‹ De l'eau à bordChapitre 3 sur 5 · EAU DISTILLÉE · texte numérisé non relu

EAU DISTILLÉE

HisroriQue. — Les anciens se sont peu préoccupésde transformer l’eau de meren eau potable : leurs marins, naviguant toujours le long des côtes, la crainte de voir l’eau douce manquer à bord des navires ne leur a sans doute jamais inspiré l’idée de recherches, que d’ailleurs leur ignorance en matière de sciences physiques et naturelles leur interdisait absolument.

DANSE RPA

C’est à peine si de rares savants, comme Pline, cherchèrent, dans un but plutôt spéculatif quepratique, à résoudre le problème. Pline avait remarqué que l’eau de mer se dessale en traversant des corps poreux ; il indiqua des boules de cire creuses plongées dans la mer, comme un moyen de se procurer de l’eau douce ; il conseilla encore l'immersion à de grandes profondeurs de bouteilles vides et bien bouchées, et enfin recommanda de placer autour des navires des toisons qui, s'imprégnant des vapeurs de la mer, procureraient

de l’eau douce quand on les exprimerait.

On ne saurait voir dans ces moyens primitifs l’origine de la distillation de l’eau de mer. Après Pline, saint Basile réalisa presque la découverte de cette transformation. Il rapporte, dans sa quatrième homélie, qu'ayant fait naufrage dans une île où il était impossible de se procurer de l’eau potable, il enseigna à ses compagnons d’infortune le moyen d’en recueillir une quantité suffisante pour étancher leur soif. De l’eau de mer était chauffée dans une bassine en fer, et la vapeur se condensait dans des éponges qui fournissaient de l’eau par expression. Ce document rétrospectif exhumé par Fonssagrives est curieux, et rien de plus; il y a loin d’une anecdote, passée d’ailleurs inaperçue, à la formule d’un précepte scientifique ou empirique. La question resta lettremorte pendant douze siècles. ”

En 1516, Jean Gadesden (Jean Anglicus) le premier; en 1560, Sébastien de la Pollère (connaissait-il ou ignorait-il les travaux de Jean Gadesden) trouvèrent un moyen pratique de distillation. De cétte découverte, inspirée peut-être à un esprit ingénieux par des circonstances difficiles, se dégageait un enseignement qui n'aurait pas dû être perdu à une époque où de hardis aventuriers, marchant sur les traces de Colomb, s’élançaient de toutes parts vers les navigations lointaines. Malheureusement, soit indifférence, soit ignorance,

soit oubli, la question en resta là pendant plus d’un siècle. En 1670, elle fut reprise par l'anglais Hauton, qui lui fit faire fausse route en distillant de l’eau de mer sur de l’alcali fixe, usant ainsi d’un intermédiaire dont les faits réalisés par Sébastien de la Pollère démontraient la complète inutilité. La priorité de la découverte lui fut néanmoins attribuée. Après lui Walcot, sous le règne de Charles IT, et Fitz-Gérard proposèrent des procédés secrets et réputés nouveaux, mais qui, de même que celui de Hautou, exigeaient l'emploi d’intermèdes.

En 1717, le problème entra dans une phase nouvelle avec Gauthier, de Nantes : c’estle véritable auteur de la découverte. Son appareil, essayé par ordre du régent, fut l’objet de reproches qui le firent abandonner.

De 1717 à 1761, aucun progrès n’est réalisé. En 1761, Lind imagina un appareil qui se rapprochait beaucoup de celui qui devait plus tard résoudre le. problème; cucurbite, chapiteau, réfrigérant. Viennent ensuite une série d'appareils: (1764) ceux de Poissonnier, de d’Irving, de Clément et Louis de Freycinet, de Le Breton (1819), de Peyre et Rocher. Tous ces appareils étaient défectueux et empêchaient de généraliser l'emploi de la distillation.

En 1867, une Commission fut nommée pour étudier la question. Trois appareils furent présentés, l’un par M. Sachet, l’autre par M. Sabathier, le troisième par M. Perroy, ingénieur de la marine.

C’est ce dernier qui a été rendu réglementaire à bord des navires de l'État.

Nous ne parlerons pas de tous les appareils distillatoires dont nous venons de citer les auteurs. Nous nous arrêterons un moment sur les cuisines distillatoires de Peyre et Rocher, et n’insisterons que sur celui de Perroy.

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CUISINES DISTILLATOIRES. — «Les cuisines distillatoires, dit M. Hétet, ont été et sont encore, pour quelques navires, employées dans la marine de l'État et du commerce. Elles joignent à l'avantage de servir de cuisine à la vapeur et de machine à distiller, celui d’être peu encombrantes et de dépenser peu de combustible. Mais les eaux provenant de la condensation des vapeurs de l’eau de mer, dans des réfrigérants à serpentins ou autres, avaient une saveur et une odeur d’eau de cuisine; elles étaient peu aérées et répugnaient à ceux qui en faisaient usage, surtout au moment de leur production ; de plus. on reconnut, avec le temps, que ces appareils en cuivre, étamés avec des alliages plombifères, contenaient des traces de plomb et de cuivre, et on y trouva la cause de cas nombreux de coliques sèches (saturnines), observés à bord des navires qui faisaient usage de ces eaux distillées.

» Le. docteur Lefèvre, directeur du service de santé de la marine au port de Brest, s’est occupé avec un soin et une ardeur extrêmes de cette question d’hydrologie navale, qui intéresse si puissamment l’hygiène des équipages, et il a eu l’idée heureuse d’appliquer à chaque cuisine distillatoire un filtre à charbon, dont l’effer s’exerçait à la fois sur les caractères physiques de l’eau et sur les matières dissoutes ou en suspension, pricipalement sur les composés plombiques et cuivriques. Après avoir été filtrées à travers ces appareils, les eaux étaient d’une pureté parfaite et avaient seulement besoin d’être aérées. Ce savant philanthrope, qui a été une des illustrations du corps de santé de la marine, ne s'arrêta pas là. Considérant que les étamages plombifères étaient la principale cause de la mauvaise qualité des eaux, il obtint du ministre de la marine que ce service n’emploierait désormais à l’étamage des cuivres distillatoires que de l’étain renfer-

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mant au plus 4 p.100 de plomb, proportion quia été réduite plus tard à 2 p. 100. Depuis lors, ies eaux distillées des cuisines distillatoires sont devenues inoffensives et les cas de coliques saturnines ont presque entièrement disparu ; de plus, le charbon agissant comme absorbant sur les matières empyreumatiques, enlève à l’eau une grande partie de cette odeur de lavure de vaisselle, qu’elle ne perdait complètement que par le séjour dans les caisses en. tôle.

» Cette odeur et ce goût nauséabonds proviennent des matières organiques de l'eau de mer et aussi de la saponification des matières grasses, des matières formant les joints des appareils et particulièrement des tuyaux de conduite.»

Apparel PErRoy.— Nous devons à la gracieuse obligeance de M. Delmedou, mécanicien principal de la marine, les renseignements suivants et le croquis de cet appareil. Nous prions le lecteur, pour leur intelligence, de se rapporter à la planche placée à la fin de notre travail.

Cet appareil condense la vapeur formée soit par les chaudières du bâtiment, soit par uñe chaudière spéciale. Ce dernier cas est one te la machine fonctionne avec un condenseur à ue et qu’on ne possède pas un bouilleur Cousin.

Le distillateur Perroy se compose de trois parties distinctes : 1° l’aérateur, 2° le réfrigérant, 3° le filtre.

1° Aérateur. — L’aérateur (A) est destiné à mélanger une certaine quantité d’air à la vapeur, avant son entrée dans le réfrigérant, une partie de cet air se combine avec les matières organiques entraînées par la vapeur; une autre se dissout dans l’eau; enfin, la partie qui reste libre est dilatée par la chaleur, et constitue la pression nécessaire sur la

nappe liquide provenant de la vapeur condensée, pour faciliter son écoulement au-dessus du niveau du réfrigérant. Cet aérateur n’est autre chose qu’un injecteur Giffard. La vapeur arrive par le tuyau (V), prolongé par l’ajutage conique (V?) renfermé dans un cône extérieur (VI). Ce dernier porte deux robinets (a) servant à la rentrée de l’air qui est aspiré par entraînement latéral dans l’espace annulaire, compris entre les deux cônes (VI et V). Les fluides mélangés (air et vapeur) se rendent par le tube divergent V? au réfrigérant.

29 Réfrigérant.— Le réfrigérant (R) est formé par une caisse paraliélipipédique en tôle zinguée (B), dans laquelle se trouve placé l’appareil tubulaire qui repose sur un support formé par des cornières (b.b.b.). Les tubes sont en cuivre rouge, étamés en dedans et en dehors; ils forment 10 groupes superposés, composés chacun de deux rangées horizontales, sauf le groupe inférieur qui n’a qu'une rangée. La vapeur parcourt tous ces groupes successivement et en sens inverse, en pénétrant d’abord dans le groupe supérieur.

L'eau réfrigérante prise à la mer par le tuyau (L) traverse le réfrigérant de bas en haut, en contournant les tubes, par suite, en sens contraire du mouvement de la vapeur, etsort par le tuyau (L”). Il résulte de ce croisement de circulation que lon peut obtenir, à la sortie de l'appareil, de l’eau douce à une température très voisine de celle de l’eau de mer.

La circulation de l’eau réfrigérante s'établit par le seul fait de la diminution de densité, provenant de la différence de température qui existe dans les diverses parties de la masse, l’eau s’échauffant de plus en plus à mesure qu’elle s'élève dans le réfrigérant.

L'appareil peut aussi fonctionner au mouillage, à la condition de ne condenser qu’une moins grande quantité de

HE 0e vapeur, car le réfrigérant s’échaufte très vite, la vitesse de la circulation de l’eau étant plus faible que lorsque le navire est en marche. On obvie à cet inconvénient, en faisant aspirer une pompe sur le tuyau de sortie (L’) de l’eau de circulation. |

3° Filtre. — Le filtre destiné à épurer l’eau provenant du réfrigérant se compose d’une caisse (F), divisée en quatre compartiments verticaux qui communiquent entre eux alter-. nativement par le bas et par le haut, de manière à former serpentin. Ces compartiments sont remplis par des couches alternatives de noir animal et de gravier. L'eau traverse successivement tous les compartiments, et se débarrasse des matières étrangères qu’elle contient. En présence du noir animal, l'air, en dissolution dans l’eau, se combine avec les matières organiques et forme des composés insolubles qui sont arrêtés dans le filtre. L’eau arrive du réfrigérant par le robinet et le tuyau (e) tombe dans l’entonnoir (f), traverse les différents compartiments du filtre et se rend dans les caisses à eau du bâtiment par le tuyau (f). Le robinet (g), placé à la partie supérieure du filtre, sert à l’évacuation de l'air des deux compartiments du milieu. L’eau séjourne environ 3/4 d'heure dans le filtre, avant de se rendre aux caisses à eau.

Fonctionnement de l'appareil. — La circulation de l’eau froide étant établie, la chambre à eau du réfrigérant se remplit, et le robinet placé au-dessus est fermé dès qu’il donne de l’eau. On ouvre ensuite les robinets (d, e), ceux (a) de l’aérateur, et enfin le robinet de prise de vapeur sur le tuyau (V).

Au premier moment, l'air renfermé dans les tubes sort par les robinets (d, e), mais ne tarde pas ‘à laisser couler

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l’eau distillée, ainsi que (4); alors on manœuvre le robinet de vapeur, d’abord ouvert en grand, jusqu’à ce que (4) ne donne que de l’air et (d”) de l'eau. Cela n’est vrai qu’autant que l’entonnoir du filtre est à la hauteur du robinet (e); mais si le robinet (e) est prolongé par un tuyan remontant audessus du réfrigérant, comme sur la figure, pour atteindre le filtre, le robinet (4) doit être fermé aussitôt qu’il laisse couler l’eau provenant de la condensation de la vapeur.

La condensation commencée, on règle l'ouverture du robinet d'arrivée de vapeur, de manière à obtenir de l’eau à une température de 30 à 35°.

En fonctionnement normal, le robinet (4) ferme, l’eau douce remplit Les trois ou quatre groupes inférieurs de tubes,

ce qui amène un abaissement suffisant de la température de cette eau.

Nota. — L'eau distillée ainsi fournie n’est pas toujours d’une pureté parfaite. Nous avons remarqué que, durant notre séjour à bord, pas une fois l’eau n’a été exempte de sels complètement. Il nous a même été donné de faire rejeter certaines quantités d’eau comme non potables, la dose de chlorure de sodium étant assez forte pour laisser à l’eau nn goût salé. Il faut nous empresser de dire que c’est là un cas presque forcé: la machine était vieille; nous étions au mouillage en rade de Makung (Pescadores), etil fallait fournir par jour une quantité considérable d’eau distillée pour l’alimentation des troupes à terre. Il se produisait fatalement, vu cet excès de fatigue de la machine, des entraînements d’eau de mer.

VALEUR DE L'EAU DISTILLÉE.— Ce n’est pas sans discussion et sans polémique que l’usage de l’eau distillée à bord a fini par s'implanter. À la découverte, ce fut une ovation générale et un enthousiasme sans mélange ; puis les récriminations

LL LOS commencèrent, et ce ne fut que grâce à des démonstrations expérimentales et presque palpables de la salubrité de l’eau distillée, qu’elle fut définitivement acceptée.

Il est hors de doute que les avantages que présente ce système d’alimentation sont immenses. La conservation de l’eau douce est très difficile à bord; quelquefois, obligé de renouveler sa provision d’eau qui ne peut pas être éternelle, et qui, le serait-elle, deviendrait dangereuse par le fait même, le navigateur se trouve en présence de sources de mauvaise qualité ou de sources inconnues. Alors, obligation de purifier ces eaux ou obligation de les examiner, chose que nous avons vu ne pas toujours être commode. Avec un appareil Perroy, toutes les difficultés s'évanouissent ; l'appareil peut donner la quantité d’eau nécessaire à l’usage journaber. Bien plus, les soins de propreté (question d'hygiène essentelle, celle-là encore), les soins du corps, le lavage du linge ne sont plus soumis à cette parcimonie désespérante, à cette ration dérisoire d’eau douce distribuée à chaque homme de l’équipage. Sans dérangement, par la marche même du navire, l’eau douce est produite et peut permettre la générosité.

Malheureusement, les navires qui ont des appareils distillatoires ne s’en servent pas toujours et nous avons ouï dire que, lors de la guerre de l’Extrême-Orient, tel ou tel navire préférait faire son eau douce à Hong-Kong ou sur les côtes de Chine, plutôt que de se servir d’eau distillée. Certaines maladies, la diarrhée surtout, étaient le résultat de cette imprudence. On ne saurait trop engager le navigateur à ne faire usage que d’eau distillée, lorsque les eaux de source peuvent présenter quelques doutes sur leur bonne qualité.

Il y a cependant des défauts que l’on a reprochés à l’eau distillée. Les uns sont ni plus ni moins que chimériques, autres sont réels.

Après l'enthousiasme qui accueillit les premiers appareils,

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on vit accuser l’eau distillée de tous côtés. On lui tronva un goût âcre, empyreumatique. Elle exerça une action corrosive sur l’estomac; elle fut reconnue lourde et indigeste.

Sage (et en ce cas point ne le fut) poussa plus loin les attaques ; pour lui, la distillation de l’eau de mer était cause d’une décomposition de matières organiques donnant naissance à un principe âcre, irritant, qu'il appela le gaz oléaginé neptunien. [Il fallait un nom aussi bizarre et fantaisiste pour faire croire aux dangers imaginaires que l’auteur de cette savante découverte lui attribuait. Aussi vit-on l’opinion publique s’en émouvoir, et le ministre Portal prescrire une enquête dans tous les ports.

Chatelain, Réjou, Vasse, etc., pharmaciens de la marine, firent minutieusement l’analyse de l’eau distillée, et moins heureux que Sage, ou mieux, aussi heureux que sages, ils ne purent mettre la main sur ce fameux gaz oléaginé neptunien. On alla jusqu’à faire des expériences sur 41 forçats ; j'allais dire 2n animä vili. Ces malheureux furent soumis à l’usage exclusif de l’eau distillée comme boisson, et à la fin de l’expérience, leur santé était toujours aussi florissante. Dès lors, le gaz oléaginé neptunien .alla rejoindre dans la collection des inventions originales et grotesques la place à laquelle il avait largement droit.

Si des reproches aussi peu fondés ont été faits à l’eau distillée, il y en a d’autres qu’il faut tenir en ligne de compte. Il en est un surtout pour le navire à voiles qui se sert de cuisines distillatoires Peyre et Roche. Nous avons déjà dit, en parlant de ces appareils, les accidents qu’ils produisaient, et nous avons nommé la colique sèche. Nous avons aussi indiqué le remède qui redonne à ces appareils le rang qu'ils avaient perdu. D'ailleurs, la marine de l'État est préservée de ce danger, ne faisant plus usage que de l’appareil Perroy.

Un reproche moins grave, c’est l’odeur et la saveur de

l’eau distillée, lorsqu'elle est formée par les condenseurs à surface. M. Hétet a proposé, pour enlever cette odeur et ce goût désagréables, de faire passer la vapeur dans un réservoir contenant une solution de chaux au 1000°. On interpose, entre le réfrigérant de l'appareil Perroy et le filtre au charbon de ce même appareil, un réservoir d’eau de chaux; le débit de l’eau de chaux est réglé à raison d’un litre de cette eau pour 90 litres d’eau à purifier. L'eau distillée, ainsi mélangée à l’eau de chaux, se rend dans un compartiment dit épurateur, et là s'établit pendant 10 ou 15 minutes, temps que le liquide met à traverser l’épurateur avant d'arriver au filtre de charbon, entre l’eau distillée et l’eau de chaux, le contact qui doit débarrasser la première des acides gras qui sont la cause des mauvaises. qualités organoleptiques de l’eau. +

M. Hétet pense que l’oxyde fer des caisses à eau est susceptible, en formant un manganate de fer, de débarrasser l’eau distillée du goût et de l’odeur de graisse surchauffée : qu’elle présente souvent.

Le reproche de l’absence d’air tombe de lui-même avec l'appareil Perroy. Nous avons vu en effet dans la description de cet appareil, que l’air y pénétrait en quantité.

« Un seul reproche, dit Fonssagrives, peut être fait à l’eau distillée: elle est trop pure; elle reste muette à tous les réactifs: teinture de tournesol; sirop de violette, chlorure d’or, nitrate d'argent, oxalate d’ammoniaque, etc.

»Or, nous avons vu que l’eau, pour devenir un bon aliment, doit renfermer de l’air et des substances salines. Qu’on rende à l’eau distillée ces deux éléments, et elle deviendra la plus salubre de toutes». Et il conseille, après avoir aéré l’eau (ce qui est inutile avec le Perroy), d'y ajouter par kilolitre un paquet de sels assortis, contenant chacun 4 gr. 8 de chlorure de sodium; 3 gr. 4 de sulfate de soude, 48 gr. de bi-

EYE carbonate de chaux, et 14 gr. de carbonate de soude; cette habitude existerait, paraît-il, dans la marine Russe.

Nous nous permettrons modestement une observation. Pendant environ 8 mois, nous avons analysé tous les matins l’eau distillée ; nous avons dit au début de cette étude de quels moyens primitifs nous disposions, mais nous avons dit aussi qu’ils nous avaient suffi pour constater an moins la présence des chlorures et les doser. Vu les causes d’erreur inhérentes à notre procédé qualificatif, nous avons toujours diminué les résultats de moitié, ce qui ne nous a pas empêché, même cette correction faite, de trouver jusqu’à 2 gr. et plus de chlorures par litre, ce qui est loin des 0 gr. 0048 de Fonssagrives. Nous avons pu nous convaincre par nousmême que l’appareil Perroy (le nôtre n’était pas spécial), dans les conditions normales ou anormales, c’est-à-dire fournissant une grande ou une petite quantité d’eau distillée, ne la donnait jamais chimiquement pure, nous ajoutons même d’autant plus impure que la quantité était plus grande. La réaction au nitrate d'argent, le dosage des chlorures avec l'énorme correction que nous lui faisions subir, ne sont pas des opérations tellement délicates qu’on ne puisse accorder du crédit à nos résultats, malgré que notre jeune expérience plaide contre nous. |

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