‹ De l'Atonie Gastrique du NourrissonChapitre 30 sur 35 · PAS OS TRES · texte numérisé non relu

PAS OS TRES

poids et une amélioration saisissante de l’état général, souvent dès la première ou la deuxième injection. »

Malheureusement nous savions que ce médicament était mal supporté par notre petit malade. Une première série avait dû être interrompue ; une autre, commencée le 12 juillet, devait être arrêtée également quoique les doses initiales fussent très faibles et la progression très lente, contrairement à l’habitude.

Qu'il ait été logique et même nécessaire d’instituer chez notre malade un traitement spécifique, la chose est indiscutable. Mais que ce traitement ait échoué n’est pas pour surprendre. Qu’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas de lutter contre une manifestation directe de la syphilis. Il s’agit d’obvier à un trouble qui est, lui, la conséquence de l'infection. Et c’est alors que la thérapeutique s’avère délicate. Ce troubie, nous en ignorons la nature. La conception de Huri- NEL, si séduisante qu’elle soit, gagnerait évidemment beaucoup, si l’on pouvait lui apporter quelques précisions, sous ce rapport tout au moins. Incriminer les glandes endocrines est indiscutablement très normal et il est démontré que la syphilis peut provoquer des processus de sclérose dont ces organes sont le siège. Mais bien d’autres éléments doivent être atteints également, de sorte que le problème thérapeutique devient inextricable. |

Il est intéressant cependant d’exposer à titre d’illustration la méthode thérapeutique employée par MairLer et dont le principe n’est que l’application immédiate de la théorie qui vient d’être exposée. Si le traitement insulinique avait échoué, c’est celle que nous nous proposions d'appliquer puisqu'elle vise à combattre la syphilis, celle-ci n’agissant qu’indirectement.

La technique est la suivante: donner aux nourrisson hérédo-syphilitiques et par voie buccale la triple médication :

lactate de mercure au 1/1000 (XI gouttes par kg.) ;

arsenic pentavalent (stovarsol, 1 cgr. par kg.) ;

extraits glandulaires divers.

On voit immédiatement les avantages de la méthode. Il convient de souligner que l’arsenic pentavalent a déjà été préconisé dans le traitement des hypotrophies de la première enfance par TEZNER. Il est normal de le préférer en raison de ses inconvénients bien moindres et du but qu’on se propose.

Quant aux extraits glandulaires dont on use, ils sont divers. L'originalité de la méthode n’est pas dans leur emploi, elle est dans leur association aux médicaments autisyphilitiques. Il y a longtemps en effet que des résultats favorables ont été signalés à la suite des traitements par l’opothérapie ; entre autres : par l’adrénaline (ComBE), par l'extrait thymique (STOPATO, BLONDEL, Mlle FELDZER, LEREBOUL- LET).

Une place à part doit être faite à l’extrait thyroïdien qui, même isolé, donne souvent des succès absolument remarquables (NoBÉCOURT, Mile GUÉRIN, LE- REBOULLET €t BAIZE). On sait d’ailleurs que c’est un médicament parfaitement toléré par le nourrisson à condition que les doses initiales soient très faibles : un demi-milligramme par kg. et qu’on exerce une surveillance continue sur le bébé.

LE TRAITEMENT INSULINIQUE

En somme les deux seules thérapeutiques étiologiques que nous eussions tentées, à savoir le régime hypersucré et le traitement antisyphilitique, avaient

éthoué. C’est alors que nous en sommes arrivés à chercher un médicament qui fût à la fois inoffensif et actif sur le muscle gastrique lui-même.

Oh ! certes, ce ne sont pas les médicaments qui manquent dans le traitement de latonie gastrique. Il est classique d'employer la strychnine ; on peut employer également les solutions salines excito-motrices ; on peut prescrire des toniques : ipéca, poudre de noix vomique, poudre de gentiane, poudre d’ergot de seigle, etc. Cette riche pharmacopée ne nous satisfaisait pas; ou bien le médicament pouvait ne pas être inoffensif (strychnine), ou bien il était probablement peu actif.

Par contre il pouvait être séduisant au moins au point de vue théorique d’user des excitants du vague. On pouvait admettre que, accroissant le tonus de ce nerf, on rendrait à l’estomac toute sa motilité. On avait ainsi le choix entre divers médicaments : salicylate d’ésérine, acétylcholine, sulfate de pilocarpine.

L’inconvénient d’une telle méthode thérapeutique c'est de provoquer des réactions multiples. Sans doute on agit sur l’estomac mais aussi sur l’intestin, sur le cœur surtout. Nous avons préféré nous abstenir surtout chez ce bébé particulièrement fragile et notre choix s’est fixé sur l’insuline.

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