pauvres les ressources nécessaires à leurs besoins les plus impérieux.

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L'utilité et l'existeDce des monts-de-^piété ont été long^t^DQps contestées. Mais la loi du 6 février 1804 les a inaintenus, et aujourd'hui ils figurent au nombre des établissements destinés à procurer de précieux soulagements à la classe nécessiteuse.

Les monts-de-piété ' font Tofiice d'une véritable banque. En échange du dépôt d'objets mobiliers momentsuDiém^ inutiles à l'emprunteur, ils lui remettent une sonmie amplement couverte, il est vrai, par la valeur intrinsèque du nantissement, mais qui lui permet, ou de satisfaire à un engagement immédiat, ou de tirer m parti productif de ce petit capital pour des opérations industrielles d'un ordre secondaire. Le prêt a li^ moyennant un intérêt déterminé, et cet intérêt augmenté du produit de la vente des objets pour lesquels il n'y a pas eu de renouvellement, et qui n'ont pa être retirés à l'époque indiquée au moment du prêt, constitue le bénéfice de l'établissement. Ce bénéfice, tous frais d'administration payés , est lui-même versé dans la caisse de l'hospice le plus voisin; il entre dans la caisse des pauvres, et il sert à augmenter les ressources qui sont destinées aux malades indigents. La destination charitable ainsi donnée aux sommes prove-

t Ua moine italieti , Barnabe de Terni , toaché des matix dont il était le témoin , ayant invité les riches du haut de la chaire évangélique à venir en aide aux paurres par des prêts gratuits , les cœurs s*attendrirent à sa ▼oix. D'abondantes offrandes , déposées et recueillies dans les églises , furent le premier fonds de ces établissements appelés montes pietatis, en HàtàeOftMnHâipietàf d*où nous avons fait monts-de-piété. Ce nom n'est plus en rapport avec nos institutions; et les établissements destinés à prêter sur gages devraient s'appeler banques de prêts sur nantissements, (Afd.deWAninu.k.)

no MONTS-DE-PIÉTÉ.

nant des bonifications d'intérêt prélevées, en définitive, sur les besoins des nécessiteux , est la meilleure réponse aux objections soulevées par les détracteurs de cette institution.

D'un autre côté , il faut reconnaître que «i les -monts-de-piété n'existaient pas, les maisons de prêts ou d'usure enlèveraient aux pauvres, sous une autt* forme , sans retour ni compensation { des secours plus considérables encore* A ce point de vue, les monts*de* piété , fonctionnant sous l'action et sous le patronage de l'administration, présentent au moins toutes les garanties que réclament des opérations de ce genre } ils soustraient dans ces conditions la pratique des habitudes d'emprunt trop répandues dans une certaine classe aux abus sans nombre qui la ruinent ailleurs. Toutefois, le recours aux prêts du mont-de-piétéV quelque réguliers qu'ils puissent être , est ttn expédient extrême ; et la facilité dont profite 1-emprunteur de négocier ses reconnaissances , souvent à vil prix, donne lieu à un genre de commerce regrettable, qui tourne toujours au préjudice de ce dernier-

/ Dans beaucoup de circonstances, fort heureusement, ces résultats ne sont que l'exception , et le mont-depiété remplit alors vis-à-vis de l'emprunteur le rôle du crédit vis-à-vis du commerce. L'homme laborieux se procure ainsi sur nantissement les fonds qui lui sont indispensables. Il s'en sert pour réparer des pertes, pour acquérir les instruments ou les matières nécessaires à son industrie, et il rend exactement la somme

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