‹ De l'avenir et de l'influence des canaux du Canada [microforme]Chapitre 16 sur 24 · COMMERCE DE BOIS · texte numérisé non relu

COMMERCE DE BOIS

Depuis que les vaisseaux étrangers ont obtenx Pentrée libre de nos ports, les grands dépôts de bois à Québec

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offrent des ressources au St. Laurent que ne possède ni ne possédera jamais New-York ou la Nouvelle-Orléans. En 1846, il y avait assez de bois à Québec pour faire des chargemens au montant d’un million de tonneaux ; et la valeur de ce bois ne pouvait être évaluée à moins de £1,500,000. Le tonnage arrivé à Québec dans cette année fut de 628,425 tonneaux, donnant de l’emploi à environ 25,000 hommes ; il était plus considérable que celui de New-York en 1840, bien que le commerce de ce dernier port fut ouvert à toutes les nations de l’univers. La moyenne de nos exportations de bois par mer, pendant les cinq dernières années, s’est élevée à environ un demimillion de tonneaux. Cette facilité de fournir du fret aux vaisseaux qui s’en retournent, devra exercer une influence puissante sur l’immigration et sur les importations par la voie du St. Laurent. Chaque pied de bois que

nous exportons maintenant dans la Grande-Bretagne,

nous coûte pour le fret autant que la protection accordée sur cet article nous permet d’expédier en sus dans ses

ports. Pour le transport des passagers, qui est le com-

merce le plus profitable, le $t. Laurent offre la voie la plus facile et la plus économique, et les émigrés ne sau-

raient trouver une meilleure route pour arriver au but de

leur destination, les contrées de l’Ouest ; et d’après la nbuvelle loi de navigation, les vaisseaux étrangers de quelque pays que ce soit, qui font voile du Canada, transporteront notre bois en Angleterre à des taux très réduits. Cela aura l’effet de diminuer le prix de cet article dans ce pays là, et d’en augmenter la consommation; et nous’ ne voyons pas pourquoi, sous ce rapport, nous nous bornerions aux marchés de la Grande Bretagne. Sur l’immense quantité de bois exporté annuellement de l’Outaouais et du Canada Est, il n’y a que le bois scié expédié directement de Bytown sur la rivière Hudson, par Lachine et Chambly, qui passe par les canaux du St. Laurent.

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En 1845, près de quarante millions de pieds de bois scié furent expédiés des rives canadiennes des lacs Eric et Ontario, par la voie d’Oswego et de Buffalo; en .1819, cette quantité fut presque doublée ; et aveo un canal ouvert pour les bâtimens depuis le St. Laurent jusqu’au lac Champlain, tout ce bois suivait cette route, tant que le Haut-Canada exportera dans cette direction. Mais l’accroissement des. marchés de l’Ouest, où, vu l’immigration, l'absence de la pierre et les habitudes du peuple, l’on a besoin de grandes quantités de bois, devra avant peu donner une autre direction au mouvement de cet article indispensable. Les contrées de l’Ouest dépendent du Michigan et des rives voisines du Canada pour se procurer cet article utile et nécessaire ; mais ces deux derniers districts, tant par leurs progrès rapides et leur propre consommation, que par l’élan donné à leur comrerce par l’étendue et l’excellence de leurs marchés, ne pourront longtemps continuer de fournir aux besoins des contrées de l’Ouest. C’est alors que le bas prix du transport mettra les vaisseaux qui retournent à même de transporter les produits des forêts de l’Est à travers nos larges canaux, et que l’on pourra échanger le pin de l'Outaouais, du Saguenay et peut-être de la rivière St. Jean, contre les produits des Illinois et du Wisconsin. En 1848, Chicago importa sept millions; en 1844, dixneuf millions ; en 1847, trente-deux millions ; et en 1848, soixante millions de pieds de madriers, vingt millions de bardeaux, et dix millions de pieds de bois de lattage. En 1840, la valeur du bois produit dans le Michigan ne s’élevait pas à 4100,000 ; en 1848, le Michigan en exporta pour le double de cette valeur; en 1847, le même Etat avait exporté soixante et quatorze millions de pieds de bois scié, vingt-sept millions de bardeaux, et pour $125,000 de bois de latiage, douves et autres bois. Cleveland importe environ trois millions de pieds de bois du

Canada ; Buffalo en importa vingt-cinq millions, en 184%, et vingt-huit millions, en 1848; Oswego, dix-huit millions, en 1845; et vingt et un millions de bois scié, en 1848, venant principalement du Canada. ‘En:1849; le montant du bois importé à Oswego s’est élevé à cinquante et un millions de pieds (dont quarante-quatie millions du Canada); et à Buffalo et Black Rock, quarante-hois millions, dont vingt-trois millions du Canada: Cié fortés exportations du Canada Ouest et du Michigan, la grande demande de bois pour le marché de la rivière Hudson ‘qui en absorbe trois millions de pieds annuellement, et l’accroissement prodigieux des importations à Chieago, (ville qui parait destinéé à devenir avant peu la rivale de l4 rivière Hudson dans le commerce du bois), devront placer cet article parmi la liste des chârsemens qui remonteront le St. Laurent. (On pent se aîre une idée de l’importance du commerce de bois en er qui conéeme nos canaux, par le seul fait qu'en 1845, les produits des forêts ont formé 44: pour cent du mouvement total du tonnage du canal. Erié; sur les canaux du St. Laurent, le mouvement total’ est des aix-septièmes.

Comme nous l'avons déjà dit, on peut raisonnablement considérer l’émigretion comme une source importante de richesse pour le eommerce du St. Laurent et de ses eanaux, L’immigration annuelle en Amérique est mainte-

nant de plus de 800,000 âmes. Dans les dix années finisant en 1849, plus de 1,000,009: d'émigrés: sont débar- -

qués à New-York ; et durant les quatre dernières années, il en est arrivé environ 800,000 à Québec.

A Québec en 1848, 28,261 1949, 34,494 :

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très bien que. les émigrés ‘arrivés dernièrement ‘étaient

supérieurs à la classe ordinaire, L'angmentation du chiffre, et l’aisance et la respectabilité de cette classe

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d’émigrés sont entièrement dues à la supériciité de no$ canaux. |

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