DES CHAUFFOIRS PUBLICS
Dans les hivers rigoureux , la fourniture du chauffage aux indigents entraine une charge assez lourde^ pour les bureaux de bienfaisance ou pour les cornmissions charitables. On a eu Tidée d'en diminuer les frais en oi^anisant des chauffoirs pubUcs , ouverts à tous les indigents pendant une partie du jour ou de la soirée. Mais l'expérience n'a pas tardé à faire recon* nsdtre que les plus graves inconvénients se rattachaient à l'existence de ces établissements» qui devenaient promptement des écoles de vice et d'immoralité. Il est facile , en effet , de se rendre compte du caractère scandaleux des discours et des propos auxquels peut donner lieu la réunion d'un certain nombre d'individus inoccupés^ et se trouvant ainsi pendant de longues heures en présence les uns des autres. Loin d'apprécier les efforts tentés par l'administration pour adoucir leur position, ils s'excitent mutuellement à critiquer les secours dont ils sont l'objet. Ceux qui auraient encore quelque pudeur ne tardent pas à la perdre au contact des êtres vicieux et dégradés , dont la vie entière s'est écoulée dans la paresse et l'oisiveté. Tel individu qui pourrait encore travailler fructueusement préfère aller passer sa journée au chauffoir. Là, il est sûr de trouver société nombreuse , de recueillir des nouvelles et de passer son temps plus agréablement qu'à l'atelier. Vainement les règlements de police auront prescrit des mesures de surveillance ; elles seront promptement éludées, et, à peu d'exceptions près, le chauffoir ne sera bientôt plus qu'une véritable cour des miracles, patronée par l'autorité.
Miaix vaut donc, au prix d'un plus grand sacrifice, s'il le faut, poursuivre complètement l'œuvre de l'assistance à domicile, et porter au sein de chaque ménage, comme moyen d'y retenir tous les membres de la famille, les secours que réclame leur position. Souvenons-nous de ce mot célèbre : « L homme est honnies » hommes seuls sont mauvais. »
Du reste , l'assistance à domicile , il faut le reconnaître, s'exerce avec plus de facilité dans les villes, non-seulement parce que les ressources sont plus abondantes, mais encore parce que les bureaux de bienfaisance ou les commissions charitables y comptent généralement pour auxiliaires habituels les sœurs de la charité ou d'autres corporations religieuses, dont le zèle et le dévouement ne sont jamais en défaut. Ce sont elles qui recherchent le pauvre et qui vont le visiter; ce sont elles qui le soignent quand il est malade et qui lui procurent tous les médicaments nécessaires.
Dans les campagnes, la charité ne dispose pas partout do ces moyens d'action et de secours, quoiqu'il faille reconnaître, cependant, que depuis quelqu(î« années les communautés de sœurs se multiplient (InriH \\m proi)ortion remarquable. Aujourd'hui la plujmrt d(m écoles de filles sont confiées à des irmtitntricoH religieuses. Beaucoup d'écoles mixtes iviifil pl/icécm sous leur direction, et si le désir de troiivor pluH.do garanties morales a pu déterminer les Wifiw^lJM rnnniiîipaux de ces localités à opter en faveur rt(<N n^lIgl^MiKOH, la i)erspoctive de ménager aux pauvres