DES IRRÉGULARITÉS DES BATTEMENTS DU GŒUE
Les irrégularités des battements du cœur peuvent exister sans palpitations. Chez les vieillards, on les rencontre souvent presque toutes sans altération notable de la santé.
Celles qui ont lieu pendant les palpitations consistent le plus souvent uniquement dans des variations de la fréquence des battements du cœur. Tantôt cette fréquence varie à chaque instant, tantôt on observe seulement de temps à autre quelques contractions plus lentes ou plus courtes que les autres Ciuel«|uefoig. au milieu d'une série île pnl-
sutionH ivi^a égales eoti'e eUes,, il en survient une ^ule plus courte de moitié que les autres dans ses deux temps. Ce phénomène produit sur le pouls quelque chose d'analogue à Tintermittence; et il produit complètement cette sensation^ comme nous le verrons plus ba^, pour peu que la pulsation plus courte soit en même temps plus faible que les autres. I^es variations de fréquence portent le plus souvent, comme dans ce cas, sur des pulsations complètes du cœur. Cependant il arrive quelquefois qu'elles dépendent seulement de l'augmentation ou de la diminution de dui'ée de la contraction des ventricules.
Ces irrégularités de fréquence ont lieu le plus souvent chez les sujets attaqués de dilatation du cœur.
C'est dans les moments de palpitations surtout que l'on observe, chez les personnes attaquées d'hypertrophie, ainsi que nous Tavons dit plus haut (p. 42), des contractions des ventricules prolongées, et qui ne laissent nullement entendre celles des oreillettes. Sans doute ces dernières n'en ont pas moins lieu, puisqu'on ne peut concevoir la circulation sans elles; mais l'absence totale ou presque totale d'intervalle sensible entre les contractions des ventricules ne permet pas d'entendre celles des oreillettes, qui sont alors plus faibles que dans l'état naturel, et qui, commençant nécessairement avant que la contraction aussi énergique que prolongée des ventricules ait cessé, sont masquées par ces dernières.
J'ai parlé précëdemment d'une autre espèce d'anticipation de la contraction des oreillettes sui- celle des ventricules, remarquable au contraire par sa force plus grande qu'à l'ordinaire (p. 43): il eï«t inutile d'y revenir ici.
Je crois #avoir observé aussi, quoique rarement, dajis les palpitations, une anticii»ation inverse et tout aussi brusque, c'est-à-dire, celle de la contraction des ventricules sur celle des oreillettes. Ce phénomène produit l'effet suivant: au milieu de pulsations assez régulières et dans chacune desquelles on entend distinctement la contraction des ordllettcs et celle des ventricules, on sent tout à coup, au moment où l'oreille cesse d'être soulevée par cette dernière, au lieu du claquement de l'oreillette, une nouvelle contraction d^^ ventricules accompagnée d'im choc beaucoup plus fort, après Lequel le cœur reprend son rhythme précédent. An reste, dans tous ces cas, on entend beaucoup plu** (list'nctement la contraction des oreillettes en i>'>saint le stéthoscope au-dessous des clavicules.
Il arrive quelquefois, quoique très rarement, dans les palpitations, que chaque contraction des ventricules est suivie de plusieurs contractions successives de l'oreillette, qui, réunies, n'occupent pas plus de temps qu'une seule contraction ordinaire. J'ai compté quelquefois dans ces sortes de palpitations deux pulsations des oreillettes pour une des ventricules; d'autres fois il y en a quatre; mais le plus souvent le nombre de ces contractions
successives et correspondantes à une seule contraction des ventricules est de trois. J'ai vu cet état de la circulation persister très régulièrement pendant plusieurs jours chez une femme attaquée d'hypertrophie du ventricule gauche. A une contraction des ventricules remarquable par sa longue durée et par la force avec laquelle elle frappait l'oreille I»resque saus bruit, succédaient sans aucune variation trois contractions bruyantes de l'oreillette, qui, réunies, ne duraient pas autant à beaucoup près que la contraction des ventricules. Quelquefois, dans ime longue suite de contractions régulières du cœur, on en entend seulement une ou deux de cette espèce. Cette espèce de palpitation, non plus que la précédente, ne produit aucune altération sensible dans le pouls. Je ne Pai observée que chez des sujets attaqués d'hypertrophie des ventricules.
Tels sont les phénomènes que présentent le plus ordinairement les palpitations avec irrégularités: je suis loin d^ croire qu'il n'e^ existe pas d'autres, et j'en connais même de très caractérisés que je n'ai pas encore eu occasion d'étudier à l'aide du cylindre. Il en est un surtout que je regrette de n'avoir pas rencontré depuis que je m'occupe de ce moyen d'exploration, et qui s'observe cependant quelquefois dans les palpitations dépendantes d'hypertrophie du cœur: c'est une suspension du pouls pendant laquelle Tartère reste pleine et tendue, et résiste fortement au doigt qui la presse. Ce phé-
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nuinène a lieu plus fréquemment, ou plutôt \n*e<que constamment dans les quintes de toux; mais Tagitation des i)arois thoraeiques ne permet pas alors d'examiner la région du cœur.