‹ De l'autoplastieChapitre 2 sur 27 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

DE

LAUTOPLASTIE.

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L'autoplastie est restée fort long-temps dans des limites très circonscrites, et les premières périodes de son histoire n'ont guère trait qu'aux réparations des pertes de substance du nez. L'importance de ce genre d'opérations, les nombreuxservices qu'elles ont déjà rendus à l'humanité, ceux plus grands encore qu'elles lui promettent à mesure que les applications s'en multiplieront et que l'habileté des chirurgiens s'exercera davantage à ces ingénieuses créations, tout enfin m'impose l'obligation de ne rien omettre sur cet intéressant sujet, et de préluder à la description que je dois donner, par une esquisse complète, niais aussi rapide que faire se pourra, et qui nous fasse apprécier les phases diverses qu'il a parcourues avant d'arriver jusqu'à nous. Cette partie de ma tâche est longue, pénible, difficile même, je le sais, car les histoires que la science possède à cet égard sont toutes, sans en excepter celles de Graefe, de SprengeJ et de Percy, mal conçues , rédigées sans méthode, sans lien philosophique qui

réunisseplus ou moins ingénieusementles parties nombreuses de ce grand tout historique 5 toutes aussi sont incomplètes et, qui pis est, entachées, pour ja plupart, d'un certain nombre de citations inexactes que j'aurai soin de relever.

L'esprit humain est toujours et partout le même : son but est le progrès ; il y tend sans cesse, mais sa marche est le plus souvent saccadée et irrégulière. Ici une idée nouvelle le pousse en avant et lui fait franchir, d'un seul bond, un espace dont l'étendue étonne; là, au contraire, il s'arrête tout à coup, et, comme épuisé de l'effort qu'il vient de faire , il se repose; il est, comme on dit, stationnaire. Quelquefois, à une autre époque, il détruit lui-même ce qu'il a laborieusement enfanté, et recule de tout l'espace qu'il avait parcouru , pour marcher plus tard une fois encore en avant; et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il approche enfin le plus près possible de la perfection à laquelle il tend. Cependant, au milieu de cette mobilité même, il est toujours possible de saisir quelques traits, quelques caractères particuliers. Au milieu de ce grand mouvement, on distingue toujours de loin en loin des hommes supérieurs qui s'en rendent maîtres pour le diriger ; et ces hommes scientifiques sont des sortes de jalons intellectuels qui marquent et circonscrivent les espaces, comme des phares brilians qui servent de points de ralliement et qui éclairent de leur lumière le

chemin souvent si obscur de l'art. Ajoutons aussi que, par cette raison même, généralement chaque époque offre une physionomie particulière, qui suffit toujours pour la faire reconnaître, et cela grâce à l'homme de génie actuel doué d'assez de vigueur pour communiquer l'impulsion qui plus tard se continue même en son absence.

C'est seulement ainsi, selon moi, qu'il est possible d'étudier l'histoire avec fruit, et d'en faire saisir les époques les plus saillantes; c'est le seul moyen d'en tirer des conséquences générales , et de faciliter la mémoire, c'est le seul aussi pour éviter de se perdre au milieu d'un déluge de noms qu'aucune pensée commune n'a liés, et pour sortir du dédale dans lequel se sont perdus presque tous ceux qui ont raconté les époques diverses de l'art de guérir.

Pour éviter l'inconvénient que je viens de signaler, et c'est là que tendaient ces réflexions générales, je diviserai l'histoire de Tautoplastie en huit périodes différentes que je vais parcourir successivement.

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