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CHAPITRE TROISIÈME

Modifications générales de l'autoplastie.

Indépendamment de la méthode opératoire que l'on adopte dans un cas donné, l'autoplastie présente encore des modifications qui dépendent de certaines conditions dans la forme de la solution de continuité qu'elle doit réparer. Aussi doit-on distinguer avec soin l'autoplastie qui s'applique aux parties plus étendues en profondeur qu'en surface, de celle qui convient aux parties plus étendues, au contraire, en surface qu'en profondeur.

L'autoplastie que l'onjpratique dans le premier cas, celle des conduits fistuleux par exemple, réclame un arrangement particulier du lambeau qui puisse lui permettre de remplir tout le trajet de ces conduits; c'est pour ce cas que M. le professeur Velpeau a imaginé son procédé par roulement du lambeau, procédé par lequel on obtient, en effet, un véritable bouchon, dont la longueur calculée d'après celle de la fistule, lui permet de se mettre en rapport avec elle dans toute son étendue. Il est inutile d'insister pour montrer tout l'avantage de ce mode opératoire dans le cas que je signale ; un lambeau simplement disposé , s'appliquerait seulement sur l'orifice externe de la fistule , laisserait les matières s'accumuler dans le trajet de celle-ci;

i8o il ne réussirait pas, ou ne donnerait pour résultat que la transformation en fistule borgne interne d'une fistule primitivement complâlle. Uautoplastie à la faveur du lambeau roulé en bouchon est donc celle qui convient par dessus tout, pour l'oblitération des conduits. Uautoplastie ordinaire né peut fournir qu'un opercule, par conséquent elle est impuissante pour la cure de la partie intérieure du canal.

Ce n'est pas toutefois que le mode opératoire de l'opercule ne compte quelques succès : Earle, À.Cooper et le docteur F. Alliot, ont guéri de cette manière des fistules uréthrales. Le docteur Àlliot a même, à cette occasion , modifié avantageusement le procédé opératoire ordinaire : il a taillé un lambeau quadrilatère sur un des côté de la fistule ; du côté opposé, il a fait a la peau une perte de substance de même forme et de même étendue; et il a réuni ensemble cesdeux parties,en entrelaçant,en quelque sorte, l'une avec l'autre les deux lèvres de la plaie, et faisant chevaucher l'opercule sur l'orifice de la fistule.

Observation. - — Un jeune homme présentait une ouverture fistuleuse vers le tiers inférieure de la \erge. Je conseillai d'abord, suivant le conseil des auteurs, l'usage de la sonde, et ce moyen n'ayant amené aucun résultat, je recourus à la suture des bords de la fistule , qui échoua également. Ce double insuccès me donna lieu à réfléchir. La-méthode

i8i de Diefïenbach , qui consiste à inciser de chaquc côté, parallèlement, les tégumens, ne me parut pas devoir réussir davantage; car la peau est lâche dans ces régions, et la cause des revers n'est pas dans le tiraillement de cet organe , ou dans la difficulté de le maintenir en contact, mais de la disposition de l'urine à s'insinuer entre les lèvres de la plaie , qui se trouve sur son passage. Il me parut manifeste qu'en éloignant du trajet de Furèthre la réunion de la plaie, on en rendrait l'adhésion beaucoup plus sûre. En conséquence , je pratiquai d'un côté de la fistule des incisions latérales dépassant en haut et en bas la fente fistuîeuse, et je disséquai la peau de ce côté, tandis que de l'autre j'en enlevai parallèlement une portion dans une étendue de six à sept lignes ; reportant alors le lambeau flottant sur la surface dénudée, je pratiquai deux points de suture loin de l'urèthre; et après avoir placé une sonde dans le canal, j'appliquai un bandage dont la douce compression servait à maintenir encore les parties et à en rendre le contact plus intime. Une survint aucun accident. On se contenta de tenir le malade à la diète, d'arroser la verge d'eau froide durant trois à quatre jours, et la réunion se fit d'une manière solide et parfaite.

t (Gaz. wéd.)

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