‹ De l'avenir et de l'influence des canaux du Canada [microforme]Chapitre 17 sur 24 · COMMERCE ÂVEC LES PROVINCES DU GOLFE · texte numérisé non relu

COMMERCE ÂVEC LES PROVINCES DU GOLFE

Ces provinces, (la Nouvelle Ecosse, le Nouveau Brunswick, et l’Ile de Terre-Neuve) font le commerce du bois et du poisson, et sont engagées dans la navigation ; et toutes importent des denrées. Notre commerce avec elles s’accroit maintenant, bien qu’il soit encore assez limité. On appréciera mieux le rnouvement de ce commerce par l’état suivant du nombre de vaisseaux partis de Québec pour ces provinces, pendant les cinq dernières années.

1845... 13 vaisseaux.....…..4056 tonneaux 1846........121 do. 6558 do. Ein DOTE M ocre 7881 do.

1848... 138 do. 1658 do.

-1849..........153 do. 8728 de.

Avant l’année 1842, une grande partie de l’approvisionnement de ces marchés était expédiée du St. Laurent; mais l’acte de la même année qui imposait un droit sur les pr.duits américains expédiés du Canada, jeta ce commerce entre les mains des Américains de Boston et de New-York. Les restrictions apportées à notre navigation, et le peu de développement donné à notre marine élevèrent les taux du fret; et les chargemens étant limités par la demande en Canada, ce commerce n’était pas suffisant pour nous mettre en état de soutenir la concurrence avec les Américains dont les vaisseaux allant sur lest à la Nouvelle Ecosse pour prendre du plâtre et du charbon, pouvaient transporter des provisions à des taux nominaux. Si nous pouvons transporter le plâire et le charbon en remontant le St. Laurent, et trouver un marché pour en disposer, nous pourrons alors expédier la fleur dans les provinces du

golfe avec plus de facilité qu’on ne pourrait le faire de toute autre place. La population de Halifax est de 25,000 âmes, et la valeur de ses importations et exportations s’élève à £2,500,000,—chiffre plus considérable que celui de Montréal, avec le double de sa population ; cela vient de sa position favorable, Halifax étant l’entrepôtdu commerce avec les Indes Occidentales. Comme les Etats Unis expédient environ 300,000 barils de fleur directement à la Guyane et aux Indes Oceidentales britanniques, et presqu’autant dans la Nouvelle Ecosse et au Nouveau Brunswick, et que la plus forte partie de cette fleur vient des contrées qui bordent les lacs, nous n’avons aucune raison, (puisqu’ils soni forcés de le faire) de leur refuser la liberté de l’expédier directement de Cleveland à Halifax, et là, d'échanger leur fleur pour le produits des îles et les poisson destiné pour le marché des lacs, en nous payant les péages en remontant et descendant. La population de ces provinces est d’un demi-million environ.

La province du Nouveau-Brunswick possède des mines de charbon et de fer; le poisson, le plâtre, les pierres à meules et le bois y abondent; ce dernier article, elle le convertit en argent en Angleterre, et avec cet argent elle achète en grande partie ses provisions. En 1846, le Nouveau-Brunswick a tiré des Etats-Unis pour £216,000

sterling, et ne leur a vendu que pour £11,000 de charbon et de poisson.

La Nouvelle-Ecosse possède des mines abondantes de fer et de charbon d’un accès facile et de la meilleure qualité ; mais ces mines sont malheureusement en proie aux monopole d’une compagnie qui a le droit exclusif de les exploiter, en sorte que bien qu’il existe des veines précieuses de charbon, qui ne sont pas utilisées dans la Baie de Chignecto, les bateaux à vapeur qui naviguent dans cette baie, n’emploient que du charbon anglais. C’est pour cotte raison, et aussi à cause du grand nom-

bte de vaisseaux qui artivent sur l’est que le charbon de Liverpool se donne à plus bas prix a Québec et Montréal, que 6elué de le Nouvelle Evosse. : Cet état de chose ne peut durer longtémnps. : Les habitants de 14 Nouvelle Ecosse expédient leur plâtre et leur charbon à New-York, et paient le droit ; il est probable, lorsqu’ane demande sera onverte par la voie du St. Laurent, qu’ils pourront foùrnir aux contrées qui bordent les lacs Ontario et Champlain, uu article meilleur et à plus bas prix qu’ellés ne peuvent se procurer par le lac Érié, attendu que les taux du fret en rèmontazt seront moins élevés qu’en descer. dant. Déjà, dos cargaisons de ce charbon ont ét6 expédiées à Montréal moyenñant 16s. 3d. par tonneau, et ee taux sera réduit à mesure que le débit en augmentera. Le charbon anglais à aussi êté transporté à Kingston en 1849, par le moyen des canaux du St. Laurent, moyennant #5 par tonneau ; et il se pourrait qu’il remplaçät bien vite le charbon américain sur les bords du lac Ontario.

Un immense volume d’eésu chassé de la côte d’Afrique par les vents alisés, se précipite depuis des siècles sur la côte de la Noüvelle-Ecosse, élevant les eaux dans la Baie de Fundy à une hauteur perpendiculaire de soixante et dix pieds. En se frayant un passage dans toutes les pentes et doulées, ces eaux ont creusé une quantité de havres, les plus beaux et les plus spacieux de l’univers. Entre Halifax et le Cap Canseau, on compte douze havres capables de recevoir des vaisseaux de ligne, et quatorze assez ptofonds poür les vaisseaux marchands. La marine de ces provitices excède 100,000 tonneaux, ét sera d’un service inappréciable pour la roùte du St. Laurent, dans l’enfancé de la marine canadienne. On ne peut se faire ur: trop haute idée des proportioiis que prendra ke commerce de la Nouvelle-Ecosse, et du développement donné à ses ressources abondantes, lorsqu'elle aura établi des relations suivies avec l'intérieur de l'Amérique.

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TÉRRI NEUVES.

Mais tories les ressourcés du golfe, même en leur donnant lsurs plus grands développemens, fe sont rien

en comparaison de cette mine inépuisable qui gf su fond

des mers, les pécheries de Terre-Neuve. Une île inhospitalière, d’an aspect sombre, la terreur du marin naufragé, stérile et déserte en apparence, et présque toujotirs enveloppée d’un brouillard épais, sépare le golfe St. Laurent du vaste océan Atlantique, $es rives froides et désolées battues par la mer qui l’environne dé toutes parts, et sous les vogues de laquelle s’étenid ce banc ex: traordinaire qui a six cents milles de longeur et deux cents de largeur, ont pris les formes les plus bizares et les plus fantastiques. “ Les flots qui couvrent cette vaste mohtagne sous-marinié renferment péut-être autant de noarriture pour l’homme que n’en pourrait produire Ia même étendue de territoire sur le coniinent. Les rives du Labrador et de Terre-Neuve se distinguent par le même phénomène. C’est un fait remarquable que tandisque la pêche à la baleire qui ne le cède en importance qu’à celle-ci, ne peut se faire avec succès dans un seul et même endroit que pendant un iemps limité, les nations de l’Europe ét de PAmérique ont, per iant rlusieurs siècles et sans intermission, tendu leurs lignes et leurs filets, et ont employé tous les moÿens imaginables de prendre le poisson sur les benes de Terre-Neuve ; et cependant, l’on n’a jamais remarqué que labondance de cette pêche ait diminué en aucune manière.”

De vastes champs de glace sont poussés annuellement par le courant, des rives aretiques dans les environs de cette tle ; leur surface est couverte de troupeaux de loups marins qui deviennent la proie du marin avantureux, et sont recherchés pour leurs peaux et huile qu’on en retire,

Les Français emploient à cette pêche 25,000 hommes

et 500 gros navires ; les Américains 27,000 hommes, et deux mille goëlettes de trente à cent quatre-vingt tonneaux ;

les Anglais 25,000 hommes, cinq cent vingt bâtimens à I voile de cent à cent quatre-vingt tonneaux, et dix mille “nèt quatre-vingt-deux bateaux. NE Les Américains prennent 1,500,000 quintaux de pois- pe j son, et les Français et Anglais en prennent ensem- ds ble 1,000,000 de quintaux; en tout, trois millions et dent demi de quintaux, ou 175,000 tonneaux de poisson annu- sité ellement; ce qui, à £12 10s. courant par tonneau, rapporte du la somme de £2,187,500 courant, ou huit millions et trois ie

quarts de piautres ; la pêche ‘à la baleine et l’huile produi- Hat sent probablement encore £125,000. Les pêcheries cana-

k men diennes à Gaspé sont importantes, la valeur des expor- préc tations, en 1848, s’étant élevée à £91,252 15s. 8d. ; mais de

‘4 nos voisins plus actifs enlèvent le poisson au canadien pi 4 apathique en tendant leurs filets, tandis que ce dernier ans +4 est encore plongé dans les bras dr sommeil. Les côtes . à ; inférieures du St. Laurent, à Gaspé et à la Baie des PAGE Chaleurs, abondent en poisson ; on s’en sert comme d’en- Rae grais ; la terre en est couverte ; l’air en est infecté ; et vues ou des rives, les eaux paraissent fourmiller de cette richesse £ vS de l’océan. Sin A l’égard des îles des Indes Occidentales, comme il état doit se faire une grande consommation de leurs produits fnof ; sur les bords du St. Laurent et de ses lacs, et qu’elles sidi 2 tirent en grande partie leurs approvisionnemens de l’Ouest, ° ss % nous pensons que la route qui apporte les uns, servira à te 4 rapporter les autres. Les canaux du St. Laurent et de mili 1 Welland offrent une communication non interrompue mt À entre Chicago et la mer Caribbée,—avantage que ne pos- Hat ï sède ni la rivière Hudson, nile Mississipi. Nous pensons giroi k. par conséquent que nous pouvons compter sur une grande id't partie de ce commerce pour le St. Laurent. . nl PAM née €

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