‹ De l'autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé;Chapitre 10 sur 67 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De rEducation d'un roi.

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E n'est pas tout de nourrir et d'habiller un jeune prince : il faut l'élever, et c'est là le difficile. Si vous voulez avoir une idée de ce que Rabelais trouvoit de ridicule dans l'éducation de son tems, et de celle qu'il auroit voulu mettre à la place, lisez ce chapitre et le suivant.

a Gargantua, depuis trois jusques à cinq ans, fut nourri et institué en toute discipline convenante par le commandement de son père, et celui tems passa comme les petits enfans du pays, c'est à savoir à boire, manger et dormir; à manger, dormir et boire; à dormir, boire et manger, y)

Après ce trait plaisant vient une longue énumération des passe-tems du bambin. Ce sont quatre pages d'absurdités et de niaiseries telles que celles-ci : « Toujours se vautroit par les fanges, acculoit ses souliers , bâilloit souvent aux

mouches et couroît volontiers après les parpaillons % dont son père tenoit Tempire; il buvoit en sa pantoufle et se frottoit ordinairement le ventre d^un panier ; il s^asseyoit entre deux selles le cul à terre, se couvroit d'un sac mouillé, buvoit en mangeant sa soupe, se cachoit en Peau pour la pluie, mettoit la charette devant les bœufs, mangeoit son pain blanc le premier^ faisoit de la terre le fossé, gardoit la lune des loups; les petits chiens de son père mangeoient en son écuelle, lui de même mangeoit avec eux; il leur mordoit les oreilles, ils lui égratignoient le nez, etc. » Absurdités et niaiseries, si vous voulez, maïs qui ne ressemblent pas trop mal à la première éducation de nos princes entre les mains des femmes.

Si je disois, par exemple : a II avoit passé sa minorité à battre le tambour, à sonner du cor, à faire des petits jets d'eau avec des tuyaux de plume , à prendre des moineaux avec des pigrièches », j'aurois Tair de continuer à copier Rabelais parlant du petit Gargantua. Point du tout : c'est une note sur Louis XIII, datée de 1617, trouvée à la Bastille le grand jour des révélations, c'est-à-dire le jour de sa prise. (Mém. sur la Bastille, tome I".)

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