‹ De l'atrophie optique consécutive aux blessures par baïonnette LebelChapitre 6 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mn

L'agent vulnérant

La baïonnette est apparue vers la 2% moitié du xvr° siècle. Martinet l’introduit dans l’armée française en 1669. Au début c’est un simple couteau s’ajustant dans le canon du fusil.

Ce n’est que vers la fin du xvu° siècle que la ain nette à douille fait son apparition. En 1703, sur l’initiative de Vauban, elle est adoptée en France. Primitivement, le sabre-baïonnette est une arme à lame large et lourde peu maniable. L’arme va subir de nombreuses modifications avant de devenir, en 1886, l’épée-baïonnette Lebel actuelle.

Au début, la baïonnette est une arme longue de 460 millimètres, la lame est large: sa section présente une forme triangulaire avec trois ou quatre gouttières pour diminuer le poids de la lame sans nuire à sa rigidité et à sa solidité. En 1866, le sabre-baïonnette remplace dans nos armées la baïonnette ancienne. Mais c’est toujours une arme trop lourde. C’est en 1886 qu’on obtient le modèle idéal en l’épéebaïonnette Lebel, que nous allons décrire en détail.

niG

La lame de l’épée-baïonnette du fusil Lebel est quadrangulaire. Elle se compose de quatre arêtes, quatre gouttières et une pointe. La pointe de la lame est de forme conique, la surface conique se raccordant avec les arêtes de la baïonnette. A 13 centimètres de la pointe, une section de l’instrument donnerait :

Longueur ou grand diamètre : 00068 Epaisseur ou petit diamètre : 00013

Au milieu : G. D. : 0"0088 P.. D.:0P"0015 Au dernier quart de la longueur: G. D.: 0"01 P:'D;:10"002

A 12 millimètres de la pointe, le diamètre exact est de : 0"0046.

Comme on le voit, d’après ces mensurations, l’épéebaïonnette modèle 1886, actuellement en usage dans l’armée française, peut être assimilée à une véritable broche, à un stylet, ce qui a fait dire à Lacassagne que nos soldats avaient un stylet au bout de leur fusil, une véritable brochette.

Une telle arme est forcément très dangereuse. La pointe de la baïonnette peut pénétrer partout, se glisser dans tous les orifices; produire des désordres très graves; et l’arme ne fait qu’une petite plaie, assez étroite, ayant tout au plus 15 millimètres de long. On comprendra facilement qu’une arme aussi effilée pourra s’insinuer entre le globe oculaire et le rebord orbitaire et blesser le nerf optique sans causer d’autres dégâts.

Page 1