PROGRÈS COMMERCIAUX DU ST. LAURENT
Nous avons remarqué un progrès rapide et matériel dans le commerce du St. Laurent, dans le cours des vingt années expirées en 1840. Dans les six années qui ont suivi cette dernière, nous avons exporté plus de bois que dans les dix années précédentes ; et jusqu’à ce jour, nous avons expédié par mer, depuis 1840, quatre millions et un quart de barils de fleur et de blé, quantité qui excède, de plus d’un million de barils, l'exportation totale de fleur et de blé du St. Laurent par mer, entre les années 1800 et 1840. Ainsi donc, malgré la perte, en 1842, d’une partie de la protection accordée à nos bois, et de toute protection sur notre fleur quelques années plus tard, nous n’avons pas lieu de nous plaindre du commerce du St. Laurent pour la décade expirée en 1850. Le déficit énorme, ainsi qu’on l’a appelé, dans nos exportations de fleur et de blé, en 1848, n’était rien de plus qu’une réaction naturelle après les exportations sans parallèle de 1847, et n’a rien d’alarmant, puisque les exportations de 1848 sont plus considérables que celles d’aucüune année antérieure à 1844, à l’exception seulement de 1841. On voit d’après le tableau des exportations de Montréal en 1844, qui indique un accroissement satisfaisant sur l’année précédente, que le déficit de 1848 n’avait rien de permanent. L'état suivant indique le progrès du commerce du St. Laurent comparé à celui de New-York :
“Tonnage arrivé à Québec et à New-York
en 1819......100,000 266,840 1829......236,565 417,961 1839......382,861 655,927
1849......489,861 (en 1846...628,425) Inconnu
Comparé au commerce de la première ville commerciale de l’Amérique, ce tableau est satisfaisant, en ce que les années indiquées n’ont pas été affectées par les
stimulans ou les révulsions du commerce, et donnent la
juste moyenne du progrès.
Si nous considérons, qu’indépendamment de notre comimèrce par la voie du St. Laurent, nos relations commerciales par terre avec les Etats-Unis, en 1848 et 1849, ont excédé de beaucoup celles des années précédentes ; et que nous avons l’année dernière expédié plus d’un million et demi de minots de blé et de fleur au scul port d’Oswego, nous avons tout lieu de nous féliciter de ce que nous sommes en état d’approvisionner un marché étranger : nous devons èn même temps porter notre sollicitude sur la destination future de ce surplus considéräble et croissant.
Tant que la fleur expédiée par le St. Laurent a joui d’une préférence d’une piastre environ par baril sur le même article expédié de New-York, cette prime a été suffisante pour contrebalancer les taux éievés du fret que l'exclusion des vaisseaux étrangers de l’Atlantique, et l'absence de meilleures communications et d’une compétition efficace sur le fleuve, avaient produits. Le retrait de cette protection ayant eu lieu avant l’abrogation des lois de navigation, et avant l’achèvement de nos canaux, nos produits de l’Ouest se son naturellement dirigés sur New-York où les prix étaient plus fermes qu’à Moñtréal, tant parce que la demande avait diminué en Angleterre, (résultat de l’encombrement des march£s anglais après
la fa avant de fle été n Mont marc!
diver vra p dégui nant fait « consé posit proci
n’ont facile ne de de n« craig par d'act
Le les prél cette St.
de du
la famine de 1847, qui rendait New-York un marché plus avantageux,) que parce que les frais d’expédier un baril de fleur, du Canada Ouest à Liverpool, avaient jusqu’alors été moindres par la voie de New-York que par celle de Montréal. La tendance de notre blé à se diriger sur les marchés des Etats-Unis en 1848 et 1849, a donné lieu à diverses théories et spéculations sur la direction que devra prendre notre commerce à l’avenir ; et l’on ne peut se déguiser que des craintes graves se sont élevées concernant la valeur de nos canaux du St. Laurent, 11 est de fait que les opinions politiques ont été bouleversées en conséquence ; et nous nous trouvons maintenant dans la position humiliante de supplians qui demandent la réciprocité avec les Etats-Unis.