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CARACTÈRE DE LA NAVIGATION DU ST. LAURENT

Ilest bien connu qu'il existe une grande différence entre l’échelle des améliorotions qui relient Prescott et Montréal, et celles qui ont été faites ntre les lacs Erié et Ontario. Les écluses du canal de Welland ont 150 pieds de longeur sur 264 de largeur, tandis que celles des canaux du St. Laurent ont 200 pieds de long et 45 de large ; le tirant d’eau dans les deux navigations étant de neuf pieds en moyenne. Ceite différence dans les dimensions des canaux a donné lieu à quelque critique ; et Von a souvent regretté de ne pas avoir donné les mêmes proportions aux écluses du canal de Welland qu’à celles des canaux du St. Laurent, Nous ôsons dire que ces regrets sont prématurés ; car l’expérience du passé, nous

fait voir qu'aucune amélioration importante ne neut maintenant être suggérée à cet égard. Les écluses du canal de Cornwall ont cinquante cinq pieds de largeur: après l'union, cette largeur fut très à propos réduite de dix pieds pour les autres ouvrages ; car chaque pied de largeur additionnelle ajoute aux frais et à la difficulté d'ouvrir et fermer les portes, sans compter le délai occasionné pour remplir les écluses d’eau. [ly a surle canal de Welland un chemin de halage pour les chevaux ; mais sur le St. Laurent, l’emploi de la vapeur entre les différens canaux est indispensable à cause des courans, et de l'éloignement du chenal de la rive par suite des îles et des battures qu’on rencontre dans le fleuve. Il suit par conséquent qu’une écluse pour le passage d’un bateau remorqueur d’une grandeur suffisante pour contenir la bouilloie et l’engin, et recevoir un nombre et une quantité raisonnable de fret et de passagers, répond pleinement aux besains de cette route; et à cet égard, nous pensons que lex dimensions actuelles sont pleinement suffisantes. C’est pourquoi, le projet d’une navigation avec tous les perfectionnemens de transport inventés depuis l’emploi de la vapeur, eût été absurde et illusoire. Le modèle du bateau à vapeur le plus rapide est un problème qui n’est pas encore résolu en fait d’architecture navale ; déjà, l’on a porté les dimensions de ces bateaux à plus de 400 pieds de longueur et 75 de largeur, et ces proportions ne semblent limitées que par la largeur des rivières sur lesquelles ils sont destinés à naviguer et se mouvoir, Dans peu d’années, les chemins de fer auront remplacé les bateaux à vapeur pour le transport des malles ; et à l’exception d’une excursion de plaisir à travers les rapides, la locomotive n’aura laissé autre chose aux rivières que le transport des émigrés, du lard, de la farine et du bois. |

Les dimensions des éoinees du canal de *Yelland sont

admirablement adaptées à la classe de vaisseaux qui conviennent le mieux à la navigation des grands lacs de l’Ouest. Ils ont plus de vitesse que les meilleurs modèles construits pour le commerce de Buffalo et de Chicago, —modèles que l’on avait jugés les plus propres à la navigation des lacs, sans égard ‘à ce canal. Il n’est pas toujours facile pour ‘es navires plus larges de se procurer un complément de fret, et on ne peut les manœuvreravec la même facilité sur tous les points du l=2:; d’un autre côté, les frais de construction et d’administration, ainsi que les intérêts, tandis que ces vaisseaux attendent un chargement dans le port, ou n’obtiennent qu’un fret partiel, s'élèvent en proportion. Ces écluses sont également bien adaptées à une classe très utile de bateaux mûs par la vis d’archimède et à une autre espèce de bateaux pour le transport du fret et des émigrés, désignés sous le nom peu élégant de “ polly-wogs.” 11 n’y a pas la même nécessité d'employer sur ce canal des bateaux à vapeur de la même force, ni des écluses de la même grandeur que sur le St. Laurent ; et comme les terrains que traverse le canal de Welland, présentent une élévation de cent pieds plus considérable que celle qu’offrent tous les canaux réunis du St. Laurent, il eût été impolitique et peu sage à la fois de construire des écluses pour le passage de gros bateaux à vapeur, pour un commerce dont les neuf-dix èmes devront être transportés dans des embarcâtions qui auraient à peine suffi pour remplir la moitié de ces écluses. Vu cette inégalité de niveau, (360 pieds) et le besoin de nombreuses écluses, il aurait fallu le double du temps maintenant requis pour introduire l’eau dans ces écluses ; et la confusion créée par le passage de ces énormes bateaux à vapeur qui auraient réclamé le droit de passer avant les petites cmbarcations, aurait eté un obstacle permanent à la navigation. D'ailleurs, les frais qu’auraient entrainés les portes des écluses, les fon-

dations, les ponts, les aqueducs, les saignées, les canaux souterrains, et toute la partie du canal qu’il fallait excaver, se seraient accrus à un montant bien au-delà de nos moyens,—et cela pour obtenir une navigation inférieure en réalité à la navigation actuelle. Ni les passagers, ni les bateaux à vapeur n’auraient pu longtemps s’accommoder du retard d’un ou deux jours auquel il aurait fallu s’assujetir pour franchir les vingt-huit milles d: canaux qui se trouvent entre les deux lacs ; et il en serait résulté ce qui arrive maintenant chaque fois qu’il devient nécessaire d’employer la vapeur pour transporter le fret, savoir :

— que les bâtimens à voiles sont remorqués jusqu’au ter-

minus du canal, et qu’il faut de là transporter le fret d’un lac à un autre au moyen de chevaux. Les bateaux à väpeur n’entreraient pas dans les canaux, parce qu’il n’y a aucun profit pour eux à transporter le fret dans un canal ; etcependant, ils remorquent facilement dix barils là où ils ne peuvent en transporter qu’un seul.

On a donné aux canaux du St. Laurent et de Welland une profondeur d’eau suffisente ; il y en a même plus qu’o:: n’en trouve dans plusieurs endroits des havres des lacs supérieurs, plus qu’on en rencontre sur les battures du lac St. Clair, et tout autant qu’il est nécessaire pour répondre aux besoins de la navigation du St. Laurent.

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