‹ De l'autoplastieChapitre 10 sur 27 · HUITIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

HUITIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE

de Desault à nos jours.

Dans cette période , Pautoplastie appréciée à sa juste valeur a fait en peu de temps des progrès immenses , et aujourd'hui elle est peut-être de tous les moyens chirurgicaux celui dont l'humanité retire le plus d'avantages. Naguères elle se bornait à la rhinoplastieàpeu près exclusivement; aujourd'hui ses applications sont devenues si nombreuses, qu'elle forme une des branches les plus importantes de l'art de guérir. Naguères elle ne figurait dans les ouvrages que pour mémoire et pour y être maltraitée, aujourd'hui des volumes entiers suffisent à peine pour en exposer l'ensemble et en vanter les succès. Et pour cela il n'a fallu que vingt ans! En quelques années les modernes ont dépassé les productions de plusieurs milliers de siècles!

Au commencement du dix-huitième siècle, absorbés tout-à-fait par le besoin de porter des secours aux guerriers qui combattaient sur toute la surface de l'Europe, les chirurgiens s'occupèrent fort peu d'autoplastïe.

Lucas, en i8o3, avait bien pratiqué la rhinoplastie par la méthode indienne ; mais son opération n'eut pas de succès, et c'est particulièrement a

Garpue qu'appartient la gloire d'avoir donné l'impulsion, en 1814, en réussissant sur un homme qui avait perdu la pointe , la cloison et les cartilages du nez , par l'effet d'une maladie mercurielle. Cet exemple eut le plus grand retentissement en Europe9; il suffit pour éveiller l'attention , et dès ce moment le génie des chirurgiens s'exerça sur l'autoplastie, et dès ce moment celle-ci a vu le cercfe de ses applications s'aggrandir et le nombre de ses succès s'est accru dans la même proportion. Deux ans plus tard , en effet , Graëfe pratiqua avec bonheur la méthode Tagliacotienne, mit à exécution là modification que Reneaulme avait proposée et donna le nom un peu prétentieux de méthode allemande (methodus germanica) , à cette correction dont il n'avait pas eu le premier l'idée.

En 1816 Delpech , s'exprimait encore ainsi sur le compte de cette opération : « Le temps n'a pas en- » core épuisé le ridicule qu'on a attaché à l'idée » des entreprises deTagîiacozzi^et peu de praticiens » ont expérimenté l'opération employée en pareil » cas par les Indiens. » {Mal. chir.)

A celte époque, l'ouvrage de W. Balfour, publié depuis 18 14 à Edimbourg, Observations on adhésion , wïth two cases , démonstrative of the powers, of the nature to reunite parts, with liave bj accident totally separatedjrom the animal System , avait déjà préparé les esprits aux idées nouvelles qui allaient bientôt se répandre, lorsque h G. Garpue fît connaître dans tous ses détails la

méthode employée par les Indiens et le succès qu'il venait lui-même d'en obtenir. An account of two successfull opérations for restoring a last nase 3 from the integuments of the forchead in the cases oftwo ofjicers q/his majesty armj^ to which are projited historical and physiological remarks of nasal opération. (London, 1816.)

Une ère nouvelle commence dès ce moment pour l'autoplastie; Graëfe et Dzondi en Allemagne ; les professeurs Richerand et Delpech, en Frabce; A. Cooper et Earle , en Angleterre , rivalisèrent de zèle dans leurs essais nouveaux , donnèrent quelque popularité à certaines opérations de ce genre, et, ce qui importait plus encore, firent entrevoirie brillant avenir qui était réservé sous ce rapport à l'art des opérations.

Cette heureuse impulsion ne tarda pas, en effet, à porter ses fruits. MM. le professeur Roux, Lallemand de Montpellier, Lisfranc, Dieffenbach, Veipeau ouvrirent la carrière ; ils y furent bientôt suivis par la plupart des chirurgiens , et l'on vit éclore sur l'autoplastie les importans travaux qui constituent l'état actuel de la science et que je résumerai dans la suite de cette dissertation.

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