TRAITEMENT DES MALADIES SPÉCIALES
des «loouragements de râumônier et de ractkm po** snasive de son langage.
D'ailleurs , dans les hospices d'incurables , il d<Ht exister un règlement qui détermine , non-seuleîuent les conditions de l'admission , mais encore la disciplme à obserrer, et qui prévoie, au besoin, le cas ou l-éyentiiaUt6 d'oQ r^Toi pour cause d'inconduite. Il suffit d^oal seul exraiple de ce genre pour ramena tous les Mwabres de cette pqMilation hospitalière au s^timent de ses devoirs et des convenances. Nous en avons nous* mSmè fait Texpéneiice.
En résumé» si» dans certaines circonstances, la distribution des secours à d(»nicile doit être préférée à l'assistance hospitalière, il faut reconnaître que celleci présente égalaient des avantages aussi certains et aussi aiq[)réciables. Aucune ré^le fixe ne nous semMa
donc pouvoir être posée à cet égard ; c'est à l'intdligence et au discernement des commissions administratives qu'il doit être exclusivement réservé de décider entre l'un et l'autre de ces modes d'assistance. Pourvu que le secours arrive opportunément, peu importent les moyens employés pour le faire parvenir ou pour le procurer à celui qui souffre. Qu'une misère soit signalée et que tout aussitôt elle soit soulagée » voilà le point essentiel ; c'est ce qui arrive aujourd'hui. Dans quelques hôpitaux, les administrations rasaient de faire traiter toutes les maladies. < Dans tel » hôpital, suivant M. de Watteville, on ne veut pas > soigner les syphilitiques; dans un autre, les teigneux t et les psoriques ; dans un troisième , on n'admet
STATffinQUB DIS 8SGOUR8 DONNÉS PAR LES HÔPITAUX. 233
» pas les femmes en couches ; ici on reçoit les femmed » mariées, là on refuse les filles - màres ; plus loin » Où traite les syphilitiques militaires, mais on renvoie 9 les dTils qui se présentent avec la même maladie. » Ces refus ou ces anomalies regrettables tenaient, soit à la répugnance qu'inspirent aux religieuses des maladies d'one origine si honteuse , soit au désir de ne jamais autoriser certaines créatures à considérer l'admission à rhôpital comme une prime à leur immoralité. Mais» dopais quelques années, les observations faites aux administrations hospitalières ont amené d'utiles réfonnes dans celles des dispositions de leurs règlements qoi présentaient un caractère trop absolu. En faisant la part des motifs si naturels qui portaient les religieuses à reculer devant les détails de certaines laaladies , elles leur ont adjoint des infirmiers ou d'antres intermédiaires, chargés d'être plus en rapport avec ces êtres dégradés , dont le cynisme est soudait plus révoltant que l'aspect même de leurs maladies.
Pour compléter par des chiffres l'exposé qui précède, ^ même temps que pour donner une idée de l'impor* tance des secours distribués dans les hospices, nous rappellerons qu'en 1847 les revenus de ces établissements nes'âevaient pas à moins de 54,116,660 fr. 88 c.
Le produit de leurs propriétés représente seul onze nuQions , celui des rentes sept millions, les subventions communales n'atteignent pas moins de huit millions. Dans l'ensemble de ces ressources figurent les journées de malades payants pour 1,817,967 fr. 13 c.
S8i STânmoDE ses «egoobs donhés far i» aâfffAtïx.
le remboursemmt des journées de militaires et msains pour 2,117,656 fr. 87 c.
Ce chjffi*e est la meilleure preuve qu'on puisse fournir de la confiance croissante du public et des femilles dws les ^ets de l'assistance hospitalière. Quant aux autres articles de reçûtes , qui scmt au n(»nbre de trente^eux dans la statistique officielle, ils se rattachent, soit au recouvrement des différents droits que la loi antoride au profit des hospices, tels que bénéfices des mont&4epiété, droits des pauvres sur les spectacles, concessioiis dans les cimeti^^ , allocations départementales pour les enfants trouvés et les aliénés, amendes, confiscations, etc. ; soit an produit de diverses ressources i^ciales à chaque établissement , et provenant tant de causes extérieures que de causes intérieures , tds que casuel, pensionnats exploités par les sœurs, travail-, vente de médicaments, etc.
La même statistique évalue à 51,900,413 fr. 78 c. le montant des dépenses , parmi lesquelles celle du pain ou du blé ne s'élève pas à moins de 9,579,591 fr.' et celle de la viande à 5,573,872 fr. 72 t. ; -ce sont les plus considérables. Les médicaments figurent pour 1,886,958 fr. 91 c. et le cfeiuffiage pour 2,163,717 fr. 68 c. Les autres articles concernent des dépenses de détail aussi importantes , et leur total , qui se solde par la somme précitée de 52 millions environ, peut fournir une idée précise des' secours distribués par l'assistance hospitalière.
Huit mille sœurs de charité , appartenant à diverses congrégations, ne prélèvent sur le montant dé ces
An» voim LKB oimm&M cmrkuascÊnm. 23ft
ilépttset qa'tine eomme de 924,736 fr. 26 c. , repré^ seotint h modeste indemnité qui leur est alloaée pour lewviitnire.
IMÈm sont les ressources, tels sont les moyens d'adÎM doQt disposent nos 1,270 étabUss^nents haspHidiers. Ces chiffres n'ont pas besoin de commentaire^ ils résoment tous les efforts de la charité et yemetteot d'embrasser d'un coup-d'œil l'ensemble des Kfcérdités does à tant de pieux fondateurs ; ils constatent l'admiaisbration intelligente des hommes dévoués ^ en «s^mrent l'emploi , et l'abnégation , le zélé et le éisiiitéressement des religieuses , dont le seul bonheur ici-bas est de se consacrer au soulagement de ceux qui sonftwt.
fioM avons vu que l'assistance hospitalière profite m indigmts malades qui ne peuvent être convenablenmt soignés & domicile. Dans certains établissements, et Mivant les intentions prévoyantes de leurs fondateurs, des lits spéciaux sont destinés aux incurables et partieulièr^tnent aux viallards ; mais il est une autre eHégone d'êtres souffrants et qui, malgré l'intérêt commandé par leur position, semblaient avoir été ]mqafk ce Jour placés en dehors de toutes les oeuvres de soulagement.
Alors que les glorieux blessés de nos armées trouvent M adoucissement précieux dans leur admission à VBâUi'deS'Invalides , fondé en leur faveur par la mimificence du roi Louis XIV, les ouvriers n'avaient pas les mêmes avantages en perspective , et cependant l'industrie a ses blessés comme la guerre. « Le chantier.
236 ASILBS POUR LES OUVRIERS COKYÂIJSSCBRfS.
Tatelier, qui, pour Fouvrier, sont le vrai champ d'honneur, le renvoient bien souvent malade ou mutilé ; Thospice le reçoit à l'égal du soldat, et la caisse de secours mutuels l'aide momentanément à soutenir sa famille. Mais quand il sort de l'hospice , assez rétabli pour ne plus y rester, trop faible cependant pour reprendre son travail, il traîne sa conva^ lescence dans la misère ; ou bien même , s'il en sort mutilé , pas assez vieux pour avoir conquis par ses économies une pension suffisante sur la caisse de la vieillesse , impuissant cependant désormais pour tout travail qui suffise à le nourrir, il reste condamné aa plus affreux dénuement'. » .
Frappé des inconvénients résultant de cet abandon , l'Empereur, dont la sollicitude infatigable s'attache à poursuivre et à fonder toutes les institutions C24[)ables d'améliorer le sort de la classe laborieuse, a voulu attacher son nom à la création d'un asile où l'ouvrier pût, < soit définitivement prendre une retraite accordée i à une grave blessure , à la perte d'un membre» soit > en passant, recouvrer toutes ses forces pour mieux
» rentrer ensuite dans sa vie de travail
Hais le principal obstacle que préseotait l'organi**: sation de cette œuvre , était , comme pour toutes les fondations de bienfaisance , la question Saucière. On avait d'abord songé à mettre cette nouvelle institution, connue celle des invalides de la guerre , à la charge da trésor. Cette combinaison n'eût pas été possible. D'uu
I Bapport à l'Empereur par M. Billault , ministre de Tint., 8 mars 1855. » fdim.