‹ De l'auscultation médiate: de l'exploration des organes de la circulationChapitre 5 sur 14 · SI · texte numérisé non relu

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produit qu'un son étouffé, analogue au murmure de l'inspiration, et le « claquement » de l'oreillette est beaucoup moins bruyant que dans l'état naturel. Dans l'hypeiiTophie portée à un degré extrême, la contraction des ventricules ne produit qu'un choc sans bruit, et le bruit de l'oreillette, devenu très sourd, est à peine entendu.

Lorsqu'au contraire les parois des ventricules sont minces, le bruit produit par la contraction des ventricules est clair et assez sonore; il se rapproche de la nature de celui Ses oreillettes; et, s'il y a une dilatation marquée, il devient presque semblable et à peu près aussi fort. Enfin, dans les cas de dilatation un peu considérables, ces deux bruits ne peuvent être distingués ni par leur nature ni par leur intensité, mais seulement par leur rapport dl<o chronisme ou d'anachonisme avefe le pouls artériel.

Dans l'état naturel, le bruit des contractions alternatives du cœur ne s'entend nulle paiii aussi fortement qu'à la région précordiale, et il devient plus faible dans les divers i)oints de la poitrine, suivant la progression que nous avons déjà indiquée (.voy. pag. 17). 'Mais dans quelques cas pathologiques, ce bruit peut être plus fort dans d'autres points de la poitrine, ainsi que nous l'avons

déjà dit (pagw 19). Nous aurons d'ailleurs occasion de revenir encore sur cet objet. Dans la dilatation (les ventricules, il est ordinairement aussi fort sous les clavicules qu'à la région du cœur.

Chez les sujets sains, mais dont le cœur a des

parois un peu minces, la contraction des oreillettes s'entend quelquefois beaucoup plus fortement sous les clavicules que celle des ventricules, quoi que la même différence ne s'observe pas à la ré gion précordiale.

Chez les sujets attaqués d'hj^pei'trophie, assez souvent, lorsqu'on ne sent dans la région précordiale qu'un fort soulèvement sans bruit, et qu'on ne peut distinguer le bruit de l'oreillette, on entend uniquement ce dernier sous les clavicules et même dans le dos; et, dans les cas moins graves de ce genre, on l'entend toujours plus distinctement dan^; ces endroits que dans la région précordiale, sur^ tout chez les sujets maigres et à i)oitrine étroite.

Quelquefois la contraction de l'oreillette, sans cesser d'être très distincle, ne produit qu'un bruit obtus et aussi peu sonore que celui des ventricules lorsque celui-ci l'est le moins. Le bruit des ventricules devient assez ordinairement alors plus sourd qu'il ne Test dans l'état naturel, et même que dans l'hypertrophie du cœur.

Cette obscurité du son de l'oreillette peut être due h plusieurs causes différentes. Assez souvent elle dé])end d'une disposition naturelle, en vertu d.o laquelle les plèvres et les bords antérieurs des poumons se prolongent au-devant du coeur et le locouvreiit complètement. Dans ce cas, le bruit de la respiration empêche quelquefois de bien distinguer les battements du cœur. Dans tous les cas. les contractions des ventricules, en exprimant l'air

contenu dans les ]»or fions du poumon placées entre lo cœur 9t le sternum, déterminent un bruit pailTilier «1 ont nous parlerons plus bas, et qui masque quelquefois entièrement leur bruit propre.

n n'est pas inutile de faire remarquer que cette disposition du poumon, qui n'est pas rare, peut rendre quelquefois nul im des signes donnés par Avenbruggeûr et M. Corvisart- comme indiquant l'augmentation de volume du cœur: je veux parler du son inat que doit rendre alors la région précord.iale. En effet, lorsque le poumon s'insinue entre le sternum, la région du cœur résonne bien, lors même que cet organe aurait acquis un volume double de l'état naturel^ Ceci s'observe principalement dans le cas assez fréquent d'emphysème du poumon compliqué de maladie du cœur.

Le ramollissement de la substance musculaire du cœur, affection qui, quoique très commune, a peu ÛKé jusqu'ici l'attention des praticiens, me paraît aussi rendre lé bruit des oreillettes, et même celui des ventricules, beaucoup plus sourd que dans l'état naturel.

Enfin la gêne de la circulation du sang dans le cœur, occasionnée par un trop grand afflux de ce liquide ou par une maladie grave du poumon, diminue encore et modifie en même temps le bruit des contractions du cœur. Le bruit du cœur présente en outre, dans divers cas pathologiques, des modifications très remarquables, et que nous examinerons dans l'un des chapitres suivants.

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