‹ De l'authenticite du Parmenide These presente a la faculte des lettres de ParisChapitre 13 sur 23 · LA CONCLUSION · texte numérisé non relu

LA CONCLUSION

Nous venons, pour emprunter l’expression de Parménide lui-mcme, de traverser à la nage un fleuve aux ondes troublées, aux multiples détours. A quelle mer ce fleuve porte-t-il le tribut de ses eaux, ou pour parler sans figure, à quel système philosophique se rattache cet étonnant dialogue? Quel but assigner à ce vaste échafaudage dialectique, construit sur un plan si savant au premier coup d’œil? — Cache-t-il sous une obscurité préméditée des vérités hardies ou impopulaires? Sans doute il s’est trouvé dans tous les siècles des hommes qui ont abrité sous le couvert d’un nom respecté des doctrines qu’ils n’auraient pas osé produire en leur nom personnel : mais l’auteur du Gorgias n’était pas homme à reculer en face d’une hardiesse métaphysique.

Ces déductions contradictoires, ces thèses et ces antithèses, ces antinomies multipliées ne conduisent-elles pas l’esprit à travers leur immense dédale, à quelque résultat dogmatique? Si la signification des différentes parties a paru nous échapper, parviendrons-nous du moins à saisir le sens de l’ensemble? Supposé même, comme on l’a plus d’une fois affirmé, que l’opposition entre rô h et -àW.a doive se résoudre dans celle de Dieu et du monde, quelle doctrine ressort des relations confuses établies entre ces deux idées? Nous touchons au terme du dialogue : n’est-il pas naturel d’espérer que l’auteur va mettre fin à notre incertitude et nous révéler le but auquel il voulait nous conduire par la route tortueuse qu’il lui a plu de choisir? Après l’avoir suivi dans tous les détours de ce labyrinthe obscur, n’aurons-nous pas la satisfaction d’être enfin rendus à la lumière?

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