‹ De l'authenticite du Parmenide These presente a la faculte des lettres de ParisChapitre 2 sur 23 · VJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

VJ PRÉFACE

jusqu’au paradoxe, j’ose affirmer que le nom de Platon, inscrit aujourd’hui encore avec assurance sur plus d’un dialogue même célèbre, n’est qu’un nom usurpé.

La démonstration complète de cette thèse demande plus d’un volume : un choix devenant nécessaire, je me suis arrêté de préférence à un écrit qui non-seulement dans l’œuvre de Platon, mais dans l'histoire entière de la philosophie ancienne, apparaît, selon l’expression de Socher, isolé dans une sombre majesté. Je veux parler du Parménide, dont le caractère étrange explique, sans la justifier, l’importance mystérieuse qu’on se plaît à lui reconnaître. A toutes les époques, malgré son obscurité presque proverbiale, ce dialogue a eu des interprètes, je dirai plus, des admirateurs, et l’on citerait difficilement une œuvre philosophique ou littéraire plus fréquemment et surtout plus diversement commentée.

S’inscrire en faux contre toutes les solutions proposées, refuser le Parménide k Platon et le considérer comme l’un des innombrables produits de cette fausse érudition en honneur dans les derniers siècles de l’ère païenne, c’est soutenir une thèse en apparence bien téméraire et menacée de rencontrer bien des incrédules : car comme l’a dit Wolff dans ses fameux Prolégomènes : « Imprimis invidiosa solet esse eorum conditio qui ea scripta quæ ab eruditis semper probata erant atque adeo sæculorum præscriptione in prima classe locum occupârant, creditis auctoribus indigna et looo summovenda judicant. » La tradition, je ne l’ignore pas, est essentiellement ennemie de tout retour sur elle-même, et en France du moins, tes conclusions que je vais présenter auront le privilège ou, si l’on aime mieux, l’inconvénient de la nouveauté ; mais cette crainte ne m’a pas retenu.

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