‹ De l'auscultation médiate: de l'exploration des organes de la circulationChapitre 12 sur 14 · DES PALPITATIONS · texte numérisé non relu

DES PALPITATIONS

Le mot « palpitation » du cœur, dans le langage médical nsnél, peut être défini iin battement du cœur sensible et incommode pour le malade, plus fréquent que dans l'état naturel, et quelquefois inégal sous les rapports de fréquence ot de développement.

Si l'on étudie à l'aide du cylindre les battements du cceur chez plusieurs malades attaqués de palpitations, on verra qu'il en est de beaucoup d'espèces, et qui n'ont guère entre elles que ce caractère conmiun, « le malade sent battre son cœur ». Assez souvent il « entend » aussi ces battements, et surtout quand il est couché. Debout il ne sent et n'entend ordinairement que la contraction alternative des ventricules et des oreillettes. J'ai répété souvent cette observation sur moi-même dans des insomnies accompagnées d'agitation nerveuse et de légères palpitations.

Dans beaucoup de cas, les palpitations consistent uniquement dans l'augmentation de fréquence des battements du cœur. Leur force n'est pas d'ailleurs plus grande que dans l'état naturel; et la main

appliquée à la région précordiale ne sent absolument rien, quoique le malade imagine, d'après la sensation qu'il éprouve, que son cœur bat beaucoup plus fort qu'à l'ordinaire.

Cette espèce de palpitation a surtout lieu chez les personnes attaquées de dilatation des yen tricules du cœur. C'est celle de toutes qui dure le plus longtemps. J'ai vu une palpitation de cette espèce persévérer, sans aucun intervalle, pendant huit jours chez une religieuse âgée d'environ soixantedix ans: le pouls, extrêmement petit et faible, battait constamment, pendant tout ce temps, de cent soixante à cent quatre-vingts fois par minute.

D'autres palpitations consistent dans une augmentation de fréquence et de force à la fois des battements du cœur. Ce sont surtout celles qui ont lieu, chez un honmie sain d'ailleurs, par l'effet de la course ou de tout autre exercice capable d'essouffler, bu qui sont déterminées par une affection morale. Les palpitations qui ont lieu chez un homme attaqué d'hypertrophie du cœur à un léger degré ont aussi ce caractère: l'impulsion des ventricules devient alors plus forte que dans Tétat naturel.

Ces deux espèces de palpitations ne peuvent être distinguées que par le rapport du malade et par l'accélération de la circulation.

Le bruit et l'étendue des battements du cœur sont presque toujours augmentés dans les divers cas dont je viens de parler; et, par cette raison»

îl ne faut jamais tirer de conclusions de l'analyse des battements du cœur que quand elle a été faite après un repos assez long, si le- sujfrt a fait de l'exercice, ou dans l'état de calme le pins parfait, s'il est attaqué de maladie du cœur.

IWins rhypertrophie simple et port^:^ à un haujj degré, les palpitations, étudiées par le cylindre, présentent les phénomènes suivants: les ventricules se contractent avec une impulsion très forte, et semblent soulever lee parois thoracîques dans une étendue et à une hauteur beaucoup plus considérables que dans l'état de calme. Leur bruit, au contraire, est plus sourd et moins marqué que dans cet état. Ces phénomènes et la fréquence augmentée des battements ne permettent souvent pas de distinguer les contractions de l'oreillette (p. 42). L'étendue des battements du coeur n'est pas d'ailleurs augmentée; et malgré Taccroissement de force de cet organe, souvent double ou triple de l'état ordinaire, le pouls est presque toujours deux ou trois fois plus faible et plus petit que dans ce dernier état. Quand la palpitation dure plusieurs jours de suite, qu'il s'y joint beaucoup d'étouffement, et que le malade, épuisé par ime longue maladie et leucophlegmatique, présente une face et des extrémités froides et violettes, qu'il approche de l'agonie, le pouls devient presqu'insensible; les battements du cœur, excessivement fréquents, perdent leur force d'impulsion, deviennent quelquefois un peu plus sonores, et cessent assez souvent de po avoir être sen-

tls d'une manière distincte qnelqaes jours ayant la mort du malade.

Dans l'hypertrophie accompagn(% de dilatation, rimpulsion, le bruit et l'étendue des battements du cœur sont ordinairement également augmentés par l'effet des palpitations. C'est surtout dans ce cas, et lorsque les deux affections dont il s'agit existent à un degré mé<liocre, que l'on observe les battements du cœur analogues à un coup de martean (iimt il a été parlé plus haut (p. 27).

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