‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 99 sur 159 · SUR LE B1ËN-ÊTH£ ET SUR LES MOEURS · texte numérisé non relu

SUR LE B1ËN-ÊTH£ ET SUR LES MOEURS

tantes, et surtout près des centres manufacturiers, de troarer quelquefois un contingent convenable.

La misère a d'ailleurs d'autant plus de prises sur l^iabitant des villes , que le contact habituel des populations et le rapprochement des sexes provoque des mariages précoces et explique , par le nombre excessif des enfsints , la progression des causes d'indigence.

Dans la vie agricole, les mêmes occasions de rapprochement n'existent pas. Le paysan , habitué par la nature de ses travaux à la prévoyance et à l'économie, se marie plus tard , et seulement après avoir amassé quelques ressources qui peuvent lui permettre de sup- • porter les premières charges du ménage. Les enfants deviennent successivement une source de richesses, et la teire fait vivre facilement tous ceux qui la cultivent; ne fournit-elle pas, en effet, des travaux pour tous les âges, et les services de l'enfant , de même que ceux du vieillard, ne sont-ils pas toujours une (XHnpensation de leur dépense ?

A tous ces avantages on peut encore ajouter ceux qui résultent de la direction que les esprits reçoivent dans le milieu qui les entoure. Elle est pour le cultivateur une véritable éducation morale, dont les premiers préceptes se rattachent aux productions qui récom- . . ' .-pensent ses efforts , à la régularité des phénomènes ; dent il est témoin , et aux circonstances diverses qui l'appellent à réfléchir sur les bontés inépuisables de la Providence.

Aussi l'agriculteur est -il plus à même qu'aucun autre d'ouvrir son âme à l'influence des sentiments

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religieux « et c'est dans le sein des populations agricoles que la foi la plus pure et la plus vive s'est perpétuée ; aussi est-ce au milieu d'elles qu'il faut idiereber le ])onheur et la paix ^ qui échappent iailleurs à tant de funilles, où ne se rencontre pas la réunion de ces garanties-

Sans doute » il peut y avoir des exceptions , et nous ne voudrions pas poser ces principes comme devant constituer une règle absolue. Il y a des campagnes, m effet, où l'esprit de démoralisation a pénétré profondément et où il fait chaque jour des ravages , funestes au bien-être des populations. Mais généralemrat c^t état de choses tient à une cause accidentelle; il a été provoqué par l'action d'influences perverses qui ont faussé momentanément l'esprit d')ime gêné* ration tout entière. Le mal n'est donc pas toujours sans remèile » et il suffira d'en attaquer le principe ^ en agissant directement sur la génération suivante par un onseigoement moral et religieux. Nous avons eu Toccasion , à cet égard , de signaler tout le bien qu'on peut attendre de l'éducation des jeunes filles.

Quand la mère de famille, préparée à la sainte mission que la Providence lui réserve , fait régner le bicn*àtii3 dans le ménage par son ordre » sa prévoyance d sou économie» quand elle élève pieusement ses enfantSi coiiXMÙ S'attachent prcunptement à leur intérieur et ne aougoiU plus à chercher au dehors un bonheur qu'ils ont sous la main. Les idées de fausse ambition, qu'une iiu4ruclii>u mal appliquée aurait pu leur donner, se Uim)H)ul t^alomout devant les sages conseils de la

IlXPLlffiNGE FUNESTE DU DÉGLA86BMSNT. 319

raiaoû* Malheoreusement l'amour oaâtemel est quel* quefois aveugle , et dans l'excès même de sa tendresseï Il mère jfère de plus hautes destinées pour son fils! De l'écdéi où le maître ne vante souvent les dispo- Bttloof extraordinaires de cet enfant que pour se d(Hiner de l'importance ^ on le fait passer dans un« pensioû, dans un collège; les pauvres parents i qui t'iBUginent déjà voir leur fils avoué, notaire ou avocat 9 ioDt les plus grands sacrifices pour le diriger vers ce but ; ys se saignent afin de le soutenir pendant les longues 'années de stage que cette carrière rend nécessaires. Mais si « parmi ces jeunes gens , il y en a quelques* uns qui tournent bien et dont on puisse citer les succès 1 combien n'y en a-t-il pas» au contraire » qui» une fois jflqprudettmient engagés dans cette voie et n'ayant pas la raison de l'abandonner à temps » ont fini par'consommer^la ruine de leurs parents? Ceux-ci ont^nprunté aor leurs terres, ils ont épuisé toutes leurs ressources pour payer les intérêts et pour ser\îr la pension du fils doat ils ont voulu faire un momieur. Bientôt » ils Bout forcés de vendre pièce à pièce le modeste héritage ^suffisait naguère aux besoins de la famille» De la fânSk ils tombent dans la misère » et le fils qui les a tUm\A à cette douloureuse position» entraîné lui-mêma iw la {Mnte fatale où l'ont conduit ses désordres et ate ignorance présomptueuse, n'a d'autre ressource ffÊi$ de vivre d'expédients , de se dire incompris» fllèeoQnu et d'allé grossir les rangs de ces soldats d'une démagogie toujours prête à s'insurger contre la aooî^. Tds sont les effets du dèclass^oient , et de

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nombreux exemples pourraient en être rapportés au besoin.

Vabandon de Vindmtrie agricole âu profit de celle des manufactures produit des résultats analogues par des causes différentes. L'éclat des villes séduit de jeunes imaginations ; les salaires sont plus élevé$ dans les fabriques , pourquoi ne pas aller y tenter l'une de ces fortunes dont les récits merveilleux sont colportés par intervalle au milieu des campagnes ? Mais là que de déceptions ! Si les salaires présentent un avantage apparent, à peine sont-ils suffisants, toutefois, pour satisfaire aux obL'gations de cette nouvelle existence.' Le travail qu'elle entraine est pénible, fatigant; dans l'exercice de certaines industries, il compromet la santé et devient la cause de ces maladies qui conduisent le malheureux sans ressources, de son grabat à rbôpital. En admettant même que ces conditions funestes ne se produisent pas pour lui , si sa santé a pu résister à des épreuves aussi dangereuses , si par son ordre et sa conduite il est parvenu à se créer une existence facile, qui peut lui en assurer la durée? Au contraire, quelles que soient les circonstances politiques ou commerciales qui se produisent, l'agriculture aura peut-être des moments de crise à traverser, mais elle ne sera jamais arrêtée dans sa production. Le travail de l'ouvrier des champs est donc toujours assuré» tandis que la population industrielle est constamment exposée aux vicissitudes que suscitent les chances mobiles du commerce , celles de la concurrence et tant d'autres circonstances qui peuvent et doivent faire écrouler

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