‹ De l'atrophie optique consécutive aux blessures par baïonnette LebelChapitre 7 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mécanisme

Avant de rechercher par quel mécanisme un coup de baïonnette Lebel pourra: déterminer une atrophie optique, nous devons définir cette lésion.

« L’atrophie optique, dit M. le Professeur Rollet (Traité d’ophtalmoscopie), est déterminée par la dis: parition des éléments nerveux; il en résulte une diminution puis une abolition de la vision. »

L’atrophie optique, en dehors de multiples causes (héréditaires, post-névritiques, syphilitiques), peut être due à un traumatisme. On peut signaler trois causes capables de la produire :

1° Une contusion du globe oculaire ou du squelette avoisinant ;; |

2° Un hématome des gaines amenant une compression du nerf;

3° Une lésion directe du nerf par piqûre ou section :

UMR

plus ou moins complète, soit par esquille osseuse dans le cas de fracture du canal optique, soit par instrument piquant.

L’atrophie optique consécutive à un coup de baïonnette relève de cette troisième cause : une piqûre ou section plus ou moins eomplète du nerf. Comme nous . l’avons dit plus haut, l’orbite présente la forme d’une excavation pyramidale, à sommet postérieur correspondant à peu près exactement au trou optique, et à axe antéro-postérieur occupé par le nerf optique.

La pointe de la baïonnette, après avoir perforé les membranes antérieures, c’est-à-dire la paupière, la conjonctive, le septum orbital, va glisser entre le rebord orbitaire et l’œil, grâce à sa finesse, et atteindre le nerf vers Le trou optique. Ce métanisme a été confirmé par les expériences de Dufour et Gonin, de Genève. Ces derniers ont, en effet, toujours constaté qu’en enfonçant des objets pointus dans l’orbite, la pointe se trouvait toujours dirigée vers le trou optique.

Cependant Beigneux, dans sa thèse prétend que le nerf est difficilement blessé. Il se base sur les expériences faites par Berlin. Sur 30 essais, ce dernier n’a pu que sectionner six fois le nerf. Grâce au tissu adipeux abondant qui l’entoure, grâce à sa laxité, le nerf échapperait facilement à l’agent vulnérant. L’atrophie optique serait due à la compression du nerf par un hématome volumineux rétro-oculaire, qui expliquerait aussi, par le même mécanisme, les paralysies des muscles moteurs de l’œil. |

Cette théorie peut s’appliquer aux agents vulné-

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