ATONIE ET DILATATION GASTRIQUES
Et c’est ainsi qu'ayant envisagé successivement les obstacles pyloriques, les obstacles duodénaux, l’hypoesthésie de la muqueuse gastrique, nous en arrivons aux stases qui sont dues à un trouble même de la musculature gastrique ; c’est dans ce sens que nous prendrons l’expression d’atonie gastrique, répétant
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d’ailleurs une fois de plus que tous les degrés peuvent s’observer jusques et y compris les plus légers (gastroparésie). En outre, nous ferons remarquer que, chez le nourrisson tout au moins, il n’y a pratiquement pas de différence entre atonie et dilatation gastriques ; ce sont là termes à peu près synonymes (P. E. MoRHARDT).
Il y a longtemps déjà que l’on parle de dilataüon d’estomac chez le nourrisson. La première communication à cet égard semble être celle de Moxcowo (de Rio-de-Janeiro), en 1883. Il faisait remarquer, par analogie avec ce que venait de signaler BoucHarp chez l’adulte, que la même déformation peut s’observer chez le petit enfant également. Il incriminait l’hérédosyphilis et l'infection palustre.
Peu après René BLACHE, DESCROIZILLES, 1890, enfin Comgy et RoussEAU, 1897, reprennent la question. Sur le tableau clinique ils sont d'accord: la symptomatologie clinique est très riche; on note, disent-ils, un clapotage très net et même un élargissement de la partie supérieure de l’abdomen. Le diagnostic est confirmé par les constatations réciproques. Par contre, ils sont d’avis qu’il faut incriminer des troubles alimentaires chroniques et non pas une infection générale.
HUTINEL estime, quant à lui, que la dilatation d’estomac telle qu’elle vient d’être décrite est très rare chez le nourrisson. Les troubles gastro-intestinaux chroniques lui semblent également en cause. Cette opinoin de HUTINEL est admise par le Professeur No- BÉCOURT.
Quant aux auteurs allemands contemporains (PFAUNDLER, FINKELSTEIN), ils décrivent un syndrome qu'ils considèrent comme fréquent et qui serait Paboutissant d’une infection aiguë ou de troubles alimentaires prolongés.
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En somme, l’accord semble se faire sur le rôle des troubles alimentaires prolongés dans le déterminisme de l'affection. Il y aurait action mécanique simple ; peut-être est-elle favorisée par l’hypoesthésie. Il nous semble cependant, quant à nous, que l’on doive iacriminer, dans le cas particulier qui est rapporté, une infection générale, l’hérédosyphilis.
HÉRÉDOSYPHILIS
Le diagnostic de la syphilis.
Que notre petit malade soit entaché d’hérédosyphilis, la chose apparaît bien probable. Certes, on ne note dans ses antécédents rien de très particulier (cet argument perd d’ailleurs beaucoup de sa valeur étant donné l’impossibilité de faire une enquête complète). Cependant, ce qu’il faut retenir, c’est le poids de naissance : 1 kg. 660, alors que la grossesse aurait été, paraît-il, menée à terme. Quoi qu’il en soit, l’enfant ne s’est pas comporté comme un débile ; nourri au lait de vache, il a réussi à atteindre le poids de 5 kgs à cinq mois, ce qui est un fait véritablement remarquable. Pas davantage, nous ne possédons de renseignements sur les parents. Bref, c’est au seul examen du bébé qu’il faut demander de prouver cette syphilis héréditaire.
Heureusement, dès l’arrivée de l'enfant dans le service, nous constations un stigmate de très haute valeur : le crâne natiforme typique : l’hypertrophie des bosses pariétales est relativement considérable ; elle prédomine d’ailleurs du côté droit de façon assez nette. Un sillon médian à peu près antéro-postérieur de la largeur de l’index sépare ces deux bosses. Bref, une déformation qui n’est pas seulement appréciable au palper mais qui est facilement visible en regardant la tête de l’enfant sous une incidence favorable.
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Décrit pour la première fois par PARRoT, le crâne natiforme est regardé par la majorité des pédiâtres comme un stigmate de certitude à peu près absolue de syphilis héréditaire (V. HuTINEL, MARFAN, GRENET, TruER). Cependant, il semble bien que le rachitisme puisse réaliser semblable déformation. Chez notre petit malade, c’est une étiologie à laquelle on doit au moins penser en raison de l’ébauche de chapelet costal qui a été notée.
FiscxL s’est efforcé de préciser les caractères qui permettraient d’attribuer à l’une ou l’autre des causes envisagées la déformation cranienne. En cas de syphilis, dit-il, le crâne natiforme apparaît dès la naissance : il est congénital. Le processus hyperplasique est très accentué, le sillon médian très profond. Si le premier de ces caractères, infiniment probable, n’est cependant pas certain chez notre malade, par contre les deux autres se trouvent avec une netteté parfaite. FiscHL ajoute également : « L’affaissement de la partie postérieure » de la tête. Evidemment, ce n’est pas exactement ce que nous observons chez notre bébé ; mais à l’examiner on ne peut pas ne pas être frappé par l’aplatissement de toute la partie du crâne qui est en arrière ; la convexité normale a disparu et ce que l’on voit c’est une surface plane à peu près verticale. En conclusion, que retenir de cette discussion sinon que le rachitisme n’est pas en cause et qu'il s’agit uniquement de syphilis congénitale.
Nous nous sommes appesanti sur cette question parce que c’est la seule preuve de certitude que nous ayons d’une syphilis héréditaire. Les autres symptômes, ceux qui, à cette période de quatre mois à trois ans, entraînent pour V. HUTINEL la conviction, les autres symptômes sont absents : il n’y a pas de seuil du frontal, pas d’anémie pseudo-bucémique (encore ce