‹ De l'autoplastieChapitre 9 sur 27 · SEPTIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME PÉRIODE

De J. L. Petit à Desault, 1791.

Pendant le cours de cette période, les doutes dont nous venons de parler à la fin de la période précédente ne firent qu'augmenter encore, et les auteurs les plus sceptiques- allèrent jusqu'à prodiguer l'injure à la mémoire de Tagliacozzi. Dionis, dans sa septième démonstration (page 471)-) nie positivement qu'un nez entièrement coupé puisse être réapplique' avec succès, et après avoir raconté plusieurs histoires de ce genre, il met au même rang l'opération de Tagliacozzi; il termine par cette phrase ; « Je crois ces histoires apochryphes^ et fe

les prends plutôt pour des contes faits à plaisir que pour des faits 'véritables. licite néanmoins, dans le même article, le malheur d'une bouchère à qui, par jalousie, la femme d'un notaire abattit presque entièrement le nez, à l'aide d'un couteau qu'elle trouva sous sa main. L'organe fut remis en place, et il s'agglutina à merveille. Plus tard, Lajaje partagea les doutes de Dionis, et donna pour prétexte qu'il avait essayé vainement de faire reprendre, chez les animaux, le nez qu'il leur avait coupé. Mauquest de la Motte alla plus loin, et traita d'insignes menteurs et Tagliacozzi et ceux qui soutenaient avec lui qu'il était possible de greffer la peau du bras sur le nez ravivé. Presque tous les écrivains qui vinrent ensuite ne traitèrent pas mieux la rhinoplastie, et Garengeot lui-même fut indignement tourné en dérision pour avoir rapporté l'histoire d'un nez arraché par morsure, et qu'on parvint cependant à faire reprendre, quoiqu'il eût été traîné dans la boue, et qu'on ne l'eut appliqué qu'au bout de plusieurs heures.

Sprengel a encore commis une erreur au sujet de Heister, en avançant que cet auteur ne pensait pas qu'il fût possible qu'un nez entièrement séparé du corps pût de nouveau être greffé à sa place, et qu'il ne croyait pas davantage à la réalité des opérations de Tagliacozzi. En effet, quant au premier fait, Heister cite les exemples de Blegni et de Garengeot,

et il ajoute : « Fides sit pênes auctorem ! » Plus loin, il dit encore : « Interea si casus iterùm accidat, imitari alterutrum possumus, ne quid amisisse videamur. » Comme on le voit, ces paroles sont loin d'exprimer un doute positif.

Il n'est pas plus vrai dédire que Heister ait douté de la réalité des opérations de Tagliacozzi; car il fait le plus grand éloge de ce chirurgien , qu'il appelle « vir ciarissimus,» et il dit seulement que les auteurs récens n'ont pas personnellement d'exemples à l'appui de son procédé : « dum nova expérimenta sive observationes ferè deficiunt. »

Malgré la défaveur générale dans laquelle la restauration nasale était tombée , quelques écrivains la défendirent cependant de loin en loin, et au premier rang figurent Reneaulme de la Garanne , Rose?! de Rosenstein, et du Bois dont nous avons déjà parlé. Le premier de ces auteurs a même proposé une modification que Graëfe a mise à exécution , et qui, comme nous l'avons déjà vu, avait été prévue et indiquée par Tagliacozzi lui-même. Cette modification consiste à faire en un seul temps la formation du lambeau et sa coaptation au nez.

Plus tard Richter avança qu'un nez de bois était préférable à celui que procure larhinoplastiej et Ckopartet Desaultrtèn ont parlé que pour la proscrire.

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