LOGEMENTS DES OUVRIERS
brementy et que l'autorité a toujours le droit de faire disparaître par mesure de police. Du reste, il faut remarquer que la loi du 13 avril atteint plus spécialement le propriétaire , l'usufruitier ou l'usager qui tirent un parti quelconque de leurs constructions par voie de location faite à des tiers. Elle défend de mettre à la disposition du public des logements insalubres , de même qu'elle interdit la vente ou le débit d'aliments nuisibles et avariés , qu'elle ordonne la démolition des bâtiments qui menacent ruine , enfin qu'elle prohibe l'exploitation d'un navire et la circulation d'une voiture publique qui , par leurs mauvaises conditions de solidité, pourraient compromettre la sûreté des voyageurs. Il y a dans les prescriptions de la loi du 1 3 avril 1 850 un principe de haute moralité, dont l'application profite exclusivement au bien-être des classes ouvrières et à l'amélioration du sort des pauvres.
L'exécution de cette loi a porté déjà les meilleurs fruits. Elle a fait disparaître, dans certaines villes, ces réduits infects qui compromettaient la santé et même l'existence des malheureux auxquels ils servaient d'asile ; elle a inspiré la construction de ces logements où l'ouvrier trouve réunies toutes les convenances compatibles avec sa position ; enfin , le soin minutieux avec lequel le gouvernement de l'Empereur s'est attaché à pénétrer dans les moindres détails de l'existence matérielle des classes laborieuses pour aviser à leur soulagement, n'a pas peu contribué au développement de la pensée dont la loi du 13 avril 1850 a été la première expression. Aujourd'hui, le mouvement est
CONSEILS d'hygiène. i8t{
doDDé et se poursuit. Dans les centres industriels, les compagnies ont acquis de vastes terrains, et y construisent des habitations réunissant toutes les conditions désirables de salubrité.
Nous citerons les sacrifices faits dans la Nièvre par l'administration des usines de Fourchambault et par cdle des mines de Decize à La Machine. Elles ont élevé une quantité considérable de petites maisons, et y ont annexé un jardin. L'ouvrier est chez lui ; il y vit en famille , loin de tout contact dangereux ; dans ses moments perdus, il se livre à la culture de son jardin ; sa fenune ou ses enfants le secondent dans ces travaux. Aussi , en dehors du supplément de bien-être qui en résulte , le sentiment de famille et le goût de Tintérieur se développent d'autant plus chez lui , qu'il prend un intérêt plus direct aux détails de son ménage. On ne saurait trop se féliciter de ces résultats qui sont dus à l'heureuse initiative d'une administration paternelle et prévoyante.
Ils se généraliseront de plus en plus, nous n'en doutons pas, car sur tous les points existent et fonctionnent des conseils d'hygiène ' dont la mission est de signaler toutes les causes d'insalubrité générales et partielles ; guidée par leurs rapports, l'autorité s'empresse de prendre ou de provoquer toutes les mesures capables de les faire cesser.
Les lois de police qui prescrivent d'observer les conditions générales de la salubrité, en dernier lieu
I T. l'arrêté du chef du pouvoir exécutif, en date du "iS décembre 1»18.