‹ De l'atropine dans la prévention de la maladie opératoireChapitre 10 sur 28 · RS IE PI PT I I NT CS CESSE · texte numérisé non relu

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Il est curieux en tout cas de constater, à propos de

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an ces alcaloïdes, un parallélisme entre morphologie, ; | famille botanique, structure chimique et action phar- |

macodynamique. La relation entre action pharmacodynamique et structure chimique a été étudiée en particulier par Tiffeneau au [° Congrès français de Thérapeutique en 1933, il montre, par exemple à propos de l’adrénaline (rapporté par de Sèze dans le Journal Médical Français de novembre 1936)

« L'effet sympathomimétique paraît lié à la présence dans la formule chimique du groupement

CHHIERCER CH2N =, Axcette partie de la for-

mule He commune à tous les sympathomimétiques, nombre d’additions peuvent être apportées en vue de faire varier l'effet physiologique en qualité et en durée. On peut en particulier augmenter d’un atome de carbone la chaîne latérale, ajouter un hydroxyle alcoolique ou des hydroxyles phénoliques, groupements fonctionnels dont le nombre et les ‘ho Aons relatives peuvent également varier >».

D'autre part, Polonovski a établi entre la constitution chimique des alcaloïdes et la classification botanique, un rapport qu’il a appelé « principe de l’uni-

té dynamique alcaloïdogène » et qu’il énonce ainsi :

…Tous les alcaloïdes qu’on rencontre dans une même plante, voire dans une espèce végétale, ont la même structure fondamentale, possèdent le même noyau, et ne diffèrent entre eux que par des modifications de détail. », — donc, ajouterons-nous en vertu de la relation précédente, ont aussi les mêmes actions pharmacodynamiques. N°’y a-t-il pas là ample matière à réflexion philosophique ?

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Les alcaloïdes qui nous intéressent, agissant sur le système nerveux de la vie végétative, sont classiquement répartis en quatre groupes selon le sens et le lieu pourrait-on dire, de leur action :

— des parasympathicomimétiques, qui produisent les mêmes effets que l'excitation du parasympathique ;

— des parasympathicolytiques, dont les effets sont ceux de l’inhibition de ces mêmes nerfs ;

— des sympathicomimétiques agissant comme s'ils excitaient le sympathique ;

— des sympathicolytiques enfin produisant les signes de l’inhibition du sympathique.

Etant donné l’action antagoniste des deux systemes, sympathique et parasympathique, on conçoit d'emblée que ces quatre groupes doivent s’associer similairement deux à deux, d’une part les excitants du parasympathique avec les paralysants du sympathique, d’autre part les paralysants du parasympathique avec les excitants du sympathique.

Cependant ces actions ne sont pas toujours identiques, et sans reprendre l’étude de ces substances, nous rappellerons simplement brièvement les différences entre l’action de l’atropine, paralysant par excellence du parasympathique, et celle de l’adrénaline, excitant-type du sympathique.

Sans doute l’un et l’autre de ces produits déterminent-ils des symptômes « mineurs » analogues, sécheresse de la bouche, voix rauque, soif intense, arrêt de la sudation et sécheresse de la peau, tremblements,

palpitations, angoisse précordiale, mais par contre lPaction sur la tension diffère dans les deux cas, l’élévation est plus importante pour l’adrénaline que pour l’atropine, de même la tachycardie plus forte, d’autre part si l’une et l’autre déterminent de la mydriase, l’adrénaline entraîne une exophtalmie alors que l’atropine amène des troubles visuels par modification de laccommodation, l'élévation du taux du métabolis-

me basal est aussi plus forte pour l’adrénaline, enfin

celle-ci provoque du spasme intestinal avec diarrhée alors qu'avec l’atropine les spasmes sont calmés, l'intestin se laisse distendre et présente un volume anormal, évidemment sans diarrhée. Enfin et surtout ces deux actions sont différentes dans le temps, leur persistance étant très variable : alors que l’action de l’atropine est lente à s'établir et persiste plusieurs heures, celle de l’adrénaline au contraire est brutale, s’installant d'emblée au maximum, mais ne persistant que quelques minutes.

L’atropine, dont nous voulons nous occuper plus particulièrement, découverte simultanément par Meinet, et par Geiger et Hesse en 1831, obtenue par synthèse en 1896 par Willstaetter, est un alcaloïde extrait de la belladone, proche voisin de l’hyoscyamine et de la scopolamine avec qui elle a en commun un noyau basique appelé fropane (ces deux autres alcaloïdes dérivant respectivement de la jusquiame et du datura, plantes qui font partie, ainsi que la belladone, de la famille des Solanées). À ce noyau basique fro-

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pane, « considéré (nous empruntons l'analyse de Polonovski dans les Eléments de Chimie Biologique).

comme formé de la juxtaposition d’un noyau pyrro-

lidique et d’un noyau pipéridique avec une charnière commune de trois sommets », correspond un

alcool, le tropanol, qui possède une fonction alcool-

secondaire. Cette fonction alcool-secondaire étant es-

térifiée par un acide-alcool, l'acide l- tropique, on

obtient alors l’atropine. Signalons d’ailleurs que, par l'intermédiaire du fropanol-carboxylé (qui est l'ecgonine) l’atropine a un lien de parenté assez étroit avec les alcaloïdes de la Coca.

Au point de vue physiologique, nous ne rappelle-

rons que brièvement, puisque nous y avons déjà in-

sisté, que l’atropine est le chef de file des parasympathicolytiques, — action connue depuis longtemps

puisque les physiologistes ont employé bien souvent

l’atropine pour réaliser ce qu’ils appelaient une « section physiologique du vague ».

Sans vouloir entrer dans le détail des différents usagés que l’on a faits, en clinique, de l’atropine, nous rappellerons cependant que les anciens auteurs, Dastre en particulier, avait déjà vu le rôle que pouvait jouer l’atropine, — sans en comprendre le mécanisme, — dans la prévention de la syncope chloroformique du début de l’anesthésie. C’est Dastre qui, en 1879, en collaboration avec Morat (d’où l'appellation de « procédé de Dastre et Morat ») préconisa, avant lanesthésie au chloroforme, les injections d’atropine.

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