‹ De l'eau de mer dans la tuberculose pulmonaire et dans la gastro-entérite infantileChapitre 14 sur 47 · APR (CT LEE · texte numérisé non relu

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manifestations de l'infection ; elles en sont toujours un des éléments les plus importants et sur lesquels s'efforcent d'agir la plupart des méthodes thérapeutiques. Avons-nous dans l’eau de mer une médication aussi efficace à ce point de vue que la cure de suralimentation ?

Les 88 °/, des malades de Robert Simon et Quinton étaienten chute pondérale de 9 gr. 4 par jour en moyenne avant le traitement; dès les injections un gain de 13 gr. 7 remplace la perte, ce gain persiste au taux de 5 gr. Î, après la cessation du traitement. Un accroissement analogue est signalé par Carles, par Lalesque, par Fumoux. Un malade de Carles, amaigri, avant perdu 4 kilos en trois semaines, regagne 7 kil. 400 au bout d’un mois de traitement.

Cette augmentation de poids est-elle constante? Le poids peut rester simplement stationnaire: Mathieu, Carles (Obs. XXVI, thèse Barrère), Mongour.

Parfois, au contraire, la période du traitement s’accompagne d’une chute. Un tuberculeux du premier degré perd 2 kilos en moins d'un mois pendant les injections, et après, la perte persiste, moindre il est vrai, un kilo (Mongour (Obs. XVIII #7 thèse Vedy). En dix jours un autre perd 600 grammes (Mongour, Obs. XXIT in thèse Vedy).

Notre tuberculeux de l'observation I est, avant le traitement marin, à 46 kil. 300 ; il a déjà augmenté d'une facon notable (4 kilos en 20 jours), sous l'influence de la suralimentation, du repos, du grand air.

Au début de la période d’injections 1l continue à augmenter légèrement (400 gram.), mais bientôt il diminue, pour retomber à 46 kilos.

Rien autre que l’eau de mer n’est intervenu en plus ou en moins dans ce laps de temps: la même cure de repos et de suralimentation est continuée comme auparavant.

Le traitement marin une fois suspendu, l'ascension reprend (46 kil. 200). Un malade de Mongour (Obs. XXI, thèse Vedy) augmente d’abord de 800 gr., puis en perd 200 gr.

Un tubereuleux du deuxième degré de Vedy (Obs. IV de sa thèse) gagne au début 1 kil. 200 ; quelque temps après, le poids est en diminution de 1 kil. 300 sur le poids au début du traitement.

Un autre (Obs XX, thèse Vedy) perd au début 800 gr. et à la fin de la période des injections n'en a recupéré que 290 gr. |

Notre tubereuleux de l'observation Il, sous l'influence de la suralimentation, du repos, du grand air est en légère augmentation de poids, malgré laggravation de l'élat pulmonaire : pendant la durée du traitement par l’eau de mer, la suralimentation étant cependant continuée, le malade perd plus d'un kilo. Notre tuberculeuse de l’observation III continue, malgré les injections d'eau de mer, sa chute de poids (2 kil. 400 en 13 jours).

L'augmentation de poids est done loin d'être un phénomène constant.

On peut même se demander si, dans la plupart des cas où on la rencontre, elle n'est pas due à la mise en œuvre d'une autre médication : suralimentation, grand air, repos. Les augmentations de poids les plus considérables sont celles qu'obtient Lalesque à Arcachon. Quinton remarque Îui-même qu'au point de vue pondéral, «les résultats supérieurs obtenus par Lalesque. semblent avoir une cause très simple qu'il convient de dégager; cest qu'alors que nous expérimentons dans des conditions d'hygiène et de diététique souvent très défavorables, cet auteur opérail avec l’aide du climat, du régimeet du repos ».Lalesque, pour bien montrer tout l'effet du trai-

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tement sous-cutané marin, a soin de faire remarquer dans certaines observations que le poids, resté stationnaire malgré la cure climatique, n'augmenté que sous l'influence des injections. Mais le plus souvent combien il est diflicile de savoir à laquelle des quatre cures (régime, repos, climat, eau de mer) l'amélioration est due ? Et à côlé des cas où l'accroissement pondéral suit uniquement le traitemement par le plasma de Quinton, Lalesque ne publie-t-1l pas des cas où Faugmentation était: déja très notable avant les injections marines et ne faisait que continuer pendant le traitement ? ;

Est-on vraiment: en droit de rattacher cette dernière augmentation au nouveau traitement ?

2° Elal physique et intellectuel. — Un certain nombre d'auteurs signalent une euphorie tout à fait particulière sous l'influence des injections. Tout l'être est modifié et Robert Simon en arrive à ne plus reconnaître des malades traités pendant quelques jours et qui sont revus après un mois d'absence. |

« Dès les premières injections, écrit une malade de Lalesque (obs. XIV, thèse Vedy), je ressentis un bienètre physique el moral intense, surtout le matin, alors que ce moment de la-journée était celui, et depuis longtemps, pendant lequel je souffrais le plus d'une lassitude et d’un malaise extrêmes. » Les sueurs nocturnes subissent une diminution sensible, le sommeil devient réparateur.

Nous signalons, par contre, les sensations de frissons, de bouffées de chaleur, de malaise général, éprouvées par plusieurs malades de Carles, de Mongour, L.-G. Simon et Pater. « Presque tous ont cherché dans la fuite le moyen d'échapper à la douleur locale et à la fièvre provoquées

par les injections. » (Mongour).

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Quelques-uns ont présenté de la céphalée, des vertiges (Lalesque, obs. VI, th. Fumoux), des migraines, du prurit (Mongour, obs: XVI, th. Vedy) et même des sueurs (obs. IE, th. Fumoux). |

Nous-même avons constaté un malaise général chez nos malades, et en particulier des phénomènes à la fois d'asthénie et de nervosisme chez notre tubereuleuse de l'observation II.

L.-G. Simon et Pater observent un érythème toxique à la suite d'une injection de-5 cc. d’eau de mer : l’érythème d’abord localisé autour de la piqûre se généralise même à la face, prend l'aspect scarlatiniforme, en diffère cependant par le prurit qui l'accompagne, par sa prédominance aux surfaces d'extension et l’absence d’enanthème. Robert Simon, dans une discussion à la Société de thérapeutique, attribue cet érythème à une faute de technique, car dans son expérience personnelle qui porte «sur plusieurs milliers d’injections » il n'a jamais eu d'accident local. Il semble que L.-G. Simon et Pater aient prévu eette objection : ne se déclarent-ils pas dans leur article à Fabri de tout reproche sur la technique des injections, puisque toutes ont été faites par euxmêmes dans les meilleures conditions?

3 Déminéralisalion. — L'organisme tuberculeux est un terrain appauvri en substances minérales et particulièment en chlorures : rien d'étonnant qu'on alt pensé, en introduisant l'eau de mer dans cet organisme, à lui fournir les chlorures qui lui manquent.

Cette déchloruration de l'organisme tubereuleux se traduit par une hyperchlorurie. Voyons donc quelles sont les modifications des chlorures urinaires sous l'influence du traitement par l’eau de mer. Peu de recherches ont été faites sur ce point.

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Une observation de dyspepsie tuberculeuse traitée par l'ingestion d'eau de mer {Barrère, obs. XXXII de sa thèse) indique une augmentation de l'urée (3 gr. 90), des phosphates (0,13), des chlorures (1 gr. 34).

Chez le même dyspeptique, Barrère dose l'acidité et ie chlore du contenu gastrique. I note après l’ingestion d'eau de mer uné augmentation de l'acide chlorhydrique libre (0,58), Landis que l'acide ras combiné diminue de 0,073 el les chlorures fixes de 0,282. C'est la seule observation détaillée que nous Connaissions.

D'autres recherches sur l'urine et le suc gastrique de 14 autres dyspepsies non tuberculeuses, l’auteur conclut à une hyperchloruration de l'organisme liée au traitement marin et se traduisant par l'augmentation du suc gastrique et du chlore total, par une augmentation des chlorures urinaires, qui est en moyenne de 6 gr. 230 par Jour.

Barrère n'établit pas de conclusions particulières à ce seul tuberculeux qu'il ait examiné à ce point de vue. Il semble donc lui appliquer les mêmes conclusions générales.

Nous ne trouvons aucun dosage comparatif des chlorures urinaires avant et après les injeélions d’eau de mer.

Mongour indique seulement au cours du traitement une augmentation de 80 centigr. des chlorures à une dizaine de jours d'intervalle (Obs. XXT, th. Vedy).

Aussi avons-nous cherché chez notre malade de lPobservation LIT à nous rendre compte du taux de l’excrétion urinaire, et particulièrement des chlorures, à la suite des injections du sérum marin.

Voici les résultats de quelques analyses :

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